Face à une recrudescence d’enlèvements dans le quartier de Delmas, où plusieurs civils ont été ciblés par des individus parfois déguisés en policiers, la Police nationale d’Haïti (PNH) a annoncé de nouvelles mesures visant à encadrer le port de l’uniforme et le comportement de ses agents.

Dans un communiqué publié le vendredi 20 février 2026 par la Direction de Communication de la Police (DICOP), l’institution informe son personnel et le public des décisions prises lors de récentes réunions de commandement, dans le but d’assurer une image professionnelle claire et identifiable des forces de l’ordre.
Port de cagoules interdit sauf autorisation spéciale
La PNH interdit désormais le port de cagoules, de mouchoirs ou de tout accessoire pouvant altérer l’uniforme réglementaire lorsqu’un agent est en service sur la voie publique. Une seule exception est prévue : une autorisation expresse délivrée par la Direction générale dans le cadre d’opérations spéciales menées par des unités spécialisées. L’objectif annoncé est de limiter les risques d’usurpation d’identité par des individus malintentionnés et de renforcer la confiance de la population dans les forces de sécurité.
Tenue, attitude et discipline professionnelle
Les directives concernent également la présentation personnelle des agents : coupes de cheveux et barbe doivent être conformes au règlement de discipline générale et correctement entretenues afin de refléter positivement l’image du métier de policier. La PNH souligne que le comportement professionnel de chaque agent doit contribuer à rassurer la population tout en dissuadant d’éventuelles activités criminelles.
Pour garantir le respect de ces mesures sur l’ensemble du territoire, l’Inspecteur général en chef, les directeurs centraux et départementaux, ainsi que les responsables d’unités, sont chargés de veiller personnellement à l’application rigoureuse des directives. L’institution affirme ainsi vouloir lutter contre l’usurpation d’identité policière et restaurer l’autorité et la crédibilité de la PNH auprès du public.
Si ces mesures visent à renforcer la confiance des citoyens et à protéger l’image de l’institution, certains observateurs s’interrogent sur leurs implications en matière de sécurité opérationnelle. En restreignant le port de cagoules, les policiers pourraient devenir plus facilement identifiables par les gangs et autres groupes armés actifs à Delmas, ce qui pourrait augmenter leur vulnérabilité lors d’interventions sur le terrain. Cette tension entre visibilité, transparence et sécurité des agents soulève des questions sur l’équilibre à trouver entre protection du public et sécurité des forces de l’ordre.
Mewodjina Fleurial


