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Saut-d’Eau privée de pèlerinage : les chefs de  gangs prennent la place des pèlerins

Ce mercredi 16 juillet 2025, la commune de Saut-d’Eau, haut lieu de spiritualité dans le Plateau Central, n’a pas pu célébrer sa traditionnelle fête en l’honneur de Notre-Dame du Mont-Carmel. Habituellement, à cette période, des milliers de pèlerins, venus des quatre coins d’Haïti et de la diaspora, convergent vers cette ville sacrée, animés par la foi et l’espoir de guérison. Mais cette année, aucun chant religieux, aucune procession, aucune immersion dans les eaux bénites n’a eu lieu. Le silence a remplacé la ferveur.

Ce mercredi 16 juillet 2025, la commune de Saut-d’Eau, haut lieu de spiritualité dans le Plateau Central, n’a pas pu célébrer sa traditionnelle fête en l’honneur de Notre-Dame du Mont-Carmel. Habituellement, à cette période, des milliers de pèlerins, venus des quatre coins d’Haïti et de la diaspora, convergent vers cette ville sacrée, animés par la foi et l’espoir de guérison. Mais cette année, aucun chant religieux, aucune procession, aucune immersion dans les eaux bénites n’a eu lieu. Le silence a remplacé la ferveur.

Une commune sous occupation armée

À l’origine de ce bouleversement : la prise de contrôle total de la commune par les groupes armés “Talibans de Canaan” et “400 Mawozo”. Ces gangs ont établi leur domination sur la zone, bloquant les accès et terrorisant la population. Récemment, la situation s’est encore aggravée avec l’apparition dans la commune de Jimmy “Barbecue” Chérizier, chef notoire de la coalition criminelle “Viv Ansanm”, aperçu en pleine circulation dans les rues de Saut-d’Eau — une présence choquante, lui dont le fief est pourtant situé à Delmas 3, à plus de 50 kilomètres.

L’indignation de la mairesse et l’appel à l’unité

Face à cette situation dramatique, la mairesse de Saut-d’Eau, Marie Andrée Ruth Thélus, a exprimé sa profonde tristesse dans une déclaration faite à Radio Télé Galaxie. « Aujourd’hui, on devrait entendre des tambours, voir des familles, sentir la foi. Au lieu de ça, on vit dans la peur et le silence », a-t-elle regretté, émue. Elle a lancé un appel pressant à l’unité des forces politiques, sociales et institutionnelles pour lutter efficacement contre les gangs armés et permettre aux déplacés de Saut-d’Eau et de Mirebalais de rentrer chez eux en toute sécurité.

Des répercussions économiques désastreuses

Au-delà de la perte spirituelle, l’annulation du pèlerinage a porté un coup dur à l’économie locale. Chaque année, la fête attirait commerçants, artisans, hôteliers et restaurateurs, qui profitaient de l’afflux de visiteurs pour faire vivre leurs familles. Cette année, tout ce tissu économique a été paralysé. Pour de nombreuses familles, il s’agit d’un manque à gagner majeur, dans une région déjà confrontée à une extrême précarité.

Saut-d’Eau, un symbole national profané

Autrefois perçue comme une terre de grâce et de traditions, Saut-d’Eau est aujourd’hui l’illustration criante de la défaillance de l’État haïtien et de l’échec du système de sécurité. Ce qui se joue dans cette commune dépasse une simple perte de territoire : c’est une atteinte à l’âme même d’une nation, à une culture, à une foi, à une mémoire collective. En empêchant le déroulement de cette fête sacrée, les gangs ne se contentent pas de semer la terreur : ils effacent un pan vital de l’identité haïtienne.

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