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Brésil – Une opération militaire musclée fait sensation

Les forces de police ont mené une vaste opération dans deux ensembles de favelas du nord de Rio de Janeiro au Brésil. Selon les premières informations communiquées, plus de 119 morts sont à déplorer, parmi lesquels quatre agents des forces de l’ordre. Le président Lula s’est dit sidéré de ce bilan. C’est une opération inédite dans l’histoire de cette ville. 

Rio de Janeiro, mardi 28 octobre – Les forces de police ont mené une vaste opération dans deux ensembles de favelas du nord de Rio de Janeiro au Brésil. Selon les premières informations communiquées, plus de 119 morts sont à déplorer, parmi lesquels quatre agents des forces de l’ordre. Le président Lula s’est dit sidéré de ce bilan. C’est une opération inédite dans l’histoire de cette ville. 

PHOTO SILVIA IZQUIERDO, ASSOCIATED PRESS Des dizaines de dépouilles récupérées par des habitants ont été disposées mercredi près de l’une des principales voies d’accès au Complexo da Penha.
PHOTO SILVIA IZQUIERDO, ASSOCIATED PRESS/Des dizaines de dépouilles récupérées par des habitants ont été disposées mercredi près de l’une des principales voies d’accès au Complexo da Penha.

Une opération militaire monstrueuse

A l’aube, dans les complexes de favelas de l’Alemao et de la Penha, dans le nord de Rio de Janeiro, les habitants ont été réveillés par des rafales de tirs. Deux hélicoptères survolaient l’espace aérien dans une opération monstre. Elle était composée de 32 véhicules blindés, et de 2 500 agents de police civile et militaire, lourdement armés. Les forces de police, à la recherche des chefs du Comando Vermelho, l’une des principales factions criminelles du Brésil, ont mené une opération sanglante. 

Une intervention policière au bilan lourd

L’opération a duré plusieurs heures, et a fait beaucoup de morts. Dans une vidéo publiée sur X par un chauffeur de taxi nommé Carlos, qui désire rester anonyme, on pouvait voir beaucoup de cadavres ensanglantés, gisant à même le sol dans les forêts. Les autorités font état d’une centaine de narcotrafiquants tués et 4 policiers, et la saisie de près de 100 fusils d’assaut. Toutefois, ce chiffre a été revu à la hausse, amenant le nombre de morts à 132 selon les services du Défenseur public, organe de l’État de Rio qui offre une assistance juridique aux plus démunis.

Selon plusieurs témoins, l’opération était un massacre. Plusieurs des victimes seraient éxécutées froidement par les policiers. Beaucoup d’entre eux ont été tués d’une balle dans la nuque, un tir dans le dos », à rapporté Raull Santiago, un activiste du quartier. L’avocat Albino Pereira Neto qui représente trois familles ayant perdu un de leurs membres, a affirmé que des personnes ont été abattus alors qu’ils se rendaient.

Le gouverneur de Rio s’est félicité d’avoir mené l’opération la plus importante de l’histoire de son État. L’opération aurait été menée après plus d’un an d’enquête, et 113 narcotrafiquants ont été arrêtés. Il s’agit de l’opération la plus létale menée dans la ville depuis son histoire. 

Dans les favelas de Rio, la violence fait loi

Rio est une ville connue pour sa pauvreté, et son exposition à la violence des cartels. Les opérations militaires font généralement plusieurs morts. En 2021, la police brésilienne avait à son actif près de 6133 morts. L’État de Rio arrivait en tête avec près de 6356 tués la même année, selon ce que rapporte l’organisme Monitor da Violência. Le taux de personnes tuées s’élevait alors à 7,8 pour 100 000 habitants, alors que la moyenne nationale était de 2,9 tuées.

Selon le même organisme, 81,5% des victimes étaient des personnes noires. Le gouverneur de Rio, Claudio Castro, membre du Parti libéral de la formation familiale du président Bolsonaro, est soupçonné de jouer à une stratégie du nombre pour rester au pouvoir. La Cour Suprême du Brésil avait ordonné en février à l’État de Rio de présenter un plan pour éviter de telles dégénérations.

En 2024, selon le Forum Brésilien de Sécurité Publique, près de 700 personnes ont été tuées lors des opérations policières à Rio de Janeiro. 

Réactions à l’international

L’opération a été vivement critiquée par les organismes de défense des droits humains. Le haut commissariat de l’ONU des droits humains a appelé à mener des enquêtes. Plusieurs ONG dont Amnesty International, ont estimé que l’opération a terrorisé la ville. Le record de morts dans une intervention policière, était détenu jusque-là par la répression d’une mutinerie en 1992. 111 détenus d’une prison à Carandiru avaient alors été tués.

Les écoles étaient fermées et les transports publics perturbés. Des milliers d’habitants ont dû quitter leurs domiciles. La vie reprend timidement ce mercredi.

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