Le Secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, a présenté ce 20 août, lors d’une réunion du Conseil permanent de l’Organisation, la feuille de route pour la stabilité et la paix en Haïti. Ce document d’une cinquantaine de pages prévoit un plan de plus USD 2.6035 billion, articulé autour de cinq piliers : la stabilisation de la sécurité et le rétablissement de la paix, le consensus politique et l’appui à la gouvernance, le processus électoral et la légitimité institutionnelle, la réponse humanitaire, ainsi que le développement durable et les progrès économiques.

La sécurité, priorité numéro un
Le premier pilier de la feuille de route concerne la lutte contre l’insécurité. L’OEA met en avant un plan d’urgence face à la violence des gangs qui paralysent le pays. Il s’agit notamment de sécuriser les infrastructures stratégiques, de soutenir logistiquement le déploiement de la PNH et de reconstruire un système de sécurité et de justice fiable et responsable.
Gouvernance et consensus politique
Un second pilier vise à accompagner Haïti dans la construction d’une gouvernance stable et inclusive. L’OEA insiste sur la nécessité d’un dialogue politique structuré, pouvant mener à l’adoption d’une nouvelle constitution et à un renouveau démocratique après le 7 février 2026. Sept étapes sont prévues, allant du dialogue exploratoire à la campagne de sensibilisation autour du nouveau texte constitutionnel.
Le processus électoral
Selon l’OEA, rétablir une voie démocratique crédible passe par l’organisation d’élections transparentes, inclusives et sous observation internationale. La feuille de route insiste sur l’importance de fixer un calendrier électoral clair et de renforcer l’Office national d’identification (ONI).
Réponse humanitaire
La crise haïtienne a provoqué déplacements massifs, pauvreté accrue et vulnérabilités multidimensionnelles. L’OEA prévoit un appui humanitaire multisectoriel : alimentation, santé, logement, eau, éducation et protection sociale. Elle entend aussi renforcer la résilience des communautés et préserver la dignité humaine.
Développement économique et progrès durables
Le dernier pilier de la feuille de route met l’accent sur la relance économique. Cela inclut la création d’emplois, le développement rural, la restauration des services de base et le renforcement des capacités institutionnelles. La résilience face aux catastrophes naturelles et le changement climatique y occupent une place centrale.
Un plan appuyé par la communauté internationale
L’OEA précise que cette feuille de route ne vise pas à remplacer les initiatives existantes mais à les compléter, en s’alignant sur les priorités d’Haïti. Elle prend en compte les efforts de la CARICOM, de la mission multinationale dirigée par le Kenya, des Nations unies et de la Banque interaméricaine de développement.
Albert Ramdin a insisté : la sécurité est la priorité absolue pour créer les conditions du progrès, mais le financement et l’engagement collectif de tous les États membres seront essentiels au succès de ce plan.
Haïti parviendra-t-elle à transformer ce plan ambitieux en résultats concrets et durables ?


