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Guerre contre l’Iran : Une offensive où les parties jouent carte après carte

Ce vendredi 6 mars, l'offensive lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran rentre dans sa septième journée. Loin de s'essouffler, ce conflit au contraire continue de s’étendre sur plusieurs fronts, maritime, économique, psychologique et informationnel. Les affrontements continuent d’avoir des retombées dépassant largement les frontières du Moyen-Orient. 

Ce vendredi 6 mars, l’offensive lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran rentre dans sa septième journée. Loin de s’essouffler, ce conflit au contraire continue de s’étendre sur plusieurs fronts, maritime, économique, psychologique et informationnel. Les affrontements continuent d’avoir des retombées dépassant largement les frontières du Moyen-Orient. 

Après une frappe menée par Israël et les Etats-Unis contre un poste de police de Téhéran, le 2 mars 2026. MAJID ASGARIPOUR / WANA / REUTERS
Après une frappe menée par Israël et les Etats-Unis contre un poste de police de Téhéran, le 2 mars 2026. MAJID ASGARIPOUR / WANA / REUTERS

Selon le département de guerre américain, une trentaine de navires iraniens auraient été coulés, et la défense aérienne iranienne serait détruite depuis le début de l’offensive. Les cibles, selon les autorités israéliennes et américaines, sont  les responsables iraniens et les centres de commandement militaire. 

L’Iran quant à elle continue sa riposte en s’attaquant aux points stratégiques des alliés des américains de la région, et à Israël. Plus de 500 missiles et 2000 drones auraient été lancés par les autorités iraniennes.

Les forces iraniennes mises à mal par les attaques américano-israéliennes

Dans une allocution du secrétaire de la défense américain, Pete Hegseth, tenue à Doral en Floride, l’armée américaine aurait coulé plus de trente navires iraniens depuis le lancement de l’offensive. Au cours de cette conférence, il a déclaré “ nos frappes contre la marine iranienne se sont intensifiées. Vous avez peut-être entendu le président dire qu’il y a quelques minutes que nous avons coulé ou détruit 24 navires. C’était vrai à ce moment-là. Nous en sommes maintenant à plus de 30. Et dans les toutes dernières heures, nous avons frappé un porte-drone, un navire à peu près de la taille d’un porte-avions de la Seconde Guerre mondiale. Il est en feu au moment où nous parlons.”

Le chef d’état-major de l’armée américaine, Dan Caine, fait état d’une diminution respective de 86 et 73% de l’attaque iranienne par rapport au premier jour.

Après une semaine de guerre, le président américain Donald Trump a écrit sur son réseau social qu’il s’attend à une capitulation complète iranienne. Le président américain compte également s’impliquer dans le choix des nouveaux leaders iraniens. 

Un conflit qui se poursuit dans les eaux internationales

La guerre au Moyen-Orient se joue également en haute mer. Le mercredi 4 mars, l’armée américaine aurait fait couler un navire iranien. La frégate iranienne revenait d’un défilé naval en Inde quand elle a été prise pour cible par un sous-marin américain. Touché par une torpille à près de 3000 kilomètres des côtes iraniennes, la plupart des marins ont péri. Les autorités sri lankaises qui ont répondu à un appel de détresse, ont pu secourir seulement une trentaine de marins sur les 180. 90 corps ont été repêchés et les autres portés disparus.

Plusieurs centaines de personnes sont pour l’instant tuées dans les frappes américaines et israéliennes selon le croissant rouge iranien. 

Une guerre asymétrique qui peut coûter cher

Pour de nombreux observateurs, ce conflit suit le schéma d’une guerre asymétrique, à savoir un conflit armé opposant deux acteurs avec des forces disproportionnées. Plusieurs caractéristiques sont à considérer pour une telle guerre, outre la confrontation entre deux blocs inégaux, c’est un conflit où le plus faible compense son infériorité en jouant sur plusieurs angles. Les attaques sont décentralisées, il n’y a pas de front, et tous les moyens d’attaque et de nuisance sont bons. Une guerre qui se joue à l’usure, distinctive des guerres conventionnelles, et des guerres civiles ou intra-étatiques. 

