Port-au-Prince, mardi 15 juillet 2025 – Malgré un contexte de crise marqué par la violence armée et le déplacement massif de la population, les examens de fin d’études secondaires ont débuté ce lundi 14 juillet 2025 et se poursuivront jusqu’au jeudi 17 juillet. Le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a dû ajuster son organisation pour garantir le bon déroulement de ces épreuves cruciales.
Une logistique bouleversée par les déplacements de population
Avec plus d’un million de personnes contraintes de fuir leur domicile en raison des violences des gangs, de nombreux élèves et parents ont signalé, notamment sur les réseaux sociaux et dans les groupes WhatsApp, les difficultés rencontrées pour récupérer les fiches d’accès aux salles d’examen. Cette situation, aggravée cette année par les déplacements internes, a représenté un véritable défi pour le ministère.
Des mesures spécifiques pour les élèves déplacés
Invité de l’émission Panel Magik, Yves Roblin, directeur général du MENFP, a détaillé les dispositifs mis en place pour que les candidats déplacés ne soient pas privés de leur droit à l’éducation. Il a expliqué que le Bureau national des examens d’État (BUNEXE) a utilisé le Système d’information et de gestion de l’éducation (SIGE) pour suivre et enregistrer tous les élèves, y compris ceux affectés par la crise.
Dans les zones les plus touchées — notamment le bas Artibonite, le bas Plateau Central et le département de l’Ouest — les directions départementales de l’éducation ont pris des initiatives pour accueillir les élèves déplacés dans de nouveaux centres d’examen.
Nouveaux centres pour les zones en tension
Dans le département du Centre, où des violences de gangs ont récemment été signalées, des centres d’examen alternatifs ont été définis. Les élèves de Mirebalais, Boucan-Carré et Saut-d’Eau composent désormais à Thomonde, tandis que ceux de Lascahobas et de Savanette ont été redirigés vers Belladère. Des mesures similaires ont été appliquées dans l’Ouest et l’Artibonite. Des centres d’examen spéciaux y ont été créés pour accueillir les candidats en situation de déplacement temporaire, dans l’attente des vérifications du BUNEXE.

Le directeur du MENFP a toutefois averti que toute tentative de fraude de la part de candidats non inscrits sera sanctionnée par un refus d’admission aux épreuves.
Un centre d’appel pour accompagner les familles
Pour mieux informer les candidats et leurs familles, un centre d’appel a été mis en place. Ce dispositif permettra non seulement de répondre aux questions, mais aussi de recueillir les plaintes ou signalements liés au déroulement des examens.
Sécurité renforcée pour le bon déroulement des épreuves
Conscient des menaces liées au climat sécuritaire, le MENFP a instauré un dispositif spécial de sécurité. Il mobilise des agents de la police éducative (EduPol), des membres des Forces armées d’Haïti (FAd’H), des commissaires du gouvernement ainsi que le service juridique du ministère. Cette coordination vise à garantir un environnement sécurisé pour tous les centres d’examen.
« Les examens d’État ne sont pas uniquement la responsabilité du MENFP, c’est une affaire nationale », a souligné Yves Roblin, en appelant à la solidarité et à l’engagement de tous les acteurs concernés.
Plus de 100 000 élèves concernés
Cette année, ce sont 109 712 candidats qui participent aux examens de fin d’études secondaires à travers tout le pays. Un chiffre qui témoigne de l’importance de maintenir ces évaluations, malgré les nombreuses contraintes logistiques et sécuritaires que connaît Haïti.

