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Forum de Davos : Un volte-face de Donald Trump sur le Groenland 

Du 19 au 23 janvier 2026, s'est tenu à Davos le 56ème Forum économique mondial. Cette édition a rassemblé plus de 3000 dirigeants provenant de 130 pays, parmi lesquels des hauts responsables, des chefs d'État et de gouvernement, et des chefs d'entreprises. La rencontre, organisée cette année sur fond de tension géopolitique, et de guerre commerciale, est historique. Les discussions ont été notamment sur la paix dans les régions en conflit, l’économie mondiale, l’investissement dans le capital humain, et d’autres questions qui retiennent l’actualité internationale Toutefois, le discours de Donald Trump a été le moment le plus décisif de cette rencontre. Engagé depuis plusieurs semaines sur un affrontement géopolitique et économique avec l'Union européenne, son discours était scruté à la loupe, tant elle annonçait la tenue des futures relations transatlantiques.

Du 19 au 23 janvier 2026, s’est tenu à Davos le 56ème Forum économique mondial. Cette édition a rassemblé plus de 3000 dirigeants provenant de 130 pays, parmi lesquels des hauts responsables, des chefs d’État et de gouvernement, et des chefs d’entreprises. La rencontre, organisée cette année sur fond de tension géopolitique, et de guerre commerciale, est historique. Les discussions ont été notamment sur la paix dans les régions en conflit, l’économie mondiale, l’investissement dans le capital humain, et d’autres questions qui retiennent l’actualité internationale 

Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte et le président américain Donald Trump lors du forum de Davos, en Suisse, le 21 janvier 2026.
Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte et le président américain Donald Trump lors du forum de Davos, en Suisse, le 21 janvier 2026.

Toutefois, le discours de Donald Trump a été le moment le plus décisif de cette rencontre. Engagé depuis plusieurs semaines sur un affrontement géopolitique et économique avec l’Union européenne, son discours était scruté à la loupe, tant elle annonçait la tenue des futures relations transatlantiques

L’utilisation de la force exclue pour l’acquisition du Groenland

Lors de son allocution, le président américain a annoncé ne pas envisager recourir à la force pour l’obtention du Groenland. Une sortie cruciale, qui a d’emblée calmé les tensions, dont lui-même affirme que c’était sa déclaration la plus importante. Un discours qui marque un recul avec la position de la Maison Blanche quelques semaines plus tôt, laquelle affirmait vouloir le Groenland par tous les moyens. 

Dans la foulée, Donald Trump a annoncé la levée des sanctions contre les huit pays européens qui ont déployé des troupes en Groenland. Ils étaient menacés d’être soumis à des hausses de droits de douane à 10% à partir du 1er février. Il a également précisé avoir rencontré le secrétaire général de l’OTAN, le Néerlandais Mark Rutte, et affirmé qu’un cadre d’accord se discutait pour le Groenland.

Le recul des Etats-Unis sur le Groenland ? Respect ou stratégie?

Si certains jugent de bonne auspice le recul de Donald Trump pour l’OTAN, et les relations de l’UE avec les Etats-Unis, d’autres restent sceptiques, et n’y voient que de la poudre aux yeux. Plus d’un en effet estiment que ce recul est dû au pouvoir que peut exercer l’UE. Et pour appuyer leur position, ils avancent le déploiement des troupes des huit pays de l’UE au Groenland, et la réactivité de l’Europe face aux sanctions annoncées par les Américains. Les députés du Parlement européen avaient voté le gel du processus de ratification du traité commercial entre les États-Unis et l’Europe. Une posture défensive européenne renforcée par le président français, Emmanuel Macron, qui avait annoncé la possibilité de mettre en œuvre le mécanisme anti-coercition contre les États-Unis. 

Les tenants de ce point de vue, considèrent également  la baisse de la bourse américaine comme un levier de puissance des relations transatlantiques. Wall Street, qui a d’ailleurs rebondi après l’annonce de Donald Trump, avait connu une période de bouleversement, le marché présageant une période de guerre économique entre l’Europe et les Etats-Unis. 

Pour d’autres analystes, le retournement de situation de Donald Trump reste à observer à la loupe. Considérant qu’il ne s’agit en aucun cas d’une pause durable dans l’échauffement des rapports européens et américains, mais d’un calcul qui vise toujours l’objectif fixé. L’Europe est toujours selon eux dépendante des Etats-Unis, et ne constitue en aucun cas une puissance capable de se faire entendre.

Un cadre d’accord méfiant sur le sujet groenlandais

Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, s’est mobilisé pour trouver un compromis entre Washington et Copenhague, qui reste ferme sur sa position : Le Groenland n’est pas à vendre. Une telle position amène indubitablement à une question centrale. Si Copenhague est inflexible sur la cession du Groenland, en quoi consistent alors les termes de l’accord évoqué par Trump ? 

Les clauses de cet accord ne sont pas encore dévoilées jusqu’à date. D’aucuns évoquent la possibilité d’une vente des territoires sur lesquels se trouvent les bases américaines. Ou encore, une renégociation de l’accord de défense signé en 1951 entre les deux pays.

L’OTAN, une alliance éprouvée par des tension internes

L’essentiel du travail semble incomber au secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Pleinement conscient du préjudice que causerait à l’alliance la prise du Groenland par les Etats-Unis sans accord du Danemark, Rutte semble faire la courbette, brossant dans le sens du poil l’un, et jouant du violon pour l’autre afin de trouver un compromis.

La cohésion interne des membres d’un groupe est l’un des principaux outils dudit groupe, pour le renforcement et le maintien de sa crédibilité et de sa puissance. Quand on vient à parler de l’OTAN, aucune autre Organisation mondialement connue ne matérialise autant le mot puissance. Et pourtant, depuis quelque temps, l’Organisation envoie une image affaiblie, celle d’une structure divisée par des rivalités géopolitiques, des séances de “qui à la plus grosse”, et un manque de confiance expresse. 

Entre sentiment d’abus de confiance pour les uns, et abandon pour les autres, l’OTAN apparaît de plus en plus comme une juxtaposition d’acteurs qu’une force unifiée.

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