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Donald Trump est t-il en train de laisser tomber leur allié traditionnel, l’Europe?

Ce mardi 9 décembre, le Président américain, Donald Trump, a accordé une interview à Politico, dans laquelle il n'a pas mâché ses mots concernant son vieil allié traditionnel, l'Europe. Selon lui, le continent est en déclin, et amorce sa chute vers une fin de civilisation. Cette interview fait suite à la publication, ce vendredi 5 décembre, de la stratégie nationale de défense américaine sur le site de la Maison Blanche. Un document qui démontre la volonté de l'administration Trump de mettre fin aux migrations de masse dans le monde, et de rétablir la suprématie américaine.

Ce mardi 9 décembre, le Président américain, Donald Trump, a accordé une interview à Politico, dans laquelle il n’a pas mâché ses mots concernant son vieil allié traditionnel, l’Europe. Selon lui, le continent est en déclin, et amorce sa chute vers une fin de civilisation. 

President Donald Trump sat down with POLITICO's Dasha Burns for a special episode of The Conversation at the White House, Dec. 8, 2025. | Jesse Dittmar for POLITICO
President Donald Trump sat down with POLITICO’s Dasha Burns for a special episode of The Conversation at the White House, Dec. 8, 2025. | Jesse Dittmar for POLITICO

Cette interview fait suite à la publication, ce vendredi 5 décembre, de la stratégie nationale de défense américaine sur le site de la Maison Blanche. Un document qui démontre la volonté de l’administration Trump de mettre fin aux migrations de masse dans le monde, et de rétablir la suprématie américaine. 

Les nouvelles lignes de la stratégie nationale de la défense américaine

Le document fait 33 pages, et il énonce les nouveaux contours de la stratégie de la défense nationale. Il met sur papier la vision de Trump sur le monde. Il démontre une volonté de suprématie américaine, les États-Unis voulant restaurer leur toute puissance en Amérique latine, tout en mettant fin à l’ère des migrations. 

La présence militaire américaine en Amérique latine se justifie, selon ce document, par un besoin de répondre aux menaces urgentes sur le continent, et l’éloignement des théâtres pour la sécurité nationale américaine. 

En ce qui concerne l’immigration, l’administration de Trump juge macabre la position européenne. Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent sera méconnaissable dans 20 ans ou moins, selon ce document. La sécurité des frontières est l’élément principal de la sécurité nationale. Dans le document, on peut lire que “nous devons protéger notre pays contre les invasions, non seulement contre les migrations incontrôlées, mais aussi contre les menaces transfrontalières telles que le terrorisme, les drogues, l’espionnage et la traite des humains.”

Une attaque en règle contre des dirigeants européens stupides et faibles

Lors de son interview accordée à Politico, Donald Trump a appuyé les positions de sa stratégie de sécurité nationale. 

Selon lui, le continent européen est en déclin. L’Europe, estime t-il, est dirigée par des personnes faibles et stupides

Deux points justifient une telle approche. D’abord, les Européens ont du mal à contrôler les flux migratoires. Ensuite, ils n’arrivent pas à mettre fin à la guerre en Ukraine. 

Donald Trump juge ne pas avoir de véritable ennemi. Il soutient les candidats politiques européens qui partagent sa vision du continent. Il a avoué avoir soutenu Viktor Orbán, le premier ministre hongrois, qui selon lui fait un très bon travail d’une façon différente en matière d’immigration. Mais certains dirigeants européens sont mauvais, d’autres sont intelligents, et d’autres vraiment stupides. 

A vouloir être tellement politiquement correct, les dirigeants européens finissent par devenir faibles. Ils ne savent pas quoi faire. L’Europe ne sait pas quoi faire.

L’immigration européenne est un désastre. Paris est un endroit très différent de ce qu’il était, a-t-il déclaré. “J’adorais Paris”, mais maintenant la ville a un autre visage. Quant à Londres, il estime que son maire est horrible, vicieux et dégoûtant. 

La politique européenne en matière d’immigration fait que les immigrants arrivent de tous les endroits du monde. Pas seulement du Moyen-Orient, estime t-il, ils arrivent du Congo et pire encore, ils viennent des prisons du Congo et de nombreux autres pays. 

Trump s’en est pris également à la Suède. Il était selon lui l’un des pays les plus sûrs d’Europe et du monde, mais aujourd’hui, juge t-il, c’est un pays totalement différent. C’est une attaque en règle contre les politiques européennes. Il s’agit de l’attaque la plus virulente contre l’Union Européenne et ses dirigeants. 

Les propos de Trump confirment la position de son administration, et pas que sa vision personnelle. Quelques mois auparavant, le vice-président américain, J. D. Vance, avait tenu des propos similaires en Allemagne. Il avait même qualifié Londres de première ville islamiste européenne. 

Des propos qui peuvent s’annoncer décisifs pour le conflit russo-ukrainien

Ces déclarations interviennent à un moment délicat sur la scène internationale. Quelques semaines de cela, les dirigeants européens étaient surpris du plan de paix américain pour la fin du conflit russo-ukrainien, qu’ils avaient jugé totalement aligné sur les revendications russes. 

Entre diplomatie et coup politique, ils ont pu modeler un nouveau plan de paix. Mais le risque d’abandon par leur allié le plus puissant reste très présent. Alors que les européens multiplient les rencontres pour assurer Zelensky de leur engagement, Donald Trump quant à lui, estime que la Russie a le dessus. 

“Ils sont beaucoup plus grands, ils sont beaucoup plus forts”, a-t-il déclaré. Il accorde, certes, du crédit au courage du peuple ukrainien, et à la combativité de son armée. Mais à un moment donné, estime t-il, c’est la taille qui finit par l’emporter. 

Des propos qui rejoignent ce qu’il avait affirmé quelques mois auparavant lors de la première visite du président ukrainien à la maison blanche. Zelensky n’a pas les cartes en main, et il va devoir faire une concession. 

Une Europe pas du tout à la hauteur de l’offense

De côté européen, les réactions sont plutôt modérées. Le président du conseil européen, Antonio Costa, a exhorté la maison blanche à respecter la souveraineté de l’Europe et son droit à l’autonomie. Berlin, quant à elle, a notifié aux Etats-Unis qu’ils n’ont pas besoin d’une nation étrangère pour leur donner des leçons de stratégie. 

D’autres dirigeants, quant à eux, ont fait de la realpolitik, estimant que les propos de Donald Trump ont une certaine vérité. 

On peut déduire de cette interview et de ce document, une volonté de suprématie américaine sur le monde. Depuis quelques mois, la mer des Caraïbes est envahie par les forces armées américaines, en prétextant une lutte contre le narcotrafic. 

Il en ressort aujourd’hui, et ceci très clairement, une volonté de confirmation du statut de superpuissance. Et cela se passe par la force, et par la capacité à influencer les politiques des autres pays du monde entier.

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