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Moyen-Orient : Un protocole d’accord trouvé entre Washington et Téhéran

Après près de trois mois de conflit, les États-Unis et l'Iran sont parvenus, ce dimanche 14 juin, à un protocole d'accord visant à mettre fin aux hostilités, a annoncé le président américain, Donald Trump

Après près de trois mois de conflit, les États-Unis et l’Iran sont parvenus, ce dimanche 14 juin, à un protocole d’accord visant à mettre fin aux hostilités, a annoncé le président américain, Donald Trump. Le texte prévoit l’arrêt des opérations militaires, la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus américain contre l’Iran. La signature de l’accord est prévue ce vendredi, ouvrant la voie à un protocole de 60 jours pour conclure à un accord final. 

Protocole d'accord trouvé pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Photo publiée par Le Soir.
Protocole d’accord trouvé pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Photo publiée par Le Soir.

Réouverture du détroit et arrêt total des opérations militaires

Sur son réseau social Truth, le président américain a écrit que l’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé. 

“J’autorise pleinement l’ouverture du détroit d’Ormuz sans restriction, et simultanément, j’autorise la levée immédiate du blocus naval des États-Unis”. “Navires du monde entier, démarrez vos moteurs, que le pétrole coule à flot”, a-t-il déclaré.

Toutefois, il a tenu à assurer que l’ouverture effective du détroit interviendrait après la signature de l’accord, prévue pour ce vendredi. Selon le communiqué, la guerre doit prendre fin immédiatement et définitivement sur tous les fronts, y compris au Liban. Donald Trump assure que l’accord va apporter la paix à toute la région. 

L’Iran joue la carte de la prudence

Du côté iranien, la prudence reste de mise. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’Iran éprouvait toujours une profonde méfiance envers les États-Unis malgré la signature à venir. Selon le diplomate, les États-Unis et Israël ne sont pas dignes de confiance. 

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a pour sa part déclaré lors d’un point de presse : “Malheureusement, il faut reconnaître que la profonde méfiance vis-à-vis des États-Unis est la conséquence d’une longue histoire de méfaits des dirigeants américains.” Il estime par ailleurs que les Américains ont encore beaucoup à faire avant de gagner la confiance des Iraniens. 

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, médiateur clé de ces négociations, a salué un pas historique vers la fin du conflit. 

Quels sont les grands points de cet accord?

Quoique le texte n’a pas encore été rendu public, certains observateurs l’estiment toutefois en faveur de l’Iran. Ils se basent notamment sur certains grands points dont la diplomatie iranienne annonce être inclus dans l’accord pour appuyer un tel point de vue.

  • Des impositions de redevance 

Téhéran aurait obtenu l’imposition d’une clause lui permettant d’imposer des redevances dans le détroit d’Ormuz. Le porte-parole de la diplomatie iranienne avance que ces impositions se rapportent à des frais pour les services de navigation, la protection de l’environnement, ou encore l’assurance des navires, et non des péages. 

Le transit dans le détroit avant les attaques américano-israéliennes était libre de tout contrôle. Désormais, il sera régulé par Téhéran en collaboration avec Oman, un autre pays frontalier du détroit. Le ministre iranien des Affaires étrangères avait déjà souligné que la navigation dans le détroit ne sera plus la même, et que Téhéran considérait cette voie navigable comme un instrument de dissuasion. 

  • Arrêt des opérations militaires sur tous les fronts

Autre point avancé par ceux soutenant un accord favorable à Téhéran consiste en l’arrêt complet des opérations militaires sur tous les fronts, incluant le Liban. C’est une condition sine qua non qu’avaient fixée les autorités iraniennes. Cet aspect de l’accord soulève des réserves chez l’Etat hébreu, qui a indiqué qu’il ne retirerait pas ses troupes au Liban. Le Hezbollah a tenu à remercier l’Iran pour son insistance afin que le Liban soit partie prenante de tout accord. Quant à la question nucléaire, elle sera traitée lors des 60 jours de négociation devant conduire à l’accord final. 

  • Un engagement américain au dégel des fonds iraniens

Selon la diplomatie iranienne, Washington se serait engagé à débloquer les fonds iraniens gelés à l’étranger, et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre. Toutefois, un haut responsable américain a affirmé que les États-Unis n’ont dégelé aucun avoir iranien pour le moment. 

Israël ne se considère pas engagé par les clauses de l’accord

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a averti que l’armée israélienne restera dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza pour une période illimitée. Le ministre chargé de la sécurité nationale,Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, a quant à lui déclaré que l’accord de Trump n’engageait pas Israël. Par ailleurs, Israël a mené des attaques contre le Liban ce lundi causant la mort d’une personne.

Après les conflits, la bataille de la communication

L’annonce de la signature du protocole d’accord a ouvert la voie à une guerre de communication entre les deux parties. Dans un communiqué diffusé par la télévision d’état, l’état-major iranien affirme que l’Iran a imposé sa volonté divine et d’acier aux ennemis américains et sionistes humiliés. L’ennemi n’a d’autre choix que d’accepter la défaite et de se rendre. 

Donald Trump, de son côté, après s’être vanté d’autoriser la réouverture du détroit d’Ormuz, se présente comme le seul président capable d’instaurer une véritable paix dans la région du Golfe. 

Depuis l’accord du cessez-le-feu conclu le 7 avril, Donald Trump a déclaré 38 fois selon un décompte de CNN qu’un accord était imminent entre les deux parties, sans toutefois y parvenir. Cette succession d’annonces non suivies d’effets, et l’empiètement dans lequel Washington semble s’y trouver depuis le début des conflits, conduisent plusieurs observateurs à penser que la crédibilité des États-Unis pourrait avoir été durablement affectée par cette guerre.

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