Dans le conflit actuel, les gardiens de la révolution s’y prêtent au jeu, et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour l’instant ils semblent faire mal à leurs adversaires.

  • Une asymétrie d’attaques

Plusieurs pays du Golfe sont touchés par les missiles iraniens. Les forces iraniennes s’en prennent aux alliés américains de la région, et s’attaquent aux infrastructures stratégiques, et aux symboles de présence américaine, bases militaires, ambassades, consulats etc.

Une importante usine de gaz au Qatar a été touchée par une frappe iranienne. Plusieurs missiles ont visé la base aérienne Ali al-Salem au Koweït, ce qui a causé une explosion. Le gouvernement saoudien fait état d’une attaque contre la raffinerie pétrolière de Ras Tanura, qui toutefois n’a causé aucun dégât selon les autorités. Et plusieurs missiles balistiques ont également été abattus en Jordanie et à Chypre, dont l’un s’est écrasé contre la base aérienne britannique d’Akrotiri. Selon le président chypriote, Nikos Christodoulides, aucune victime n’est à signaler. 

Ces attaques nuisent gravement à l’image de ces pays, réputés comme des paradis fiscaux, et mis en valeur par des hôtels haut de gamme, de centaines d’étages, symbole d’une économie florissante. Des vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent plusieurs influenceurs, filmant des épaisses fumées, révélant à quel point la situation est périlleuse.

  • Une asymétrie de dépenses

Outre le champ militaire, le conflit a des répercussions financières considérables. Selon BFM Business, la guerre aurait déjà coûté 3,7 milliards de dollars aux Américains. Pour seulement 100 heures d’intervention, la facture s’élève à près de 891 millions de dollars par jour. Un montant qui n’était pas prévu dans le budget de la défense américaine

Dans sa guerre asymétrique, l’Iran se repose sur une utilisation massive de drones et de missiles peu coûteux. Pour certains modèles estimés à 30 000 dollars, plusieurs millions sont dépensés pour chaque interception par des systèmes antimissiles. Rien qu’en munitions et défense, 3,1 milliards de dollars ont été engloutis pour remplacer les stocks, et 1,7 milliard uniquement pour la défense antimissile face aux drones et aux missiles. 

Quant aux opérations aériennes, elles constituent également une charge importante. Avec près de 200 avions de chasse, les vols coûtent 30 millions de dollars chaque jour. Le maintien de deux porte-avions et de leurs 14 destroyers ajoute 15 millions de dollars au quotidien. 

Israël sous le choc économique

Israël vit aussi un séisme économique. Ilan Rom, le directeur général du ministère des Finances, évoque dans le journal Times of Israel que le pays perd 9,4 milliards de shekels par semaine, soit près de 2,4 milliards de dollars. Et d’un autre côté, l’activité reste paralysée. Le directeur général du ministère des Finances a alerté sur la fragilité de la situation. “La mise à l’arrêt généralisée de l’économie entraîne des coûts économiques considérables. Nous avons besoin d’une solution capable de répondre à la fois aux besoins de sécurité du front intérieur et à ceux de l’économie”, a-t-il déclaré. 

Un conflit généralisé, affectant les marchés mondiaux

Les prix mondiaux du pétrole et du gaz ont fortement augmenté depuis lundi. Qatar Energy, premier producteur mondial de gaz naturel liquéfié, a arrêté sa production, ce qui a fait grimper à plus de 30% le prix du gaz européen. L’industrie produit environ un cinquième des importations mondiales de gaz naturel liquéfié. 

Le détroit d’Ormuz est également totalement bloqué par les forces iraniennes. Des pétroliers ont été touchés selon les gardiens de la révolution. Une menace si importante, que le président américain a évoqué la possibilité que la marine américaine accompagne les pétroliers au niveau du détroit. 

Le conflit, selon le président de la Fed, John Williams, pourrait accroître l’inflation et ralentir la croissance mondiale. Et pour d’autres experts comme John Cannavan d’Oxford Economics, la réaction des marchés sera immédiate. Une hausse probable du carburant est à prévoir d’ici quelques jours. Une situation qui dépasse largement l’aspect militaire et politique, pour toucher à l’économie, par extension, à l’opinion publique.

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