Ce lundi 9 mars, le conflit déclenché par les États-Unis et Israël contre l’Iran rentre dans sa dixième journée. Durant le week-end, Israël a mené plusieurs frappes contre des infrastructures en Iran et à l’est du Liban. La banlieue sud de Beyrouth a été bombardée. Le conflit, qui a longtemps dépassé celui de deux parties en présence, continue de s’étendre et de faire chanter les missiles, les drones, et les frappes au grand dam de la population civile, dont le nombre de victimes ne fait que grimper.

La continuité de l’administration iranienne se solidifie
Ce dimanche 8 mars, l’assemblée des experts, collège de 88 membres du clergé chiite, a élu Moustapha Khamenei, le fils de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran. L’annonce, faite par la télévision iranienne, a montré des scènes de joie dans le pays, avec des Iraniens agitant le drapeau national. Les gardiens de la Révolution ont immédiatement prêté allégeance au nouveau guide, confirmant ainsi son statut.
Suite à cette nomination, Israël a d’ores et déjà annoncé que le nouveau guide serait une cible. Quant à Donald Trump, il avait déjà revendiqué un droit de regard sur le pouvoir iranien. Il a affirmé que ce nouveau guide suprême ne tiendra pas longtemps sans son aval. Après l’annonce de sa nomination, plusieurs missiles ont été lancés vers Israël et des pays du Golfe.
Israël mets en danger la population iranienne en menant des frappes sur des infrastructures pétrolières
Dans la nuit du 7 au 8 mars, l’armée israélienne a visé des infrastructures pétrolières à Téhéran. Au moins six personnes ont été tuées, et une vingtaine d’autres blessées. Les frappes ont atteint plusieurs structures pétrolières, laissant lieu à des incendies monstres. Près de 12 heures après, selon l’agence France-Presse, des flammes étaient encore visibles au-dessus de Téhéran.
Les autorités iraniennes ont appelé les habitants à rester dans des endroits fermés, en raison des risques sanitaires liés à la fumée. Cette attaque ne semble correspondre à aucun des buts mis en avant par Washington et Tel-Aviv, elle ne vise ni les centre de commandement militaire, ni les dirigeants du régime, et encore moins, une quelconque aide à une population iranienne malmenée par ses dirigeants. Le seul but auquel on peut l’associer reste le mal-être de la population iranienne.
Le Liban, théâtre d’opération des forces israéliennes
En parallèle des attaques menées en Iran, l’armée israélienne continue ses opérations au Liban. En effet, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu depuis le 10 octobre 2025, Israël continuait de mener régulièrement des attaques au Liban, violant l’intégrité du pays, mais aussi le cessez-le-feu qu’il avait lui-même signé. Les autorités israéliennes justifient ces attaques en disant s’en prendre au Hezbollah. Suite à l’attaque menée contre l’Iran, le Hezbollah s’est fait partie prenante du conflit.
Ce dimanche 8 mars, l’armée israélienne a frappé une zone touristique, touchant l’hôtel Ramada, dans le quartier de Raous. Au moins quatre personnes sont mortes, selon le ministère de la Santé libanais. Israël a confirmé qu’elle visait des chefs de garde de la révolution de la capitale libanaise. Outre les victimes de cette frappe sur l’hôtel, douze personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 selon l’agence de presse officielle Ani.
Selon l’Ani, des combats ont lieu près du village de Nabi Chi, qui a déjà été ciblé dans la nuit de vendredi à samedi, par des commandos israéliens venus chercher le corps d’un navigateur israélien capturé en 1986. Dans un communiqué, le Hezbollah déclare que quinze hélicoptères sont arrivés à peu près à minuit heure locale dans la zone. Ils ont engagé le combat, et grâce à des roquettes et des mitrailleuses, ils ont repoussé les soldats israéliens avançant vers les villes-frontière d’Odaisseh et Aïtaroun, dans le sud du Liban. Le Hezbollah a annoncé avoir abattu l’un des hélicoptères à Bekaa
Un conflit appelé à s’intensifier
Loin d’avancer vers sa fin, ce conflit réserve encore des attaques de plus grande ampleur. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré que la plus grande campagne de bombardements de la guerre était encore à venir. Face à cette sortie, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU a déclaré que son pays prendra toutes les mesures nécessaires pour se défendre.
Une nouvelle vente d’armes d’une valeur de 151 millions de dollars a été approuvée par l’administration Trump à Israël. Un signe fort d’un conflit encore loin de s’achever.
Un conflit au bilan humain de plus en plus lourd
Selon le croissant rouge iranien, les frappes israéliennes et américaines ont fait au moins 1200 morts en Iran. Un décompte d’Al jazeera fait état d’au moins 160 enfants, 200 femmes et 11 médecins parmi les victimes, et 12 000 blessés. Au Liban, selon les autorités, 486 personnes sont tuées par les frappes israéliennes. Parmi les victimes, il y aurait 80 enfants, 40 femmes, une dizaine de secouristes, et plus de 1300 blessés. En Israël, au moins 11 personnes sont tuées par des frappes iraniennes et du Hezbollah. En Irak, il y aurait au moins 5 personnes mortes et une dizaine de blessés selon les autorités. Au Koweït, 5 personnes seraient mortes des frappes iraniennes dont 4 militaires et une jeune fille.
Aux émirats arabes unis, des débris de drones iraniens ont causé la mort de près de 4 personnes, et de plus d’une centaine de blessés selon les autorités. En Arabie saoudite, un projectile militaire non identifié a causé la mort de 2 personnes selon les autorités. Du côté américain, 7 soldats ont été tués.
Samuel Mintor


