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Dieudonné J. Larose s’éteint : une voix légendaire du konpa disparaît

La musique haïtienne est en deuil. Dieudonné J. Larose s’est éteint le vendredi 8 janvier 2026 dans un centre hospitalier de Laval, au Québec, où il vivait depuis plusieurs années. Âgé de 80 ans, l’artiste, né le 5 juin 1945 selon ses propres indications, laisse derrière lui une œuvre riche et une influence durable sur plusieurs générations de mélomanes.

La musique haïtienne est en deuil. Dieudonné J. Larose s’est éteint le vendredi 8 janvier 2026 dans un centre hospitalier de Laval, au Québec, où il vivait depuis plusieurs années. Âgé de 80 ans, l’artiste, né le 5 juin 1945 selon ses propres indications, laisse derrière lui une œuvre riche et une influence durable sur plusieurs générations de mélomanes.

Une signature vocale gravée dans la mémoire collective

Pour le public haïtien et la diaspora, Dieudonné Larose demeure indissociable de chansons cultes comme « Accident », « Mandela » ou « Jolie Minou ». Ces titres, devenus de véritables hymnes populaires, ont marqué les années 1980 et 1990 et continuent de résonner dans la mémoire collective, tant par leur mélodie que par l’émotion qu’ils véhiculent.

Une trajectoire artistique aux multiples visages

Chanteur à la voix singulière, instrumentiste accompli et styliste à part entière, Dieudonné J. Larose a mis son talent au service de plusieurs formations majeures du konpa. Il a notamment collaboré avec Shoogar Combo, Dixie Band, DP Express, Méridional de Montréal et Missile 727, avant de poursuivre une carrière solo qui a confirmé sa place parmi les grandes figures de la musique haïtienne.

Plus de quarante ans au service de la création

Avec plus de quatre décennies de carrière professionnelle, 31 albums enregistrés et de nombreuses compositions encore inédites, Larose a bâti une discographie impressionnante. Son timbre vocal reconnaissable entre mille et son sens de la mélodie lui ont permis de toucher un large public, transcendant les époques et les frontières.

Des racines entre Port-au-Prince et Cabaret

Né à Port-au-Prince, Dieudonné Larose a grandi entre la capitale et la commune de Cabaret. Il doit son éveil musical à sa mère, Marie Thérèse Josaphat, passionnée de musique et de danse. « Elle dansait tous les rythmes », racontait-il souvent avec émotion, évoquant les chants et berceuses de son enfance. Son père, Jean Larose, prêtre vaudou, a également contribué à façonner sa sensibilité culturelle.

Un parcours forgé par l’effort et la débrouillardise

Scolarisé notamment aux lycées Fabre Nicolas Geffrard et Toussaint Louverture, il poursuit ses études jusqu’en rhéto avant de s’orienter vers une formation professionnelle. Issu d’un milieu modeste, il n’a jamais caché les difficultés rencontrées sur son chemin, soulignant que rien ne lui a été offert sans effort.

Un autodidacte animé par la curiosité

Dieudonné Larose se considérait avant tout comme un autodidacte. Avide d’apprendre, il s’est essayé à de nombreux domaines : sport, karaté — qu’il a même enseigné — pâtisserie aux côtés de son père à la célèbre Boulangerie Saint-Marc, sans jamais cesser d’apprendre. Convaincu que l’éducation commence par soi-même, il insistait sur l’importance de la discipline personnelle et de la recherche continue.

Le Canada et le retour inévitable à la musique

Installé au Canada avec l’intention de se consacrer à sa vie professionnelle, Larose n’a pourtant pas résisté longtemps à l’appel de la musique. Il reprend le micro au sein de Dixie Band, puis s’associe à Méridional de Montréal, donnant naissance au projet Larose et Missile 727. Cette aventure prendra fin en 1991, à la suite de tensions internes liées à la gestion du groupe, un épisode qu’il évoquait avec une certaine amertume.

Une vie assumée, entre passion et liberté

Père de 26 enfants issus de 12 relations différentes, Dieudonné Larose parlait de sa vie personnelle avec franchise et humour. Amoureux de la vie, des femmes et des enfants, il se décrivait comme un homme naturellement aimé. À un âge avancé, il conservait une hygiène de vie rigoureuse, refusant tabac et alcool, et portait un regard lucide sur son parcours et sur la société.

Un héritage qui ne s’éteint pas

Sur scène, ses chansons suscitaient toujours l’enthousiasme d’un public fidèle, chantant en chœur des morceaux devenus intemporels. Si la « mission » de Dieudonné J. Larose s’achève ici, son œuvre, elle, continue de vivre, inscrite à jamais dans le patrimoine musical haïtien.

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