Pris de court par la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’invalider ses droits de douane imposés, le président américain, Donald Trump, a décidé de contre-attaquer.
Ce vendredi 19 février en effet, le président de la plus haute juridiction américaine, John Roberts, a rendu une décision de justice dans laquelle il juge illégal les surtaxes douanières imposées par Donald Trump. Par six voix contre trois, les juges ont estimé que le texte de 1977, sur lequel s’appuyait Donald Trump pour justifier sa décision, ne concernait pas les droits de douane. Ce texte, invoqué par l’administration Trump, autorise l’exécutif à prendre des mesures économiques dans une situation d’urgence, sans l’autorisation du Congrès.

Donald Trump, en réaction à cette décision, a annoncé ce vendredi 20 février une nouvelle taxe douanière de 10%, qui a ensuite été augmentée à 15%. Elle doit entrer en vigueur le 24 février. Alors que la décision de la Cour suprême semblait ouvrir la voie à un renforcement institutionnel, l’annonce du locataire de la maison blanche relance la question d’une instabilité sous fond de guerre économique.
Un accord est un accord…l’UE met la pression à Washington
L’entrée en vigueur de la nouvelle taxe douanière mondiale coïncide avec le vote du Parlement européen sur l’accord commercial avec les Etats-Unis. Ce lundi, les députés européens ont décidé de suspendre leurs travaux sur la mise en œuvre de l’accord commercial. Selon l’eurodéputé Bernd Lange, l’UE attend des clarifications des États-Unis sur le respect des engagements pris. Les eurodéputés jugent prudent de reporter la mise en œuvre de cet accord, au vu de l’incertitude qui règne actuellement.
L’accord a été conclu le 27 juillet de l’année dernière, et il limite à 15% les droits de douane imposés les États-Unis sur la plupart des produits européens, avec des taux légèrement supérieurs pour certains produits spécifiques. L’UE en échange, s’est engagée à supprimer ses droits de douane sur les importations américaines. Dans la réalité, cette nouvelle surtaxe de 15% ne touche pas l’Union européenne, elle reste identique aux droits de douane déjà imposés. Toutefois, l’incertitude y règne quant à la probabilité de nouvelles décisions ou d’une future enchère.
La Chine condamne des dispositions unilatérales
Les droits de douane ont également fait réagir la Chine, qui pourtant est en pratique un gagnant de cette nouvelle surtaxe. La taxe douanière de 15% a diminué les droits de douane jusque-là imposés à Pékin par Washington. de la Chine. Pékin a réagi en annonçant condamner les mesures unilatérales prises par Washington. Elle continuera de suivre de près la situation et à défendre ses intérêts.
La Chine, deuxième économie mondiale, est un partenaire commercial primordial des États-Unis. Le pays a notamment été visé par la politique douanière de Donald Trump lors de son retour à la Maison Blanche.
Une surtaxe aux effets divergents
Les effets de ces droits de douane ne sont pas uniformes selon les pays concernés. Pour certains, l’instauration de droits de douane à 15% représente un taux plus élevé. Pour d’autres, ce taux demeure inchangé, et enfin, pour une troisième catégorie, ce taux est une baisse.
Parmi les pays bénéficiaires de cette décision, on retrouve ceux de l’Amérique latine. Depuis mi-2025, ils sont imposés à plus de 15%. A l’inverse, le Royaume-Uni, l’Australie, le Pérou, la Colombie, le Chili, l’Argentine ou encore quelques pays au Moyen-Orient tels que l’Arabie saoudite, les pays du Caucase et de l’Asie centrale sont plus taxés qu’auparavant dans le cadre de ce nouveau dispositif.
La décision de Donald Trump d’augmenter le droit de douane se base sur le Trade Act. Ce mécanisme permet aux États-Unis d’imposer des droits de douane qui ne peuvent excéder 15% pour une période de 150 jours. Une fois ce délai passé, la continuation de cette augmentation fera l’objet d’un vote au Congrès.


