Tabarre, mardi 3 mars 2026 – À l’occasion de la 8e cérémonie de collation de grades, organisée autour du thème « Neurone Conscience », l’Université de la Fondation Aristide (UNIFA) a célébré, le 1er mars 2026, la graduation de plus de 600 étudiants issus de ses différentes facultés.

Lors de cette cérémonie, son président, Jean-Bertrand Aristide, a prononcé un discours mêlant considérations académiques et prises de position publiques. Il a salué « la persévérance et la constance » des 616 finissants et les a encouragés à mettre leurs compétences au service du pays.
Un appel à l’engagement citoyen
S’adressant aux nouveaux diplômés, l’ancien chef d’État les a invités à devenir une élite « capable de prendre les rênes du pays » et à conjuguer « science et conscience » dans l’exercice de leurs responsabilités. Il a également évoqué les notions d’« anosognosie politique » et d’« analphabétisme politique » pour dénoncer, selon lui, certaines carences dans la gouvernance publique.
Projections économiques et restitution
Au cours de son intervention, Jean-Bertrand Aristide a présenté des estimations budgétaires destinées à illustrer des perspectives de développement. Il a affirmé qu’« un milliard de dollars suffit à financer vingt hôpitaux modernes […] ainsi que le microcrédit, l’électricité et l’eau potable ». Il a également soutenu que « vingt-et-un milliards de dollars » permettraient la construction de centaines d’hôpitaux et d’écoles ainsi que de milliers de kilomètres de routes.
Il a par ailleurs évoqué la question de la restitution de la dette de l’indépendance, appelant les jeunes professionnels à se préparer à participer à la gestion de potentielles ressources futures.
Gratuité des études en agronomie
L’annonce principale de la journée a concerné la gratuité des études en agronomie à l’UNIFA. « À partir d’aujourd’hui, tous les jeunes hommes et toutes les jeunes femmes pourront étudier l’agronomie gratuitement à l’UNIFA », a déclaré Jean-Bertrand Aristide.
Selon les chiffres communiqués, 578 étudiants ont déjà bénéficié de bourses dans cette filière au cours des cinq dernières années.
Critiques et positionnement politique
Fidèle à son style, l’ancien président a formulé des critiques à l’encontre de certains acteurs politiques et de groupes impliqués dans la crise sécuritaire, utilisant à plusieurs reprises la métaphore du « carton rouge ». Il a notamment dénoncé « les politiciens bluffeurs », les auteurs d’enlèvements et ceux qu’il accuse d’alimenter la misère et le chômage.
En conclusion, il a exhorté les diplômés à mettre leur savoir au service du développement national, affirmant qu’« un cerveau qui s’élève doit élever le pays ».
Au-delà de la cérémonie académique, cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie de positionnement public. En insistant sur la gratuité de l’agronomie et sur la formation d’une élite engagée, Jean-Bertrand Aristide projette l’image d’une université accessible et tournée vers les besoins du pays.
Certains observateurs estiment toutefois que cette orientation pourrait être élargie. Si l’initiative en agronomie répond à l’importance stratégique du secteur agricole en Haïti, des voix plaident pour que d’autres filières — notamment en sciences, technologies ou santé — bénéficient également de mesures de gratuité ou de soutien accru.
Mewodjina Fleurial


