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La justice américaine inculpe l’ancien président cubain, Raul Castro

Ce mercredi 20 mai, le département de la justice des États-Unis a annoncé l’inculpation de l’ex-président cubain Raúl Castro. Il est accusé d’avoir tué des américains dans une affaire liée à des destructions d’avions civils américains, remontant à 1996. Le procureur général des États-Unis par intérim, Todd Blanche, a déclaré que l’ancien président cubain fait face à sept chefs d’accusation, notamment complot en vue de tuer des ressortissants américains, destruction d’appareils et meurtre. 

L’ancien président cubain Raúl Castro, agitant un drapeau national lors de la commémoration du 1er mai marquant la Journée internationale des travailleurs, sur la place de la Révolution à La Havane, le 1er mai 2025. Photo : Getty Images / AFP / YAMIL LAGE
L’ancien président cubain Raúl Castro, agitant un drapeau national lors de la commémoration du 1er mai marquant la Journée internationale des travailleurs, sur la place de la Révolution à La Havane, le 1er mai 2025.
Photo : Getty Images / AFP / YAMIL LAGE

Raúl Castro a été président du conseil d’Etat et des ministres, en succession à son frère Fidel Castro de 2008 à 2018. L’affaire dans laquelle il est inculpé remonte à près de 30 ans. Il était alors ministre de la Défense, et l’armée de l’air cubaine avait abattu deux appareils, affrétés par un groupe d’exilés cubains, ce qui a causé la mort de quatre personnes, dont trois américains. Cet incident avait empiré les relations entre les États-Unis et Cuba. 

Des peines allant de la perpétuité à la peine de mort

“Mon message aujourd’hui est clair, les États-Unis et le président Trump n’oublient pas et n’oublieront pas leurs citoyens”, a déclaré Todd Blanche lors d’une conférence de presse donnée à Miami. “Cette inculpation n’est pas une mise en scène, un mandat d’arrêt a été délivré à son encontre. Nous nous attendons donc à ce qu’il se présente ici de son plein gré, ou d’une autre manière et qu’il soit incarcéré”, a-t-il ajouté. 

Il est accusé avec d’autres personnes, et les inculpés risquent des peines allant de la perpétuité à la peine de mort. Le procureur général a également associé cette décision de justice à Trump, avançant qu’en près de 70 ans, c’est la première fois qu’un haut dirigeant cubain a été inculpé aux États-Unis, pour des actes de violence ayant causé la mort de citoyens américains. 

“Si vous tuez des Américains, nous vous poursuivrons, peu importe qui vous êtes, peu importe votre titre et, dans ce cas-ci, peu importe le temps écoulé depuis les faits”, a-t-il renchéri. 

Le codirecteur adjoint du FBI, Christopher Gilbert Raia, prend la parole aux côtés du procureur général par intérim des Etats-Unis, Todd Blanche, à Miami (Floride), le 20 mai 2026. MARCO BELLO/REUTERS
Le codirecteur adjoint du FBI, Christopher Gilbert Raia, prend la parole aux côtés du procureur général par intérim des Etats-Unis, Todd Blanche, à Miami (Floride), le 20 mai 2026. MARCO BELLO/REUTERS

La Havane dénonce une stratégie politique malveillante

La réaction de la Havane ne s’est pas fait attendre. Pour le gouvernement cubain, il s’agit d’un acte de provocation politique abject et infâme, de la part d’un gouvernement qui a causé la mort de près de 200 personnes, et détruit 57 embarcations dans les eaux internationales des Caraïbes et du Pacifique. 

Par ailleurs, pour le gouvernement cubain, l’incident auquel fait allusion le département de justice américain serait une violation de l’espace aérien du pays. 

Marco Rubio appelle les cubains à prendre leur destin en main

Dans un message vidéo publié en espagnol, sous-titré en anglais, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, a exhorté la population cubaine à choisir la nouvelle voie proposée par le président Trump. Il a pointé du doigt les dirigeants cubains, les accusant de vol, de corruption et de répression.

« Il n’y a aucune raison pour que les Cubains ne jouissent pas des mêmes droits que d’autres habitants de la région », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs pointé du doigt le conglomérat GAESA, qui selon lui, possède 18 milliards de dollars d’actifs et contrôle 70 % de l’économie cubaine. “Aujourd’hui, Cuba n’est pas contrôlé par une quelconque révolution, Cuba est contrôlé par Gaesa. Ils tirent profit des hôtels, du bâtiment, des banques, des magasins et même de l’argent que vos proches vous envoient depuis les Etats-Unis : tout, absolument tout, passe entre leurs mains”, a t-il ajouté.

Dans cette déclaration qui s’apparente à un appel à l’insurrection, il a invité les cubains à prendre leur destin en main, à réclamer une nouvelle économie de marché sous une nouvelle direction. Il a par ailleurs agité la proposition d’une aide américaine de 100 millions de dollars, qui serait distribuée par des organisations caritatives dont l’Église. 

Une décision de justice qui reflète la velléité impérialiste de Washington peut-être?

De son côté, le président américain, Donald Trump, a salué cette décision judiciaire, tout en déclarant qu’il n’y aurait pas d’escalade. Il considère que le pays s’effondre déjà de lui-même. “Si Cuba a besoin d’aide et nous allons lui en donner”, a-t-il déclaré, jugeant qu’il ne peut tolérer un État voyou aussi proche des Etats-Unis. 

Depuis le mois de mars, l’administration Trump a mis un blocus pétrolier total sur Cuba. Ce blocus a plongé l’île caribéenne dans l’obscurité, et causé de nombreux désastres. Considérant depuis quelques mois les menaces d’agression de Donald Trump à l’encontre du gouvernement cubain, pour certains, cette décision est une manifestation de l’impérialisme de Washington. Loin de vouloir prôner la justice, elle serait plus liée à une manœuvre à des fins politiques, afin de renverser le gouvernement cubain, comme ils l’ont fait avec Nicolas Maduro au Venezuela il y a quelques mois.

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