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Haïti : Human Rights Watch dénonce l’usage meurtrier de drones armés

Dans un article publié ce mardi 10 mars 2026, l’organisation Human Rights Watch affirme que des drones armés utilisés par les forces de sécurité haïtiennes et des contractants privés ont causé la mort d’au moins 1 243 personnes et fait 738 blessés entre le 1er mars 2025 et le 21 janvier 2026. Parmi les victimes figurent 17 enfants et 43 adultes qui ne seraient pas affiliés à des groupes criminels, tandis qu’au moins 49 civils figurent parmi les blessés. L’opération de drone la plus meurtrière aurait fait 57 morts.

Dans un article publié ce mardi 10 mars 2026, l’organisation Human Rights Watch affirme que des drones armés utilisés par les forces de sécurité haïtiennes et des contractants privés ont causé la mort d’au moins 1 243 personnes et fait 738 blessés entre le 1er mars 2025 et le 21 janvier 2026. Parmi les victimes figurent 17 enfants et 43 adultes qui ne seraient pas affiliés à des groupes criminels, tandis qu’au moins 49 civils figurent parmi les blessés. L’opération de drone la plus meurtrière aurait fait 57 morts.

A drone is launched during a Haitian police operation against armed gangs in Port-au-Prince on 28 November 2024. Photograph: Patrice Noel/Zuma Press Wire/Rex/Shutterstock
A drone is launched during a Haitian police operation against armed gangs in Port-au-Prince on 28 November 2024. Photograph: Patrice Noel/Zuma Press Wire/Rex/Shutterstock

Une intensification des attaques dans la capitale

Selon l’organisation, le nombre d’attaques de drones armés à Port-au-Prince — une ville dont environ 90 % du territoire est contrôlé par des gangs — a fortement augmenté ces derniers mois. Au total, 57 attaques ont été recensées entre novembre et la fin janvier, soit presque le double des 29 attaques enregistrées entre août et octobre 2025.

Les chercheurs de Human Rights Watch disent avoir analysé plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, montrant l’utilisation de drones quadricoptères équipés d’explosifs. Quatre de ces vidéos ont été géolocalisées dans la capitale. Les images montrent des drones visant des véhicules et des personnes, dont certaines étaient armées mais ne semblaient pas engagées dans des actes violents au moment des frappes.

Des civils parmi les victimes

L’un des incidents cités dans le rapport s’est produit le 20 septembre 2025 dans le quartier de Simon Pelé, Port-au-Prince, une zone très défavorisée contrôlée par un gang local. Parmi les victimes se trouvait une fillette de six ans. Sa mère, citée anonymement, a rappelé que dans les zones dominées par les gangs vivent aussi des familles innocentes qui tentent de mener une vie normale.

Selon Human Rights Watch, certaines familles ont également affirmé que des groupes criminels contrôlent l’accès aux funérailles des victimes, n’autorisant la participation qu’aux personnes acceptant leur soutien ou leur aide financière.

Un autre témoignage rapporte qu’un drone est tombé et a explosé sur un camion le 1er janvier, tuant une femme qui se trouvait à bord avec d’autres passagers.

Des accusations d’exécutions extrajudiciaires

Human Rights Watch estime que plusieurs de ces frappes pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires, car elles semblent viser des personnes qui ne représentaient pas de menace immédiate. L’organisation appelle les autorités haïtiennes à assurer davantage de transparence, à ouvrir des enquêtes indépendantes sur les décès survenus lors des opérations de sécurité et à accorder des réparations aux victimes en cas de violations.

La directrice pour les Amériques de l’organisation, Juanita Goebertus, a exhorté les autorités à mieux encadrer les forces de sécurité et les contractants privés impliqués dans ces opérations afin d’éviter de nouvelles pertes civiles.

Préoccupations de l’ONU

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lui aussi exprimé des inquiétudes, estimant que l’usage de la force létale contre les gangs en Haïti pourrait être inutile, disproportionné et contraire au droit international.

Le rapport rappelle qu’en 2025, le gouvernement haïtien a mis en place une nouvelle force opérationnelle composée de certaines unités policières et de contractants privés. Cette structure, qui utilise notamment des drones explosifs, opère en dehors de la supervision directe de la Police nationale d’Haïti, ce qui soulève des préoccupations quant à la responsabilité et au contrôle de ces opérations.

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