Jeudi 19 février.- Le Conseil de la paix a tenu sa toute première réunion aujourd’hui à Washington. Outre les quelque 27 pays membres fondateurs, plus d’une vingtaine de dirigeants et de hauts représentants mondiaux y ont pris part. Au cœur des discussions : le déploiement d’une force internationale, et la promesse de quelque milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza.

Une instance à vocation mondiale
Inauguré lors du forum de Davos, le Conseil de la paix est un projet porté par Donald Trump, qui avait pour but initial de superviser la stabilisation et la reconstruction de la bande de Gaza, tel que l’a autorisé la Résolution 2803 du Conseil de Sécurité adoptée le 17 novembre 2025. Mais la mission de la structure s’est élargie depuis.
Dans sa charte, une mission beaucoup plus globale lui est conférée, celle de résoudre les conflits dans le monde. Son champ d’action n’est limité ni géographiquement, ni temporellement. Un tel pouvoir suscite une vive inquiétude de la communauté internationale, qui le perçoit comme un organe appelé à supplanter l’ONU.
Engagement financier et déploiement d’une force internationale pour Gaza
Lors de la réunion inaugurale, Donald Trump a tenu un discours d’introduction, appelant tour à tour les chefs d’Etat et de gouvernement présents à se lever à l’appel de leur nom. Il a promis que dix (10) milliards de dollars seront débloqués du fonds public américain pour la reconstruction de Gaza. Neuf (9) autres pays ont également annoncé qu’ils s’engageaient à verser sept (7) milliards de dollars supplémentaires pour financer le programme de reconstruction. Les pays concernés sont le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, les Émirats arabes unis, le Maroc, Bahreïn, le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Ouzbékistan et le Koweït. Selon les estimations, près de 70 milliards de dollars seront nécessaires pour la reconstruction du territoire palestinien.
Le Conseil de la paix entend également mobiliser une force internationale de stabilisation à Gaza. Plusieurs pays, dont l’Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie, se sont engagés à envoyer des troupes dans le cadre de cette force. Quant à l’Égypte et la Jordanie, ils se sont engagés à former des policiers qui seront déployés. Ce déploiement vient consolider la deuxième phase du plan de paix pour Gaza. Son opérationnalité et le versement des fonds sont conditionnés au désarmement du Hamas.
Une hiérarchie qui sape les mécanismes traditionnels de la gouvernance internationale
Pour Donald Trump, ce conseil de la paix a pour vocation de rendre l’ONU beaucoup plus fort. C’est un conseil qui sera chargé de surveiller les Nations-Unies, et d’assurer son bon fonctionnement. La structure selon sa charte, à une gouvernance centralisée. Donald Trump en est le président, et il a un droit de veto sur la plupart des décisions du Conseil. Son mandat, non limité dans le temps, peut continuer après la fin de sa fonction de locataire de la maison blanche, et il pourra désigner son successeur.
Les autres pays membres le sont sur invitation du président américain. Plusieurs pays européens, dont la France, ont décliné cette invitation. Ceux qui veulent obtenir un statut de membre permanent devront s’acquitter d’un montant d’un (1) milliard de dollars. Ces dispositions alimentent les inquiétudes de la communauté internationale, qui y voit une concentration massive du pouvoir. La hiérarchie de ce conseil remet en question les mécanismes de la gouvernance internationale.
Ce conseil s’est tenu sous fonds de tensions entre les États-Unis et l’Iran. Donald Trump, depuis quelques semaines, ne cesse de proférer des menaces contre le gouvernement iranien. Un délai de dix (10) jours a été lancé à l’Iran pour trouver un accord avec les Etats-Unis. Faute de quoi, une vaste campagne militaire pourrait être menée conjointement avec Israël.
Une présence internationale qui fait mouche
Plusieurs dirigeants, notamment du monde arabe, ont pris part à ce conseil. La majorité des pays ont délégué des représentants de haut niveau, et d’autres ont directement été représentés par leurs chefs d’Etat, dont le président indonésien, Prabowo Subianto, le président argentin, Javier Miley, et le président hongrois, Viktor Orban. Était également présent le président de la FIFA, Gianni Infantino.
L’Union européenne qui boude ce conseil de la paix, a été représentée par la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica. Plusieurs pays européens ont soulevé des objections concernant cette présence, et la France a demandé une explication.
Samuel Mintor


