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Arrestation de quatre responsables de l’Institut Léonard de Vinci dans l’affaire Stéphora Joseph

Le parquet de la République dominicaine a placé en garde à vue quatre responsables de l’Institut Léonard de Vinci, dont la directrice administrative Yris del Carmen Reyes Adames, dans le cadre de l’enquête sur la mort de Stéphora Anne-Mircie Joseph, une écolière haïtienne de 11 ans décédée le 14 novembre au cours d’une sortie scolaire. Cette affaire prend désormais une tournure majeure, alors que la justice dominicaine affirme disposer d’éléments accablants concernant les conditions dans lesquelles l’excursion a été organisée.

Le parquet de la République dominicaine a placé en garde à vue quatre responsables de l’Institut Léonard de Vinci, dont la directrice administrative Yris del Carmen Reyes Adames, dans le cadre de l’enquête sur la mort de Stéphora Anne-Mircie Joseph, une écolière haïtienne de 11 ans décédée le 14 novembre au cours d’une sortie scolaire.

Cette affaire prend désormais une tournure majeure, alors que la justice dominicaine affirme disposer d’éléments accablants concernant les conditions dans lesquelles l’excursion a été organisée.

Les personnes mises en cause

Les autorités ont confirmé l’arrestation de :

  • Yris del Carmen Reyes Adames, directrice administrative ;
  • Gisela González, coordinatrice générale et conseillère ;
  • Francisca Josefina Tavarez Vélez, conseillère ;
  • Vilma Altagracia Vargas Morel, responsable du lycée.

Dans un communiqué publié samedi 6 décembre 2025, le parquet explique que Stéphora est décédée dans l’une des piscines du ranch Los Caballos, où 87 enfants avaient été conduits par seulement trois accompagnateurs.

Des négligences graves mises en lumière

L’enquête révèle un ensemble de manquements graves : absence totale de mesures de sécurité, non-utilisation de gilets de sauvetage, manque d’évaluation des aptitudes à nager des élèves et supervision largement insuffisante.

Les autorités affirment aussi avoir visionné une vidéo démontrant une « négligence extrême » de la part des encadreurs présents et des responsables ayant préparé l’activité.

Cette investigation est menée par Wilson Camacho, procureur général adjoint, et Olga Diná Llaverías, procureure spécialisée en protection de l’enfance, sous la supervision de la procureure générale Yeni Berenice Reynoso.

Le parquet demande une inspection de l’école

Dans la foulée, les autorités judiciaires ont sollicité une inspection conjointe avec le ministère dominicain de l’Éducation afin d’examiner les pratiques internes de l’établissement et de détecter d’éventuelles violations des droits des élèves.

Ce qu’il demande au tribunal

À cet égard, le ministère public demande qu’une garantie économique de 50 millions de pesos soit imposée à chacun d’eux, par le biais d’une compagnie d’assurance spécialisée à cet effet, afin d’empêcher leur départ du pays sans autorisation judiciaire préalable, de les convoquer périodiquement devant le parquet et de leur faire poser des dispositifs de géolocalisation électronique.

« Les mesures coercitives susmentionnées sont les plus appropriées et proportionnées aux faits imputés, qui sont contenus dans l’article 226, points 1, 2, 4 et 5 du Code de procédure pénale », a-t-il déclaré.

Une mère confrontée à un drame et à l’absence de transparence

Stéphora, élève prometteuse de l’Institut Léonard de Vinci à Santiago, participait à une sortie au ranch de Gurabo. Initialement informée que sa fille avait fait un malaise, sa mère Lovelie Joseph a ensuite reçu un second appel, bien plus alarmant.

À son arrivée, elle découvre une scène chaotique : présence policière importante, services d’urgence mobilisés, grande confusion.

Ne recevant aucune explication des responsables de l’école, c’est finalement un policier qui lui annonce le décès de sa fille.

Les autorités évoquent une noyade, mais n’ont pas encore fourni de rapport détaillé aux proches.

Indignation publique

La mort de Stéphora a déclenché un vaste mouvement de solidarité et d’indignation sur les réseaux sociaux, en Haïti comme ailleurs. Artistes, influenceurs, anonymes : nombreux sont ceux qui exigent justice et transparence de la part des autorités dominicaines.

Réactions officielles haïtiennes

Plus de deux semaines après les faits, le MHAVE a appelé à une enquête complète et impartiale.

L’Ambassade d’Haïti en République dominicaine et le Consulat général de Santiago affirment pour leur part accompagner la mère de l’enfant dans toutes ses démarches administratives et juridiques.

Prise de position du Conseil Présidentiel de Transition

Critiqué pour son mutisme initial, le CPT a finalement réagi le 5 décembre. Le Conseil a présenté ses condoléances à la famille de la victime et a exhorté le gouvernement dominicain à mener une investigation rigoureuse jusqu’à son terme.

Un drame dans un contexte de tensions migratoires

La mort de Stéphora survient alors que de multiples organisations, dont le GARR, dénoncent régulièrement des abus à l’encontre des migrants haïtiens en République dominicaine.

Des cas de violences, y compris sexuelles, impliquant des agents migratoires dominicains ont été rapportés, touchant même des femmes enceintes ou des mères allaitantes.

Selon les chiffres du GARR :

  • plus de 26 900 Haïtiens ont été expulsés en août 2025 ;
  • plus de 20 000 expulsions ont été recensées rien que pour le mois d’octobre.

Ces expulsions massives accentuent un climat de tension et d’inquiétude au sein de la communauté haïtienne.

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