Les relations diplomatiques entre Niamey et Paris continuent de se détériorer. Ce mardi 11 février, lors d’un meeting dans un stade de Niamey, devant une foule de jeunes, le général Amadou Ibro, chef d’état-major des forces armées nigériennes, a déclaré que la France allait faire la guerre au Niger. Sa déclaration, qui a été largement relayée sur les réseaux, a suscité une réponse du Quai d’Orsay, qui estime qu’il n’est pas question d’une intervention française au Niger.

Les relations continuent de se dégrader entre Paris et l’AES
Depuis les prises de pouvoir des militaires des Etats de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Niger, le Mali et le Burkina Faso, la relation avec la France n’a cessé de se dégrader avec eux. Ces chefs militaires, qui adoptent une posture panafricaniste et souveraine, veulent couper les fondements du néocolonialisme avec l’ancien empire colonial français. Pour ce faire, ils prônent un système politique, sécuritaire et économique différent, et délaissent de nombreuses organisations, qui jusque-là servaient de fondement au système France-Afrique.
En ce qui concerne le Niger, une attaque menée ce 29 janvier contre l’aéroport de Niamey a rajouté de l’huile sur le feu. En effet, le gouvernement nigérien impute la responsabilité de cette attaque à la France particulièrement, et accessoirement à la Côte d’Ivoire et au Bénin. Le général Tiani, dans une interview donnée à la chaîne publique, accuse ces États d’être des sponsors des djihadistes. Ces Etats ont réagi et nié toute participation dans cet assaut, et au lendemain, l’État islamique au Sahel l’a revendiqué. Mais cela n’a pas pour autant baissé les tensions. Le gouvernement nigérien estime que la France veut déstabiliser le pays afin de mettre la main sur ses ressources naturelles.
Des propos qui enflamment la toile
C’est dans ce contexte de tension que l’un des conseillers militaires du général Tiani a tenu des propos qui ont fait couler beaucoup d’encre. Devant une foule en liesse, il a déclaré : “Cette mobilisation, elle est faite, elle est décrétée afin qu’on se prépare pour la guerre avec la France. Sachez-le, on va entrer en guerre avec la France, on n’était pas en guerre, c’est maintenant qu’on va en guerre avec la France.”
Le quai d’Orsay n’a pas tardé à répondre. Le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l’état-major des armées françaises, a affirmé qu’il n’était pas question d’une intervention française au Niger. Il qualifie ces sorties de guerre informationnelle.
Pour l’heure, le gouvernement nigérien n’a pas commenté les propos du général. Il n’y a donc pas un état de guerre entre la France et le Niger. Cette déclaration est toutefois un indicateur important de la crise diplomatique entre les deux Etats.
Samuel Mintor


