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Madagascar: Manifestations, émeutes et pillages, la Gen Z demande des comptes

Depuis le 25 septembre, des milliers de manifestants protestent contre le gouvernement malgache. La mobilisation dénommée “Gen Z” est née des réseaux sociaux. Des affrontements meurtriers ont eu lieu entre les manifestants et les policiers. La revendication des manifestants porte sur un changement de vie. Ils expriment leurs mécontentements face aux coupures d'eau et d'électricité.

Depuis le 25 septembre, des milliers de manifestants protestent contre le gouvernement malgache. La mobilisation dénommée “Gen Z” est née des réseaux sociaux. Des affrontements meurtriers ont eu lieu entre les manifestants et les policiers. La revendication des manifestants porte sur un changement de vie. Ils expriment leurs mécontentements face aux coupures d’eau et d’électricité.

Rijasolo Agence France-Presse Lancé contre les incessantes coupures d’eau et d’électricité, le ras-le-bol déborde. Près du quartier central d’Ambohijatovo, où les différents groupes de manifestants étaient appelés à converger, la foule scandait mardi «Rajoelina, dégage!»
Rijasolo Agence France-Presse Lancé contre les incessantes coupures d’eau et d’électricité, le ras-le-bol déborde. Près du quartier central d’Ambohijatovo, où les différents groupes de manifestants étaient appelés à converger, la foule scandait mardi «Rajoelina, dégage!»

Que s’est-il passé réellement à Madagascar ?

Le 19 septembre, deux élus de l’opposition ont été interpellés. Ils revendiquaient les manques d’eau et d’électricité qui sévissent la capitale. Leurs arrestations et les heurts entre la police et des étudiants de l’Ecole supérieure polytechnique le 24 septembre, ont nourri les colères de la population. Ces évènements ont occasionné un appel massif via les réseaux à la mobilisation par un mouvement appelé “Gen Z”. Le 25 septembre, des milliers de jeunes ont envahi les rues réclamant une meilleure condition de vie. 

Affrontements meurtriers entre la police et les manifestants

Plusieurs grandes villes du pays ont connu des mouvements de revendication. Malgré l’interdiction de manifester, des milliers de jeunes ont envahi les rues d’Antananarivo. Pour réprimander les manifestants, la police a usé de violence et de gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes ont été arrêtées dont un député d’un petit parti. Les manifestations ont tourné au vinaigre et plusieurs scènes de pillages ont eu lieu.

 “Dès qu’on bouge, on est encerclés. Dès qu’on parle, on nous bâillonne. On va accepter ça encore combien d’années sans que rien ne change ?”, se demande l’un des manifestants.

Une population en souffrance depuis trop longtemps

Des participants aux manifestations qui ont parlé au micro de l’AFP racontent que la situation qui s’est passée au Népal dernièrement a été initiatrice de leur mouvement. Depuis longtemps, ils voulaient manifester, mais ils avaient peur. Ils s’étaient trouvé des prétextes pour ne pas participer dans des mouvements de protestation. 

“On a été terrorisés par la peur pendant plusieurs années et encore maintenant. En tant que millennial, je suis quelque part un peu en colère contre moi-même parce que pendant des années j’ai vu ce qu’il s’est passé et je n’ai rien fait”, raconte Meva à l’AFP, une ingénieure agronome. Sous le pseudo Luffy, un autre manifestant a insisté sur la corruption qui démange le pays. 

“On veut vraiment du changement, un état de droit, de la justice pour tous. C’est pour ça que ce n’est plus un mouvement uniquement de la Gen Z”, estime une autre manifestante.

Il faut noter que le Madagascar est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Malgré ses richesses naturelles, près de 75% de la population vivait en 2022 sur le seuil de la pauvreté, selon la Banque mondiale. Et en ce qui concerne la corruption, selon Transparency International, le Madagascar est classé 104e sur 180 pays.

Malgré le renvoi du gouvernement, le ,mouvement n’en démord pas

Lundi soir, à la télévision nationale,  le président de l’île, Andry Rajoelina, a annoncé le limogeage de tout son gouvernement. Mais cela n’a pas pour autant satisfait les manifestants. Mardi matin de très tôt, des centaines de manifestants se sont rassemblés pour réclamer le départ du président lui-même. Selon Meva, le président essaie de les amadouer et de les diviser. Le président veut jeter la faute sur le gouvernement. Toutefois, ils considèrent qu’une petite bataille a été gagnée.

Le président, il faut le noter, était arrivé au pouvoir pour la première fois en 2009, suite à un mouvement de protestation. Ancien maire de la ville Antananarivo, Andry Rajoelina a été installé par des militaires au pouvoir jusqu’à 2014. Il va se faire élire président en 2014, puis 2018 pour un résultat jugé peu crédible. 

“Monsieur Andry Rajoelina, quand c’est vous qui meniez les manifestations, on vous laissait faire, c’était OK, mais quand c’est nous les jeunes qui nous battons pour le pays, vous nous en empêchez “, pointe du doigt une jeune manifestante. Cette protestation vient du fait qu’on les avait qualifié de débiles sur tik tok. 

Selon l’ONU, près de 22 personnes ont été tuées depuis le début de ces manifestations. L’usage de cette violence face aux manifestants est condamné par l’ONU.  

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