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Corée du Sud : L’ex-président condamné à 30 ans de prison

Ce vendredi 12 juin, l’ex-président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, a écopé d’une peine de 30 ans de prison. Il est accusé par la justice d’avoir envoyé des drones militaires vers Pyongyang afin de provoquer un conflit armé. Selon les magistrats, cette manœuvre visait à créer un prétexte, pour susciter un climat de tension avec la Corée du Nord, afin d’instaurer la loi martiale. 

L'ancien président Yoon Suk-yeol lors d'une conférence de presse à Séoul (Corée du Sud), le 7 novembre 2024. (KIM HONG-JI / AFP)
L’ancien président Yoon Suk-yeol lors d’une conférence de presse à Séoul (Corée du Sud), le 7 novembre 2024. (KIM HONG-JI / AFP)

Condamné à perpétuité pour insurrection

Âgé de 65 ans, l’ancien chef d’État avait déjà été condamné à la prison à vie en février pour insurrection. Il avait tenté alors d’imposer la loi martiale, et ordonné le déploiement de l’armée autour du Parlement afin d’empêcher les députés de s’opposer à cette mesure. Un groupe de députés avait pu toutefois se faufiler, et ils sont parvenus à faire échec au projet présidentiel. 

Toujours dans le cadre de cette affaire, mais dans un autre volet, il avait été condamné à cinq ans de prison. Une peine qui a été portée à sept ans en appel. 

Une opération à des fins personnelles

En octobre 2024, l’ex-président avait envoyé des drones chargés de tracts de propagande au-dessus de Pyongyang. Pour la justice Sud-Coréenne, cette opération visait à faire grimper les tensions entre les deux pays, afin que la Corée du Nord puisse réagir militairement. Les magistrats estiment que cette opération a mobilisé des capacités militaires à des fins privées, sans aucun rapport avec la sécurité nationale ou la défense du territoire. 

“Il utilisait arbitrairement ses pouvoirs à des fins de gains politiques personnels”, déclarent les juges. “Il (Yoon Suk Yeol) entendait créer la base juridique et la justification nécessaires à la déclaration de la loi martiale, en poussant la Corée du Nord à commettre des actes armés ou équivalents contre l’armée ou la population sud-coréenne”. Malgré ces provocations, la Corée du Nord avait réagi avec prudence, se contentant d’avertir Séoul sans engagement militaire direct.

Destitution et incarcération

Deux mois plus tard, Yoon Suk Yeol avait tenté de nouveau un coup de force en essayant d’imposer la loi martiale, prétextant des menaces de forces anti-État, soutenues par Pyongyang. Ces épisodes avaient plongé le pays dans une profonde crise politique, conduisant à sa destitution en avril 2025, et à son incarcération par la suite. Yoon Suk a fait appel de sa condamnation, arguant qu’il a agi pour le bien de la nation. Ses avocats contestent les accusations portées contre lui, soutenant qu’il n’y avait aucun ordre préalable ni aucune approbation a posteriori de leur client. 

Par ailleurs, ils évoquent un acte légitime d’autodéfense en réponse à l’envoi de ballots remplis de déchets vers le territoire Sud coréen par la Corée du Nord. L’actuel président sud-coréen, Lee Jae-myung, a cette année exprimé ses regrets après qu’une enquête ait révélé l’implication de responsables gouvernementaux dans l’envoi de drones civils en Corée du Nord en janvier.

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