En déplacement en Haïti, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, a dressé un constat alarmant de la situation du pays. Il a décrit une crise marquée par l’expansion de la violence des gangs, la paralysie de plusieurs zones de la capitale et une détérioration rapide des conditions de vie. Selon les données évoquées, des millions de personnes sont aujourd’hui affectées par l’insécurité alimentaire et environ 1,5 million d’Haïtiens ont été déplacés à l’intérieur du pays.

Rencontre avec les populations déplacées et message d’excuses
Lors de sa visite dans un site accueillant des déplacés à Port-au-Prince, António Guterres a échangé directement avec des familles victimes de la violence, vivant dans des conditions précaires et surpeuplées. Il a exprimé ses regrets, allant jusqu’à présenter ses excuses pour l’incapacité de la communauté internationale à mobiliser une réponse suffisante face à leur souffrance. Il a insisté sur le fait que ces populations n’attendent pas seulement de la compassion, mais des actions concrètes.
Une crise humanitaire aggravée par le manque de financement
Le chef de l’ONU a souligné que le plan humanitaire destiné à Haïti pour 2026, estimé à environ 880 millions de dollars, n’est financé qu’à une fraction de ses besoins. Il a alerté sur les conséquences de ce sous-financement, qui limite fortement l’assistance aux populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants particulièrement exposés aux violences, aux déplacements et à la précarité alimentaire.
Appel à une mobilisation internationale renforcée
António Guterres a exhorté la communauté internationale à renforcer son engagement en Haïti, notamment à travers un soutien financier accru et un appui plus efficace aux dispositifs de sécurité en cours de déploiement. Il a mis en avant la nécessité d’accompagner les forces locales et internationales dans la lutte contre les groupes armés, tout en soulignant que la sécurité reste une condition essentielle à toute stabilisation durable.
Soutien à la transition politique et aux élections
Au-delà de la dimension sécuritaire, le Secrétaire général a insisté sur l’importance d’une avancée politique rapide. Il a encouragé les autorités haïtiennes et les différents acteurs nationaux à accélérer le processus de transition afin de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles et inclusives, considérées comme indispensables pour restaurer la légitimité des institutions démocratiques.
Une crise globale aux impacts multiples
Dans son intervention, il a rappelé que la situation en Haïti ne se limite pas à l’insécurité, mais touche également l’éducation, la santé, l’économie et la cohésion sociale. Il a évoqué une population confrontée à des difficultés extrêmes au quotidien, dans un contexte où les infrastructures publiques sont fragilisées et où les services de base sont souvent inaccessibles.
Le responsable onusien a également visité des zones sous contrôle de la nouvelle force de sécurité en déploiement, destinée à lutter contre les gangs. Il a salué les efforts des forces locales et internationales, tout en appelant à une meilleure coordination, formation et dotation en ressources.
Un message final entre inquiétude et espoir
Malgré la gravité du tableau dressé, António Guterres a insisté sur la possibilité d’un redressement. Il a affirmé que la situation peut évoluer si la communauté internationale assume pleinement ses responsabilités et si les acteurs haïtiens parviennent à avancer vers une solution politique inclusive. Il a conclu son message en réaffirmant le soutien continu des Nations Unies à Haïti, dans une logique d’accompagnement vers la stabilité, la sécurité et la reconstruction institutionnelle.


