Depuis le 27 septembre, le Maroc fait face à une vague de revendications des jeunes. Rabat, Casablanca, Marrakech ou encore Agadir, toutes ces villes sont secouées par la violence des réactions entre les forces de l’ordre et les manifestants. Leurs réclamations portent sur une amélioration du système éducatif, de la santé et de la justice sociale. Le mouvement répond à l’appel lancé par la Gen Z 212.

C’est quoi la Gen Z 212 ?
La génération Z représente les personnes nées entre 1997 et 2012. Au Maroc, cette génération représente 8 millions de la population. En ce qui concerne le 212, il s’agit de l’indicatif téléphonique marocain. Selon le média marocain Media24, les fondateurs du mouvement rassemblent plus de 9000 membres sur la plateforme Discord.
Que réclame la Gen Z 212 ?
Ce mouvement de mobilisation a mis des milliers de jeunes dans les rues de plusieurs villes marocaines. Le mouvement, quoique lancé sur les réseaux, a eu un élan à cause de la mort de 8 femmes enceintes dans l’intervalle de 10 jours, dans le plus grand centre hospitalier d’Agadir. Ce drame survenu à l’hôpital Hassan II a mis un feu à la ferveur des manifestants. Mais il montre également la défaillance du système sanitaire marocain. Leurs revendications portent ainsi sur ces problèmes économiques, et de justice sociale.
Le Maroc malgré ses avancées considérables ces dernières années, a un taux de chômage plutôt élevé. Selon le haut commissariat au plan, près de 35% en 2025 des jeunes entre 18 et 24 ans sont au chômage. Dans leurs réclamations, ils jugent inconcevable que le gouvernement marocain investisse dans des projets trop loin de leurs priorités.
En effet, au vu de la coupe du monde de 2030 que le Maroc va co-organiser avec l’Espagne et le Portugal, le gouvernement a lancé des infrastructures de grande envergure. Ces infrastructures visent la construction de stades, ou encore de lignes TGV. Ils jugent également que les investissements lancés dans l’hydrogène vert, l’intelligence artificielle, ou encore et les data centers ne résolvent pas les problèmes auxquels ils font face.
Le gouvernement marocain mis à l’épreuve
Le gouvernement de Aziz Akhannouch est très critiqué dans les revendications des manifestants. Les jeunes demandent le départ du premier ministre qui, selon eux, priorise ses intérêts au lieu de ceux du pays. À Rabat, Marrakech, Casablanca et Agadir, plusieurs scènes de violence ont circulé sur les réseaux sociaux. Plusieurs jeunes ont affronté les forces de l’ordre à coup de projectiles. Des voitures ont été incendiées et renversées, et des commerces ont pillés. Les autorités ont interpellé plus de 500 personnes durant ces manifestations.
Le premier ministre a tenu un discours dans lequel il reconnaît la gravité de la situation. Il a également évoqué une atteinte à la sécurité et à l’ordre public, avec des centaines de blessés parmi les forces de l’ordre, des dégâts matériels et le décès de trois personnes. Le gouvernement, selon lui, veut protéger les droits et les libertés d’expression, et ouvrir un processus de dialogue avec la jeunesse, afin de répondre à leurs revendications dans un cadre social et institutionnel.
Aujourd’hui encore, des manifestations ont eu lieu dans différentes villes marocaines. Rien ne semble indiquer pour l’heure un changement dans la tendance.
D’autres pays tels que le Madagascar, et le Népal viennent de vivre des manifestations violentes face aux protestations de leurs jeunesses.


