Artibonite, mercredi 23 juillet 2025 – La commune de Liancourt, dans le département de l’Artibonite, a connu un nouvel acte de violence sanglant perpétré par le gang armé Gran Grif de Savien, dans l’après-midi du mardi 22 juillet 2025. Au moins cinq personnes, dont trois policiers de l’Unité départementale de maintien de l’ordre (UDMO), Jean Louis Daniel, Dareus Daniel et Fegensly Mertus, ont perdu la vie.

Un blindé pris en embuscade et incendié
Les victimes se trouvaient à bord d’un véhicule blindé de la Police nationale d’Haïti (PNH), en patrouille dans plusieurs zones sensibles de la commune. Tombé dans un guet-apens tendu par les bandits, le blindé a été encerclé, violemment attaqué, puis incendié par les assaillants. Sur les six personnes présentes à l’intérieur, seul le chauffeur a réussi à s’échapper, selon des policiers réfugiés au commissariat de Liancourt.
Les criminels revendiquent l’assaut en vidéo
Peu après l’attaque, plusieurs vidéos choquantes ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant le chef du gang, Lucson Elan, en train de célébrer cet acte avec ses hommes, qu’ils considèrent comme une “victoire éclatante”. Ces images, diffusées délibérément, renforcent le climat d’impunité qui règne dans la région.
Des appels à l’aide ignorés
Selon plusieurs agents de l’UDMO, les forces de l’ordre avaient, depuis plusieurs jours, alerté les autorités centrales sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la zone. “Nous avons lancé plusieurs appels à l’aide, sans aucune réponse. Aujourd’hui encore, c’est nous qui payons de notre sang”, déplorent des policiers, marqués par des attaques répétées.
Une situation qui rappelle un précédent tragique
Cette attaque fait douloureusement écho au drame du 25 janvier 2023, lorsque six agents de la même unité avaient été tués et humiliés dans des circonstances similaires à Liancourt. Le traumatisme de ces événements reste vif au sein des forces de l’ordre et dans l’opinion publique.
Les autorités locales dans l’impasse
Le commissaire principal de Saint-Marc, Jean Jude Chéry, a exprimé son profond regret face à cette nouvelle tragédie. Il affirme que les forces de sécurité sont mobilisées “sans relâche, jour et nuit” sur le terrain, mais reconnaît la difficulté de contrer une menace imprévisible : “L’énigme, c’est toujours de savoir où et quand ces groupes armés frapperont.”
Colère et tension dans l’Artibonite
La population de l’Artibonite est en état de choc et d’indignation. Des mouvements de protestation commencent à émerger, certains appelant à la fermeture totale des bureaux administratifs de l’État en signe de révolte. Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les leaders d’opinion tentent tant bien que mal d’apaiser les esprits, sans succès évident pour l’instant. Alors, Qu’est-ce qui alourdit autant le déploiement des renforts pour des agents en détresse ? Après tant de vies fauchées parmi les forces de l’ordre dans l’Artibonite, quelles mesures concrètes les autorités attendent-elles encore pour prévenir des tragédies encore plus graves ? Combien de morts faudra-t-il avant qu’elles agissent avec la rigueur et l’urgence que la situation exige ?


