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150 millions de gourdes de l’État à l’UniQ : l’université sort du silence après le rapport de la Fondasyon Je Klere

Port-au-Prince, lundi 9 mars 2026 - Face aux interrogations suscitées par la publication d’un rapport de la Fondasyon Je Klere (FJKL), l’Université Quisqueya (UniQ) a publié, le 8 mars 2026, une note publique afin d’expliquer les circonstances entourant le financement de 150 millions de gourdes accordé par l’État haïtien. L’institution affirme que cet appui financier a été obtenu de manière légale et transparente, dans le cadre des mécanismes prévus pour soutenir l’enseignement supérieur privé et la recherche.

Port-au-Prince, lundi 9 mars 2026 – Face aux interrogations suscitées par la publication d’un rapport de la Fondasyon Je Klere (FJKL), l’Université Quisqueya (UniQ) a publié, le 8 mars 2026, une note publique afin d’expliquer les circonstances entourant le financement de 150 millions de gourdes accordé par l’État haïtien. L’institution affirme que cet appui financier a été obtenu de manière légale et transparente, dans le cadre des mécanismes prévus pour soutenir l’enseignement supérieur privé et la recherche.

L'un des bâtiments à l'Université Quisqueya.
L’un des bâtiments à l’Université Quisqueya.

Selon l’université, la démarche visant à obtenir ce soutien remonte à décembre 2022, à une période où la crise économique et l’insécurité affectaient fortement le fonctionnement de l’établissement. Le financement a finalement été accordé à la suite de la signature d’un protocole d’accord, le 20 mai 2025, avec le Ministère de l’Économie et des Finances d’Haïti.

Un financement encadré par la loi

Dans sa note explicative, l’UniQ insiste sur le fait que ce financement ne constitue ni un avantage personnel pour le recteur ni un mécanisme opaque. L’institution rappelle que ce type de soutien est prévu par le décret du 11 mars 2020 relatif à la modernisation et au fonctionnement de l’enseignement supérieur en Haïti, notamment à travers ses articles 194 et 195 qui encouragent l’appui de l’État aux institutions privées d’enseignement supérieur et aux activités de recherche.

Une institution à but non lucratif

L’université souligne également son statut d’établissement privé à but non lucratif reconnu d’utilité publique. Elle précise qu’elle n’appartient ni à ses fondateurs, ni à ses administrateurs, ni à son recteur, mais qu’elle constitue avant tout une institution éducative dédiée à la formation de cadres, à la recherche scientifique et au service de la société haïtienne.

Fondée il y a plus de trois décennies, l’université affirme jouer un rôle important dans la formation des ressources humaines du pays ainsi que dans la promotion du savoir et de la culture.

L’impact de la crise sur les activités de l’université

Dans son explication, l’établissement évoque également les conséquences directes de la crise nationale sur ses opérations. La dépréciation de la gourde, la baisse des inscriptions et l’insécurité provoquée par les attaques de groupes armés dans les quartiers de Turgeau et Pacot ont considérablement fragilisé sa situation financière.

L’université indique qu’elle comptait plus de 3 500 étudiants durant l’année académique 2018-2019, contre un peu plus de 850 l’année dernière. Parallèlement, les revenus provenant des frais de scolarité sont passés de 4,3 millions de dollars américains à moins de 500 000 dollars.

Selon l’institution, cette diminution importante des ressources a entraîné un déficit récurrent qui menace la continuité de certaines activités académiques.

Des obligations de transparence et de reddition de comptes

L’UniQ précise par ailleurs que l’utilisation des fonds publics fait l’objet d’un suivi. Conformément au protocole signé avec l’État, plusieurs rapports narratifs et financiers ont été transmis au Ministère de l’Économie et des Finances d’Haïti, notamment les 24 juillet et 31 octobre 2025, ainsi qu’un rapport final remis le 15 décembre 2025.

Pour conclure, l’université souligne que l’appui financier de l’État aux universités privées n’est pas une pratique exceptionnelle. Elle rappelle que dans plusieurs démocraties, ce type de soutien est accordé aux institutions qui contribuent à la formation des cadres et au développement national.

Cette affaire relance le débat sur l’utilisation des fonds publics dans le secteur de l’enseignement supérieur en Haïti. Si l’Université Quisqueya affirme que le financement reçu respecte le cadre légal, les révélations de la Fondasyon Je Klere soulèvent des questions sur la transparence et les critères d’attribution de ces aides de l’État, dans un contexte où les ressources publiques restent limitées et les besoins du système éducatif importants.

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