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État de famine déclaré à Gaza

l’ONU a déclaré officiellement la famine à Gaza. Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), la ville de Gaza, des parties du Sud et le centre de l’enclave palestinienne sont en état de famine. C’est la première fois qu’une famine est officiellement déclarée dans la région du Moyen-Orient.

Ce vendredi 22 août 2025, l’ONU a déclaré officiellement la famine à Gaza. Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), la ville de Gaza, des parties du Sud et le centre de l’enclave palestinienne sont en état de famine. C’est la première fois qu’une famine est officiellement déclarée dans la région du Moyen-Orient.

Le corps de Zainab Abu Halib, un bébé de 5 mois mort de malnutrition, à l’hôpital Nasser, Khan Younès, dans la bande de Gaza, le samedi 26 juillet 2025. MARIAM DAGGA / AP
Le corps de Zainab Abu Halib, un bébé de 5 mois mort de malnutrition, à l’hôpital Nasser, Khan Younès, dans la bande de Gaza, le samedi 26 juillet 2025. MARIAM DAGGA / AP

Quand est-ce qu’on parle de famine?

L’IPC est un organisme indépendant développé en 2004 par l’ONU et des ONG, il a sa base à Rome. C’est le système qui permet de classer la gravité de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition. Pour qu’on parle de famine, ce système considère qu’au moins trois conditions doivent être remplies. Il faut : 

1) un manque de nourriture extrême touche au moins 20 % des foyers (1 sur 5);

2) au moins 30 % ( 1 sur 3) des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë;

3) que sur 10 000 personnes, au moins deux meurent de faim chaque jour.

Une famine qui ira de mal en pis

Actuellement, la majorité de la population de Gaza fait face au deuxième niveau de famine le plus élevé sur l’échelle, soit la phase 4. Cette situation concerne environ 1,07 million de personnes. Selon les prévisions de nombreuses organisations, entre mi-août et fin septembre, cette situation va se détériorer. Le nombre de personnes en situation d’urgence devra passer à 1,14 million, alors que près de 641 000 personnes (soit un tiers de la population) feront face à des conditions catastrophiques.

Depuis des mois, des organisations et des rapports annoncent qu’une famine est en cours à Gaza. Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien avait  nié une politique de famine menée à Gaza par son gouvernement. Il qualifiait ces informations de mensonges propagés par le Hama. Toutefois, selon les données dont dispose l’IPC maintenant, l’état de famine est déclaré.

La responsabilité de cette famine incombée à Israël

Tom Fletcher, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, affirme que la famine aurait pu être évitée sans l’obstruction systématique d’Israël. L’IPC dans son rapport, confère cette famine à une cause humaine. Quoique lorsqu’une famine est déclarée il est déjà trop tard, l’organisme juge que celle-ci, du fait de la responsabilité humaine, peut être stoppée et inversée.

“La famine de Gaza est la famine mondiale. C’est une famine qui nous demande : mais qu’avez-vous fait ? Une famine qui nous hantera tous, et qui doit nous hanter, car c’est une famine prévisible et évitable. Une famine causée par la cruauté. Justifiée par la vengeance. Alimentée par l’indifférence et entretenue par la complicité”, a ajouté Tom Fletcher.

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres de son côté a déclaré: “Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer en toute impunité. Il n’y a plus d’excuses. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat, de la libération immédiate de tous les otages et d’un accès humanitaire total et sans entrave».

1 857 Palestiniens ont été tués en cherchant la nourriture entre le 27 mai et le 17 août selon l’ONU. Le 7 août, Médecins Sans Frontière (MSF) avait dénoncé des tueries organisées dans certains sites de distribution alimentaire gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF).

Par ailleurs, l’IPC avertit que les distributions alimentaires qui se font par largages aériens ne pourront pas empêcher la catastrophe humanitaire. Il faut privilégier les acheminements par la route qui sont plus efficaces, moins dangereux et moins coûteux. 


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