Ce mardi 2 décembre, le président russe, Vladimir Poutine, l’émissaire américain, Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, se sont longuement entretenu à Moscou au sujet de l’Ukraine. Cette rencontre fait suite au plan de paix proposé par les États-Unis, et ajusté par les européens en vue du règlement du conflit russo-ukrainien.

Dans un entretien qu’il a accordé à la suite de la rencontre, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, estime que quelques progrès ont été réalisés pour obtenir un accord. Le conseiller du Kremlin, Iouri Ushakov, juge de son côté que la discussion a été utile et constructive, quoi qu’aucun compromis n’a encore été trouvé sur les territoires discutés.
Entre menaces à peine voilées, la France et la Russie dans un passif agressif
Quelques jours avant la rencontre, soit le 18 novembre, le chef d’état-major français, le général Fabien Mandon, avait partagé son inquiétude face à la menace russe.
« Le premier objectif que j’ai donné aux armées, c’est de se tenir prêtes à un choc dans trois, quatre ans qui serait une forme de test – peut-être le test existe déjà sous des formes hybrides, mais peut-être (quelque chose de) plus violent », a-t-il déclaré devant les députés de la commission de la défense.
Un sentiment partagé par le président français, Emmanuel Macron, qui depuis quelques mois, exhorte l’Europe à se préparer face à la menace russe. Cette position l’a conduit le jeudi 27 novembre, a annoncé le relancement du service national sur la base du volontariat.
Le vendredi 28 novembre, Emmanuel Macron, avait déclaré en conférence de presse qu’il y a une guerre informationnelle, menée par des puissances étrangères, et qu’il fallait être plus fort sur le plan militaire et technologique. Sans pointer du doigt directement la Russie, et sans vouloir être trop alarmiste, ces sorties laissent présager une atmosphère de guerre en préparation.
Suite à ces déclarations, le président russe en conférence de presse le jeudi 27 novembre, avait tempéré, affirmant ne pas vouloir entrer en guerre contre l’Europe.
« La Russie n’a pas l’intention d’attaquer l’Europe… c’est vraiment ridicule pour nous. Peut-être qu’ils essaient simplement de créer une sorte d’illusion pour leur population quand ils disent que la Russie se prépare à attaquer, et qu’ils doivent renforcer leur industrie de défense” avait déclaré le maître du Kremlin lors d’une conférence de presse à Bichkek (Kirghizstan). Les idées européennes ne seraient que mensonge et absurdité.
Cependant, ce mardi 2 décembre, quelques heures avant la rencontre avec l’émissaire américain, le président russe a durci le ton.
« Nous n’avons pas l’intention de faire la guerre à l’Europe, mais si l’Europe le souhaite et le déclenche, nous sommes prêts dès maintenant », a déclaré Vladimir Poutine aux journalistes. Selon lui, les européens n’ont pas de plan de paix, ils veulent la guerre, et contreviennent aux efforts de paix des américains.
L’idée selon laquelle l’obtention de la paix ne fait pas partie des objectifs des européens a été renouvelée lors de sa rencontre.
Une rencontre marquée par quelques progrès
La rencontre entre le président russe et l’émissaire américain a duré 5 heures. Sur la chaîne Fox News, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a déclaré : « Et donc, ce que nous avons essayé de faire, et je pense que nous avons fait quelques progrès, est de déterminer ce qui pourrait convenir aux Ukrainiens et leur donner des garanties de sécurité pour l’avenir. »
Le diplomate russe, Iouri Ushakov, affirme que beaucoup de travail reste à faire, mais la rencontre était productive.
« Nous avons pu nous mettre d’accord sur certains points […], d’autres ont suscité des critiques, mais l’essentiel est qu’une discussion constructive ait eu lieu et que les parties aient déclaré leur volonté de poursuivre leurs efforts », a déclaré Ushakov après la réunion.
Ce temps estimé relativement long par la BBC, n’a pas suffi à faire sortir grand-chose. C’est la sixième fois que Steve Witkoff discutait avec Vladimir Poutine. Ces rencontres, sorties des schémas de la diplomatie classique, sont très mal perçus des diplomates et des politologues. Certains reconnaissent toutefois leur utilité en ce qu’elles aplanissent le sentier, et ouvrent à de probables compromis.
Aucune entente n’a cependant été trouvé concernant les territoires du Donbass.
L’Ukraine accuse la Russie de vouloir fuir les sanctions
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, accuse la Russie de jouer de ces pourparlers pour affaiblir les sanctions à son encontre. Il a, par ailleurs, démenti le communiqué de Moscou selon lequel la ville de Pokrovsk serait tombée.
Zelensky a été reçu à l’Elysée un jour avant la rencontre. Le président Macron tenant à lui renouveler ses engagements fermes envers son pays.
Une rencontre à venir avec les ukrainiens
Au lendemain de la réunion à Moscou, le négociateur de Kiev, Roustem Oumerov, va rencontrer les Européens à Bruxelles. A la suite de cette rencontre, lui et le chef d’état-major des forces armées ukrainiennes, Andriï Gnatov, sont censés s’entretenir avec les envoyés américains.


