Port-au-Prince, Samedi 19 juillet 2025 — Après un séjour remarqué aux États-Unis, le ministre Alix Didier fils Aimé a regagné le sol haïtien ce jeudi, accueilli dans une ambiance tendue à l’aéroport international Toussaint Louverture. Plusieurs dizaines de manifestants étaient déjà massés devant les grilles de l’aéroport dès les premières heures de la matinée, brandissant pancartes et slogans accusateurs à l’encontre du ministre.

Une réception houleuse à l’aéroport
Le retour d’Alix Didier fils Aimé, une figure controversée du gouvernement haïtien, n’est pas passé inaperçu. À peine descendu de l’avion, l’homme politique a été confronté à une foule de manifestants venus lui exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de “gestion opaque” et “d’ingérence personnelle dans les affaires de l’État”.
Les manifestants, composés en majorité de jeunes militants, de membres de la société civile et d’anciens étudiants, scandaient des slogans appelant à plus de transparence, à la fin de la corruption, et à une véritable réforme de l’administration publique. Certains accusaient directement le ministre de se servir de ses fonctions à des fins personnelles, mettant en cause notamment son récent voyage aux États-Unis, considéré par plusieurs comme un “déplacement politique sous couverture diplomatique”.
Point de presse au salon diplomatique : un ton apaisant
Conscient de la tension palpable à l’extérieur, le ministre a rapidement convoqué un point de presse au salon diplomatique de l’aéroport. Entouré de ses collaborateurs les plus proches, Alix Didier fils Aimé s’est adressé directement à la presse, mais aussi – symboliquement – aux manifestants.
“Je comprends la frustration de la population. Je comprends la présence de nos jeunes à l’aéroport aujourd’hui. Mon retour n’est pas un signe de fuite, mais une volonté de continuer à dialoguer avec toutes les forces vives de la nation”, a-t-il déclaré dans un ton conciliant.
Le ministre a aussi promis une série de consultations publiques dans les semaines à venir, visant à “reconstruire la confiance entre les citoyens et les institutions”. Il a évoqué des “changements imminents” au sein de son ministère, bien que les détails précis de ces réformes n’aient pas été révélés.
Réactions de la société civile et des observateurs politiques
Plusieurs observateurs politiques saluent la volonté du ministre de s’adresser directement aux manifestants, mais certains restent sceptiques quant à la sincérité de ses promesses. “Ce n’est pas la première fois qu’on entend des engagements de ce genre”, a déclaré Marie-Danielle Pierre, politologue et membre d’une ONG locale. “La vraie question est de savoir si ces mots seront suivis d’actions concrètes.”
Du côté des manifestants, les réactions sont partagées. Certains ont vu dans le discours du ministre un premier pas vers un dialogue national, tandis que d’autres y voient une stratégie de communication pour gagner du temps face à la pression populaire croissante.
Contexte politique instable
Le retour du ministre s’inscrit dans un contexte politique extrêmement fragile en Haïti, marqué par une recrudescence des violences, des manifestations sporadiques, et une instabilité institutionnelle croissante. Plusieurs ministères sont pointés du doigt pour leur inaction ou leur mauvaise gouvernance, et les appels à une transition politique deviennent de plus en plus pressants.
Alix Didier fils Aimé revient au pays au moment où la confiance de la population envers la classe politique est au plus bas. Son discours prometteur ne suffira pas à calmer les tensions sans prendre des mesures concrètes. Les jours à venir seront décisifs : soit le ministre parvient à ouvrir un véritable dialogue national, soit la rue continue de faire entendre sa voix, avec encore plus de force.
Le retour du Premier ministre Alix Didier fils Aimé marque-t-il le début d’une volonté réelle de dialogue et de changement, ou s’agit-il d’une manœuvre politique destinée à apaiser momentanément la colère populaire?


