Les deux pays voisins de l’Asie du Sud-Est, la Thaïlande et le Cambodge, après quelques semaines de calme, ont repris leur dispute concernant les territoires revendiqués.
Au début de cette semaine, des affrontements meurtriers à la frontière entre les deux pays ont provoqué l’évacuation de 500 000 personnes environ. Ils avaient signé un cessez-le-feu le 26 octobre par l’intermédiaire des États-Unis, de la Chine et de la Malaisie. Ce cessez-le-feu, assez fragile, n’a tenu que quelques semaines.

Ce 7 décembre, les affrontements ont repris, et au moins 14 personnes, dont 9 Cambodgiens, et 5 soldats Thaïlandais ont été tuées.
A l’origine de ce conflit…
Ces différends territoriaux datent depuis des décennies. C’est un conflit ancien qui remonte à la période coloniale française en Indochine, entre 1863 et 1950. La frontière, longue de 800 km, a été tracée par la France coloniale. La Thaïlande, qui en revendique une partie, s’est accaparé d’une portion du territoire cambodgien pendant la seconde guerre mondiale. Elle a dû le restituer en 1946.
Avec des limites confuses, depuis 1979, des dizaines de kilomètres sont contestés. En 2008, des affrontements militaires ont éclaté autour du temple de Preah Vihear, inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Et depuis, des violences ponctuelles ont provoqué la mort d’au moins 28 personnes, et le déplacement de dizaines de milliers entre 2008 et 2011. Plusieurs anciens temples des territoires contestés sont également revendiqués par les deux parties.
Un cessez-le-feu de quelques semaines seulement
En juillet dernier, le Cambodge a tiré des roquettes sur la Thaïlande. Ce qui a déclenché des frappes aériennes de F-16 tahilandais sur des cibles militaires cambodgiennes. Pendant 5 jours de combat, 43 personnes ont trouvé la mort, et 300 000 autres évacuées. A la fin du mois de juillet, un cessez-le-feu a été négocié par la Chine, la Malaisie, et les Etats-Unis. Ce cessez-le-feu est toutefois resté fragile.
Au mois de novembre, des soldats thailandais ont été blessés par des mines terrestres qui auraient été posées récemment, selon les observateurs internationaux. A la suite de cet incident, la Thaïlande a suspendu le cessez-le-feu.
Depuis le 7 décembre, les hostilités ont repris. Les deux pays s’accusent mutuellement d’en être à l’origine.
Près d’un demi-million de personnes évacuées
Du côté de la Thaïlande, le porte-parole du ministère Thaïlandais de la Défense, Surasant Kongsiri, a déclaré que “plus de 400 000 personnes ont été déplacées vers des abris.” Les civils auraient été déplacés massivement en raison d’une menace jugée imminente pour leur sécurité.
La porte-parole du ministère Cambodgien de la Défense, Maly Socheata, a déclaré de son côté : “au total, 20 105 familles, soit 101 229 personnes, ont été évacuées vers des abris et chez des proches dans cinq provinces.”
Ce qui fait près d’un demi-million de déplacés des deux côtés de la frontière.
Des appels à la désescalade
A l’international, plusieurs appels à un cessez-le-feu ont été lancés. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à la désescalade. La Chine, qui entretient des liens étroits avec les deux pays, a appelé également à la désescalade, et à une preuve de retenue.
Le président américain, initiateur du cessez-le-feu, et qui avait présenté ce conflit comme l’un de ses succès, s’est pris en revers. Lors d’un discours devant ses partisans en Pennsylvanie, il a déclaré qu’il prévoyait de passer un appel au sujet du conflit.
“Je pense qu’ils s’en sortiront. Qui d’autre pourrait dire, je vais passer un coup de fil et arrêter une guerre entre deux pays très puissants”, a-t-il déclaré.
Compte tenu de la situation, le Cambodge a décidé de se retirer des Jeux d’Asie du Sud-Est, qui seront organisés en Thaïlande. Des milliers d’athlètes, originaires de 11 pays asiatiques, doivent jusqu’au 20 décembre, prendre part à des épreuves de football, de skateboard, de voile et d’escrime.


