Port-au-Prince, mardi février 2026 – Dans un contexte de troubles politiques persistants en Haïti, le destroyer lance-missiles de l’US Navy, l’USS Southland, a été déployé au large de Port-au-Prince ce mardi 3 février 2026, selon le journal Miami Herald. Deux patrouilleurs de la Garde côtière américaine assurent également la surveillance maritime dans la zone.

Conseil présidentiel de transition et tensions politiques
Le journal rapporte que, bien que certains membres du CPT aient accepté de quitter leurs fonctions et l’aient annoncé publiquement, d’autres continuent de participer aux plans de transition, malgré les avertissements des autorités américaines. Le CPT, créé en avril 2024 pour exercer les fonctions présidentielles jusqu’à l’élection d’un nouveau président ou jusqu’au 7 février 2026, fait face à un vide politique et à des difficultés pour parvenir à un consensus sur la gouvernance du pays.
Le journal souligne que la violence reste préoccupante en Haïti. Des opérations de la police et de forces d’intervention par drones ont permis de rouvrir certaines routes et de repousser des gangs armés, mais la criminalité continue de sévir. Le 29 janvier, un bébé de quatre mois a été tué par des bandes armées à Kenscoff, alors qu’il était déguisé en Père Noël.
Dimanche, des membres de la coalition de gangs Viv Ansanm ont attaqué le centre de formation de la FIFA, appelé le Ranch, à Croix-des-Bouquets. Selon le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique, plusieurs bâtiments ont été vandalisés, pillés et partiellement incendiés.
Incertitude pour les élections et l’avenir politique
Malgré la préparation d’élections prévues cet été, peu d’experts s’attendent à ce qu’elles se tiennent à cause de l’instabilité politique et des violences persistantes. Les rumeurs concernant un possible retour de l’ancien président Michel Martelly et les mobilisations de certains groupes augmentent également les inquiétudes, laissant craindre un nouvel épisode de violences dans le pays.
Avec ces navires de guerre stationnés à quelques kilomètres des côtes, on peut se demander si l’ingérence militaire américaine ne commence pas à peser sur la transition haïtienne, juste avant la fin officielle du CPT.
Mewodjina Fleurial


