Le vendredi 8 août 2025, le Conseil présidentiel de transition (CPT) a procédé à un important remaniement à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH). Lors d’un Conseil des ministres tenu à la Villa d’Accueil, Normil Rameau a été remplacé par Vladimir Paraison, ancien responsable de la sécurité du Palais national.

Cette nomination, soutenue par la majorité des membres du CPT, a été officialisée dans l’après-midi, surprenant par sa rapidité d’exécution. Quelques heures après la décision, la cérémonie d’installation a été organisée en présence de ministres, conseillers présidentiels, secrétaires d’État et journalistes.
Une cérémonie symbolique
La lecture de l’arrêté de nomination par Paul Villefranche a ouvert la séance, suivie de la remise officielle des insignes par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, également président du Conseil supérieur de la PNH. L’assistance a salué le moment par de vifs applaudissements.
Un discours ferme du CPT
Dans son allocution, le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a dressé un constat sombre de la situation sécuritaire du pays. Selon lui, la sécurité est la condition indispensable à toute avancée dans la transition : réforme constitutionnelle, relance économique ou organisation d’élections.
Il a souligné que douze millions d’Haïtiens réclament d’une seule voix le retour à la sécurité, condition indispensable pour permettre aux familles de se reconstruire et aux institutions, écoles, hôpitaux, entreprises, de reprendre pleinement leurs activités. « La peur doit changer de camp », a-t-il lancé, appelant à inverser le rapport de force face aux criminels.
Il a précisé que le départ de Normil Rameau ne constituait pas une sanction, mais une nécessité face à l’urgence. S’adressant à Paraison, il a été clair : « Vous n’avez pas le luxe de tâtonner. Vous êtes reconnu comme un homme de terrain et de résultats. Il est temps de le prouver. »
Le mot d’ordre de Paraison : “Pa gen dòmi”
Prenant la parole, Vladimir Paraison a d’abord rendu hommage aux policiers tombés sous les balles des criminels. Fort de ses années de service au sein de la PNH, il s’est dit indigné par les souffrances infligées à la population : élèves empêchés de fréquenter l’école, marchands bloqués, enfants enrôlés de force par les gangs.
Il a promis de « rétablir la sécurité partout dans le pays », avec une attention particulière aux départements les plus touchés. Son engagement est clair : traquer les bandits et les livrer à la justice. À l’adresse des policiers, il a lancé un mot d’ordre martial : « Pa gen dòmi ».
Un appel à l’unité policière
Paraison a invité les anciens directeurs généraux et policiers retraités à apporter leur soutien à la PNH, aujourd’hui fragilisée par des pertes humaines et un moral en berne. Sa réputation de « vrai combattant » nourrit l’espoir d’un changement tangible dans la lutte contre l’insécurité.
Une transition discrète pour Rameau
Normil Rameau, désormais ex-directeur général, a assisté à la fin de la cérémonie sans prendre la parole. L’absence remarquée du conseiller présidentiel Fritz Alphonse Jean, proche de Rameau, a également attiré l’attention.
Quels moyens concrets, en effectifs, équipements et réformes, le nouveau directeur général Vladimir Paraison compte-t-il déployer pour neutraliser efficacement les gangs dans les zones les plus touchées ? Comment M. Paraison compte-t-il mobiliser et remotiver une police fragilisée par les pertes humaines, la démotivation et le manque de ressources ?


