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Téhéran rejette la proposition du plan de paix américain

Le conflit au Moyen-Orient est entré dans sa 27e journée ce jeudi, marqué une nouvelle fois par de fortes tensions. L'armée israélienne continue de mener des attaques en Iran et au Liban, faisant au moins une dizaine de morts. Les gardiens de la révolution ont quant à eux mené plusieurs attaques contre des cibles en Israël, au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie.  L’administration Trump semble vouloir entrer dans une période de négociation. Un plan de paix de Washington en 15 points a été transmis à Téhéran par l'intermédiaire du Pakistan.

Le conflit au Moyen-Orient est entré dans sa 27e journée ce jeudi, marqué une nouvelle fois par de fortes tensions. L’armée israélienne continue de mener des attaques en Iran et au Liban, faisant au moins une dizaine de morts. Les gardiens de la révolution ont quant à eux mené plusieurs attaques contre des cibles en Israël, au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie. 

L’administration Trump semble vouloir entrer dans une période de négociation. Un plan de paix de Washington en 15 points a été transmis à Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan. 

Donald Trump lors d'une déclaration à la Maison Blanche, le 24 mars 2026, à Washington (Etats-Unis). (JIM WATSON / AFP)
Donald Trump lors d’une déclaration à la Maison Blanche, le 24 mars 2026, à Washington (Etats-Unis). (JIM WATSON / AFP)

Un plan de paix américain de 15 points

Selon plusieurs médias, le contenu du plan de paix proposé n’est pas précis. Toutefois, il couvre plusieurs points cruciaux, dont 5 qui couvrent le programme nucléaire iranien. Le plan prévoit l’arrêt du soutien de Téhéran aux alliés régionaux, le Hamas et le Hezbollah plus précisément. 

Selon deux responsables pakistanais qui ont pris part à la transmission de ce plan à l’Iran, il contient un recul du programme nucléaire iranien, des limitations aux missiles et la réouverture du détroit d’Ormuz. Le plan suggère également un cessez-le-feu d’un mois selon plusieurs sources, dont le New York Times et Channel 12, une chaîne israélienne. Ce mois de répit permettrait la conduite des négociations. En contrepartie, Téhéran aura un allègement des sanctions internationales à son encontre. 

Seul l’Iran décidera de la fin de la guerre

La proposition de paix a été rejetée par l’Iran, selon ce qu’a communiqué un responsable du gouvernement iranien sous couverture d’anonymat. “L’Iran mettra fin à la guerre quand il le décidera et selon ses propres conditions”, a-t-il déclaré. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui avait déjà mené des pourparlers pour l’Iran entre les États-Unis avant la guerre, ne s’est pas encore exprimé sur ce sujet. 

Malgré les déclarations de négociations, et les menaces à peine voilées de la Maison-Blanche, l’Iran reste méfiant face aux Etats-Unis. Le pays a déjà été attaqué à deux reprises par les américains, alors qu’ils étaient en instance de négociation. 

Une contre-offre iranienne de cinq points

Par ailleurs, selon Press TV, une contre-offre aurait été formulée par le gouvernement iranien. Cette dernière s’étale sur cinq points et inclut des garanties de non-agression, des réparations de guerre, la fin des hostilités, et la pleine souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz. 

Parallèlement, l’Iran à allégé le passage au détroit d’Ormuz, permettant aux navires non hostiles à y circuler sous conditions de sécurité. Dans un communiqué publié ce mardi, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que les navires non hostiles pouvaient emprunter le détroit d’Ormuz, à condition de respecter les règles de sûreté et de sécurité. 

Ce communiqué a été transmis à l’Organisation maritime internationale (OIM), qui l’a fait transmettre à ses Etats membres. 

Après l’annonce de cet assoupissement par l’Iran, le baril de Brent est repassé sous la barre des 100 dollars

Le Moyen-Orient coincé entre les attaques

Sur le terrain, l’armée israélienne continue de mener des attaques en Iran et au Liban. Des attaques menées au sud du Liban dans la soirée du mardi, auraient fait au moins 9 morts, et plusieurs dizaines de blessés selon l’Agence nationale d’information (ANI). Trois dans la région de Nabatiyeh, quatre à Aadloun, au sud de la ville de Saïda, et deux dans un camp de réfugiés de Mieh Mieh. 

Des attaques ont également été menées en Iran par le Tsahal contre les bases militaires iraniennes, selon le communiqué de l’armée israélienne. 

L’Iran, de son côté, a intensifié ses frappes contre certaines infrastructures des pays du Golfe. La télévision d’État iranienne Irib, fait état de plusieurs attaques conduites par  les Gardiens de la révolution en Israël, en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn. Ces attaques ont été menées grâce à des missiles à guidage de précision à propergol liquide et solide, ainsi que des drones d’attaque.

De la fumée s'élève au dessus de Kuwaït City après des frappes iraniennes sur un réservoir d'essence, 25 mars 2026. © AP Photo
De la fumée s’élève au dessus de Kuwaït City après des frappes iraniennes sur un réservoir d’essence, 25 mars 2026. © AP Photo

L’aéroport de Koweït a été touché par un drone, provoquant une incendie d’un réservoir de carburant selon ce qu’ont annoncé les autorités émiraties. Aucune victime n’a toutefois été signalée. 

Quoi espérer des négociations qui sont actuellement en cours selon Trump?

Les négociations actuelles, selon plusieurs observateurs, sont menées sans le soutien d’Israël. Pour le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, le démantèlement du Hezbollah est une question centrale. Il a déclaré qu’ils étaient prêts à changer fondamentalement la situation au Liban ce mercredi soir. Le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, a déclaré qu’ils mèneront des opérations au Liban jusqu’au désarmement du Hezbollah. Selon les autorités libanaises, depuis le 2 mars, plus de 1 000 personnes ont été tuées au Liban et des centaines de milliers ont fui leur maison dans le sud du pays.

Ces déclarations renforcent l’idée selon laquelle Israël n’est pas prêt de mettre fin à la guerre. Sur le plan politique, certains jugent que les objectifs du premier ministre israélien dépassent les impératifs de sécurité. Ses intentions viseraient à consolider sa position à l’approche d’échéances électorales. Selon certains médias israéliens, l’armée israélienne pourrait mobiliser près de 400 000 réservistes jusqu’à la fin mai en vue d’une offensive militaire de grande ampleur au Liban.

Or, si ces négociations sont contraires au plan d’Israël, aboutiront-elles vraiment? Israël, selon toute vraisemblance, continuera d’assassiner les dirigeants iraniens avec lesquels négocier. Ce qui pose un problème de fond. Donald Trump a certes mis sur le dossier son envoyé spécial Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le secrétaire d’État Marco Rubio, et le vice-président JD Vance. Mais la grande question reste comment concilier deux alliés aux objectifs différents sur une même question?

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