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Pari perdu pour François Bayrou: Il devra démissionner

Depuis l’annonce du premier ministre français, François Bayrou, de se soumettre à un vote de confiance, son gouvernement était sur le fil. Durant près de deux semaines, les partis politiques ont appelé à son renversement, et ce malgré une tentative de rapprochement de sa part.  Ce lundi 8 septembre, après le discours du premier ministre, les présidents (tes) des partis ont discourus, et il n’y a pas eu de surprise quant à leurs positions sur le vote.

Depuis l’annonce de François Bayrou de se soumettre à un vote de confiance, son gouvernement était sur le fil. Durant près de deux semaines, les partis politiques ont appelé à son renversement. Et ceci malgré une tentative de rapprochement de sa part. 

Le premier ministre, François Bayrou, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 septembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »
Le premier ministre, François Bayrou, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 septembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Ce lundi 8 septembre, après le discours du premier ministre, les présidents (tes) des partis ont discourus. Il n’y a pas eu de surprise quant à leurs positions sur le vote. 

Comment s’est déroulé la programmation à l’hémicycle français

Réunis au Palais-Bourbon, Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale à ouvert la session extraordinaire. Cette session a été convoquée le 27 août 2025 par décret du président de la république. Elle a ensuite donné la parole au premier ministre pour l’ouverture du bal. 

A 15 heures, il a tenu son discours qui a duré 1 heure environ. S’en est suivi ceux des différentes partis politiques, avec le temps imparti à chacun. Le Parti socialiste 10 minutes, la Droite républicaine 15 minutes, les Écologistes 10 minutes, les Démocrates 15 minutes, le groupe Horizons 10 minutes, le groupe Liot 10 minutes, la Gauche démocrate et républicaine 10 minutes, le Rassemblement national 15 minutes, le groupe Ensemble pour la République 35 minutes, et les Insoumis 10 minutes. 

Après le débat, les députés se sont rendus dans des salons voisins afin de voter soit pour, contre, ou l’abstention.

Un François Bayrou sûr de son appel au vote tout en sachant qu’il n’aura pas la confiance demandée

Dans sa prise de parole, Bayrou a considéré son choix de procéder au vote non comme une décision politique, mais historique. Il a ensuite parlé de l’un des sujets les plus importants de son gouvernement, celui des budgets. En insistant sur l’importance de son budget qui prévoit un effort de 44 milliards d’euros, il a rappelé que pour la fin de la décennie, 100 milliards iront chez les créanciers pour 50 milliards créés. 

Il a également déclaré que renverser son gouvernement ne changerait rien dans la réalité. Certes, les députés ont ce pouvoir là, mais pas celui de passer outre la réalité. Vers la fin de son discours, le premier ministre semblait accepter la réalité de son départ. 

“J’ai choisi de m’adresser à vous comme si le destin n’était pas écrit. “Comme si la réponse de l’Assemblée nationale à l’engagement de responsabilité n’avait pas été annoncée à cor et à cri, sur tous les tons et toutes les antennes, de la part du plus grand nombre des groupes de cette Assemblée”, a-t-il déclaré. Néanmoins, il a appelé à l’évitement des clivages, et à prioriser les compromis. Le seul chemin est celui de la vérité et du courage.

Une assemblée nationale très divisée

A la fin du discours du premier ministre, le président du parti socialiste, Boris Vallaud a pris la parole. Dans son allocution, il a accusé le gouvernement d’avoir affaibli le pays. “En 2017, le déficit était en dessous des 3 %. Il est à plus de 5,2 % aujourd’hui. La protection sociale était excédentaire, la voici déficitaire et la dette a augmenté de 1000 milliards” a-t-il rappelé. Il a ensuite conclu sur le fait que les socialistes sont prêts à servir, et que le moment est venu pour qu’ils rentrent à Matignon.

Laurent Wauquiez, le président de la Droite républicaine, s’est dit inquiet de l’instabilité politique dans son discours. Il a aussi profité pour rappeler que les élus de droite ne vont pas composer avec les insoumis et les socialistes. Le député de Haute-Loire estime que Jean-Luc Mélenchon n’attend que le chaos. LFI représente selon lui le premier danger politique pour la France.

Pour la présidente des écologistes, Cyrielle Chatelain, le départ de François Bayrou est un soulagement. Elle a appelé à choisir dans la gauche pour une cohabitation qui suit la logique.

Marc Fesneau, le président des démocrates (MoDem) a appelé quant à lui à ne pas creuser encore plus la dette. Proche du premier ministre, il a rappelé que le combat de la dette était celui de la vie de François Bayrou. Le président des députés Horizons, Paul Christophe, a appelé à ne pas chercher une solution miracle.

Quant à Eric Ciotti, le président de l’Union des droites, il juge responsables le premier ministre et le président de l’incendie, et que par conséquent ils ne sauraient l’éteindre. “Vous n’êtes pas l’homme du redressement. Vous êtes au contraire, avec Emmanuel Macron, les artisans de la débâcle française”, a-t-il déclaré.

Marine le Pen, la présidente du Rassemblement national a tenu un discours dans lequel elle voit la fin d’un gouvernement fantôme. Pour elle, les dirigeants de droite comme de gauche sont coupables. Fidèle à leur position, la cheffe du RN a appelé le président français à dissoudre l’Assemblée nationale. Un scénario qu’elle considère comme une obligation pour éviter l’enlisement de l’Etat.

A la tribune après Marine le Pen, le président de Renaissance, Gabriel Attal, a appelé à des compromis et des convergences. Dans son discours, il prône une  union de toutes les forces républicaines.

La présidente des députés insoumis, Mathilde Panot, a appelé à la démission pure et simple d’Emmanuel Macron. Elle s’est par ailleurs félicitée de ce que son groupe n’a voté aucun budget depuis huit ans.

Après le défilé des différents leaders des partis politiques, François Bayrou a pris la parole pour y répondre. Le premier ministre a demandé aux députés de sortir de la violence et du mépris. Ensuite, il a remercié son gouvernement en évoquant neuf mois de pur bonheur.

Une défaite écrasante

Sans grande surprise, la lecture du vote a donné 364 voix contre, 194 pour et 15 abstentions. Les députés n’ont donc pas accordé leurs confiance au premier ministre désormais démissionnaire. Conformément à l’article 50 de la Constitution, il devra remettre dès demain la démission de son gouvernement au président de la république.

Ce vote aura marqué l’histoire. Pour la première fois sous la Vème république, un premier ministre perd un vote de confiance à l’assemblée nationale qu’il a lui-même provoqué. 

Dans la foulée, Emmanuel Macron a pris connaissance de la démission du gouvernement, et cherche un successeur à Bayrou. Ce qui écarte l’option de la dissolution de l’Assemblée nationale et de sa démission.


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