L’ONU vient d’ajouter Israël et la Russie sur la liste noire se rapportant aux violences sexuelles commises en temps de conflit. Cette inscription fait suite à des accusations portées par des prisonniers, selon un rapport annuel de l’ONU vu jeudi par l’AFP. Suite à cette inscription, Israël a annoncé suspendre ses relations avec l’ONU.

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Un rapport dressé annuellement par des inspecteurs des Nations-Unies
Depuis le mois d’août, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait averti Israël et la Russie contre une possible inscription sur cette liste. Malgré cette mise en garde, l’ONU a continué a enregistré des cas de violences sexuelles, notamment dans le cadre du conflit russo-ukrainien, et sur les territoires palestiniens occupés. Les inspecteurs de l’ONU ont déploré un refus d’accès persistant des autorités des deux pays.
Publiée annuellement par l’ONU, cette liste répertorie des dizaines de groupes étatiques ou non étatiques, soupçonnés de s’être livrés systématiquement à des violences sexuelles. Elle comprend des acteurs impliqués dans des cas au Soudan, en Haïti, en République démocratique du Congo, en Birmanie, en Syrie ou au Mali.
Les forces israéliennes accusées de viol en Israël et sur les territoires palestiniens occupés
Pour le cas d’Israël, le rapport fait état de violences sexuelles commises contre des détenus en Israël, et dans les territoires palestiniens occupés. Selon le rapport, les cas vérifiés par l’ONU sont indicatifs des tendances sur plusieurs années, mais pas exhaustifs. Dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, les Nations-Unies ont vérifié les cas de 14 hommes, 7 femmes, 9 garçons et 1 fille qui ont subi des violences sexuelles, y compris sous forme de torture, remontant à 2023.
Les violations recensées incluent les viols avec objet, les viols collectifs, les violences physiques contre les parties génitales, la nudité forcée et les fouilles corporelles abusives. Les responsables sont identifiés par l’ONU comme étant des membres de l’armée, des forces de sécurité et des services pénitentiaires israéliens.
Une rupture totalement consumée entre Israël et l’ONU
Israël a fustigé cette décision de l’ONU. Les autorités israéliennes avaient déjà pris de l’avance jeudi matin, considérant que cette décision mettrait sur le même plan le Hamas et Israël, le Hamas étant déjà sur la liste. Cela n’a pas pour autant empêché cette inscription, ce qui a fait enrager les autorités israéliennes. L’Etat hébreu a ainsi annoncé la suspension de ses relations avec l’ONU, notamment jusqu’à la fin du mandat de son secrétaire général.
“Nous en avons fini avec ce secrétaire général”, a déclaré l’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, dans un message posté sur X. “La décision honteuse et absurde de l’ONU d’inclure des entités israéliennes dans l’actuel rapport sur les violences sexuelles liées au conflit est une preuve supplémentaire de la véritable nature de l’organisation, une institution politisée et corrompue qui a renoncé à ses principes fondateurs et qui fait du ciblage systématique d’Israël sa mission première”, a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien, Oren Marmorstein.
L’ONU s’est toutefois dite disposée au dialogue. Le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, à affirmer avoir vu les commentaires, et que la porte du secrétaire général reste ouverte.
Aucune réaction pour l’heure des autorités russes
S’agissant de la Russie, le rapport fait état de violences sexuelles dans les territoires ukrainiens et en Russie. Les informations recueillies proviennent des témoignages des prisonniers de guerre qui ont été libérés. Les données de la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine font état de 310 cas de violences sexuelles liées au conflit, incluant des viols, des mutilations génitales, et des chocs électriques qui ont été en grande partie commis sur les hommes. La Russie n’a pas pour l’instant réagi à cette disposition.


