Port-au-Prince, mercredi 4 février 2026 – Le gouvernement haïtien a réaffirmé sa volonté de soutenir le processus électoral à travers une intervention du ministre délégué chargé des questions électorales et constitutionnelles, Joseph André Gracien Jean, lors de la 35e édition des « Mardis de la Nation », tenue le 3 février 2026 à la Primature. Le responsable a présenté plusieurs actions en cours et mesures prévues pour encadrer l’organisation des prochaines élections.

Un cadre électoral modernisé et une coopération internationale
Le ministre a mis en avant les avancées liées au nouveau décret électoral et au calendrier prévu, soulignant des dispositions favorisant la modernisation du système, la décentralisation du Centre de tabulation des votes et une participation accrue des femmes aux scrutins. Il a également salué la signature récente d’un protocole de coopération entre le Conseil électoral provisoire (CEP) et l’Institut national électoral du Mexique. Cet accord porte notamment sur la formation des agents électoraux, la gestion et l’actualisation du registre électoral, ainsi que l’usage des technologies pour l’organisation d’élections en contexte difficile.
Appui aux partis politiques et financement du processus
Les autorités indiquent aussi avoir lancé, par l’intermédiaire du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, un programme de renforcement des capacités destiné aux partis et regroupements politiques, ayant impliqué plus de 1 700 membres et 240 structures. L’inscription des partis et la mise à jour du registre électoral sont annoncées comme prochaines étapes. Par ailleurs, un programme d’appui financier au processus électoral a été constitué : selon le ministre, plus de 82 millions de dollars américains ont été mobilisés pour 2025 pour couvrir les besoins techniques liés aux élections générales, avec un peu plus de 41 millions encore disponibles. La gestion de ce fonds est assurée par un comité réunissant le président du CEP, le ministre de la Planification et un représentant du PNUD en Haïti.
Reste toutefois une interrogation majeure : dans un contexte national marqué par de fortes tensions et une instabilité persistante, les conditions seront-elles réellement réunies pour permettre la tenue d’élections crédibles, inclusives et sécurisées ?
Mewodjina Fleurial


