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20 personnes, 4 pays, 10 jours de gaspillage : voyage présidentiel pour une Constitution largement contestée

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) monte au créneau pour dénoncer une mission que s’apprête à effectuer le pasteur Frinel Joseph, membre non votant du Conseil présidentiel de Transition (CPT). Prévue du 21 juillet au 4 août 2025, cette tournée controversée doit couvrir quatre pays, avec une délégation de vingt (20) membres, dont onze hommes et neuf femmes, tous aux frais de l’État.

Port-au-Prince, mardi 15 juillet 2025 – Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) monte au créneau pour dénoncer une mission que s’apprête à effectuer le pasteur Frinel Joseph, membre non votant du Conseil présidentiel de Transition (CPT). Prévue du 21 juillet au 4 août 2025, cette tournée controversée doit couvrir quatre pays, avec une délégation de vingt (20) membres, dont onze hommes et neuf femmes, tous aux frais de l’État.

Frinel Joseph, membre du Conseil présidentiel de transition (photo tirée de son profil X).
Frinel Joseph, membre du Conseil présidentiel de transition (photo tirée de son profil X).

Promotion d’un avant-projet de Constitution très critiqué

Selon le RNDDH, l’objectif officiel de cette mission est de promouvoir l’avant-projet de la nouvelle Constitution. Mais pour l’organisme de défense des droits humains, il s’agit d’un prétexte pour justifier un nouveau gaspillage des ressources publiques.

Aux côtés de Frinel Joseph, figurent notamment Régine Abraham (autre membre observateur sans droit de vote), Jean Enex Jean-Charles (membre du Comité de pilotage) et même l’épouse de ce dernier. L’organisme dénonce cette délégation comme une « villégiature camouflée », financée par des fonds destinés aux élections, gérés via le basket fund du PNUD.

Une insulte au peuple haïtien

Dans une correspondance adressée au président du CPT, Fritz Alphonse Jean, les responsables du RNDDH, Pierre Espérance et Rosy Auguste Ducéna, se disent indignés par le comportement du Conseil. Selon eux, cela démontre une déconnexion totale entre les dirigeants et la réalité dramatique du peuple haïtien.

« Dans un pays aux maigres ressources, où la population, chassée par des bandits armés, erre sans repères et s’entasse dans des sites d’accueil insalubres, exposée à toutes sortes de maladies, ce remue-ménage autour d’un avant-projet de constitution déjà fortement critiqué s’apparente à une vaste opération de gaspillage », dénonce le RNDDH.

Déjà 182 millions pour un plaidoyer constitutionnel

Le RNDDH rappelle par ailleurs que 182 millions de gourdes ont déjà été débloquées en faveur de l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) et de l’Association des Médias Indépendants (AMI) pour mener un plaidoyer autour de cette même Constitution.

L’organisme demande formellement au CPT de suspendre immédiatement cette mission, qu’il qualifie de scandaleuse, et d’exiger une reddition de comptes.

Alors que le pays traverse une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent, peut-on vraiment justifier l’utilisation de ressources publiques pour une mission de promotion d’un texte largement contesté, au lieu de les orienter vers des urgences nationales ?



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