Le dimanche 29 mars 2026, le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, a officiellement mis en place un Conseil consultatif chargé de réfléchir à la fixation des prix des produits pétroliers en Haïti. Cette initiative vise, selon les autorités, à améliorer la transparence et la régulation d’un secteur considéré comme essentiel pour l’économie nationale.

Une structure composée de neuf membres issus de plusieurs secteurs
Le ministre a précisé que ce conseil regroupe neuf personnalités représentant trois grands secteurs : le syndical, l’État, ainsi que les compagnies pétrolières et associations de distribution.
Du côté syndical, on retrouve Montès Joseph, Jacques Anderson Desroches et Méhu Changeux. Pour le secteur étatique, Vladimyr Monval, Steeve Polycarpe et Jean Nerva Siméon ont été désignés. Enfin, Mildred Noisy, David Turnier et Jean Jackson Marseille représentent les compagnies pétrolières et les structures de distribution.
Une volonté de transparence affichée par les autorités
Selon le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, cette démarche s’inscrit dans une logique de gouvernance plus ouverte et participative. Le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc Eli Nelson, présent lors de la cérémonie, a expliqué que cette structure doit contribuer à rendre plus lisible le mécanisme de fixation des prix à la pompe, souvent critiqué pour son manque de clarté.
Pour le ministre de l’Économie et des Finances, cette instance représente une avancée vers une meilleure organisation du secteur pétrolier. Il affirme qu’elle permettra d’équilibrer les intérêts des consommateurs et ceux des opérateurs économiques, tout en instaurant un cadre plus efficace et plus transparent.
Une commission nécessaire ou une duplication administrative ?
Au-delà des intentions affichées, la création de ce conseil soulève plusieurs interrogations. Était-il réellement indispensable de mettre en place une nouvelle structure pour une mission de régulation des prix ? Le ministère du Commerce et de l’Industrie ne disposait-il pas déjà des outils nécessaires pour encadrer ce secteur stratégique ?
Dans un contexte économique fragile, certains observateurs pourraient également se demander si cette initiative ne risque pas de générer des coûts administratifs supplémentaires sans impact concret sur le quotidien des citoyens. À cela s’ajoute une autre question centrale : face aux urgences sociales, sécuritaires et économiques du pays, la création d’une nouvelle commission est-elle véritablement une priorité ?
Enfin, cette démarche ouvre un débat plus large sur la gouvernance publique en Haïti : multiplication des structures ou renforcement des institutions existantes ? Le pays a-t-il besoin de nouvelles instances consultatives, ou plutôt d’une meilleure efficacité des organismes déjà en place ?
Mewodjina Fleurial


