Depuis quelques mois, plusieurs organisations dont l’UNICEF, l’Amnesty, alertent sur une famine inédite dans la bande de Gaza. Théâtre d’un conflit meurtrier depuis le 7 octobre 2023, Gaza est aujourd’hui une enclave de désolation. Le blocus qu’a imposé Israël a fait dégrader au plus bas les conditions de vie. Selon l’IPC, une famine de phase 5 touche 470 000 personnes, alors que 100 000 femmes et enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère.

Une enclave affamée dans l’indifférence la plus totale
Frappée par des années de guerre et de blocus, l’enclave palestinienne fait face à une famine sans précédent. Depuis près d’un an, les agences de l’ONU et l’IPC envoient des signaux à la communauté internationale sur le risque de famine à Gaza. Le 2 mars dernier, Israël coupe toute entrée d’aide humanitaire. Ce blocus provoque une flambée des prix alimentaires, et aggrave la situation de famine déjà importante.
En avril, le programme alimentaire mondial annonce avoir épuisé toutes ses ressources. La situation devint très critique. Le rapport de l’IPC du 12 mai alerte sur une insécurité alimentaire. Ce rapport classe 24% (soit 495 000) de la population en phase 3, 54% (soit 1 135 000) en phase 4, et 22% (soit 469 500) en phase 5.
A partir du mois de mai, la famine qui était plus dévastatrice dans le nord s’étend au reste du territoire, et près d’1 million de personnes connaissait une situation d’insécurité alimentaire extrême. Le nombre d’enfants pris en charge contre la malnutrition atteignait en juin son plus haut niveau, près de 6 500 enfants admis. Il n’aura fallu que 2 semaines en juillet pour que 5 000 soient admis.
Famine déclarée, Benjamin Netanyahu ne dit mot
17 agences de l’ONU, et de nombreuses ONG ont participé au rapport de l’IPC. Cela n’a point suffi à convaincre Israël à ouvrir les couloirs humanitaires.
Catherine Russel, la Directrice générale de l’UNICEF déclare que : “ Le risque de famine ne survient pas soudainement. Il se développe progressivement dans les endroits où l’accès à la nourriture est bloqué, où les systèmes de santé se sont effondrés, et où les enfants sont privés du strict minimum pour survivre. La faim et la malnutrition aiguë sont une réalité quotidienne pour les enfants de la bande de Gaza. Nous avons tiré la sonnette d’alarme à maintes reprises et appelons de nouveau toutes les parties à prévenir cette catastrophe.”
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé ce mercredi 23 juillet qu’une grande partie de la population mourrait déjà de faim. Une famine qui ne fait pas de distinction parmi ces victimes, enfants, journalistes, humanitaires, tout le monde y passe.
Jean-Guy Vataux, le chef de mission Médecin Sans Frontières (MSF) pour la Palestine et Jérusalem insiste sur le fait que c’est une famine créée. Il appuie ses propos en établissant une différence entre le Soudan, où la crise découle de facteurs politiques et d’une économie de guerre, et Gaza qui est victime d’un verrouillage de l’aide humanitaire par Israël.
En effet, dans les corridors humanitaires, plus de 116 000 tonnes d’aide alimentaire n’attendent qu’à être distribuées. Ce qui est suffisant pour nourrir pendant 4 mois 1 million de personnes.
Israël accusé de créer la famine et le chaos
L’ONU pointe du doigt Israël pour avoir tué près de 1 000 personnes qui tentaient de récupérer de la nourriture près des sites de distribution. Amnesty International de son côté, a fait sortir une note dans le même sens, accusant l’armée israélienne d’avoir tué en moins de 4 semaines plus de 500 Palestiniens(nes), et blessé près de 4 000 qui essayaient d’accéder à de la nourriture ou de la distribuer.
Les images des enfants asséchés par la faim, et d’autres en train de fouiller les poubelles en quête de morceaux de pain ont envahi les réseaux. Cela a provoqué un émoi chez les internautes, et beaucoup de personnalités se sentent concernés par la situation.
Ce lundi 28 juillet, le premier ministre israélien a déclaré qu’il n’y a pas de famine à Gaza. Ce à quoi Donald Trump avait déclaré que les enfants de Gaza semblaient avoir très faim.
Toutefois, depuis hier dimanche, l’organisme du ministère israélien de la défense qui supervise l’entrée de l’aide a annoncé sur X que 120 camions transportant des denrées ont été distribués, et que 180 autres sont entrés à Gaza ce lundi.
Samuel Mintor


