Une activité dénommée « Festi Color », organisée le samedi 4 avril 2026 dans un établissement scolaire au Cap-Haïtien, a provoqué une forte controverse après la diffusion de vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux. Les images montrent des jeunes participants en train d’appliquer de la peinture sur des vêtements dans un cadre festif, mais également des gestes à caractère sexuel, notamment des attouchements sur la poitrine et les fesses de jeunes filles.

Au-delà de l’aspect récréatif de l’activité, plusieurs observateurs estiment que certains gestes observés dépassent clairement le cadre du divertissement. Les séquences diffusées soulèvent des inquiétudes concernant le respect de l’intégrité physique, la notion de consentement et la protection de mineurs, dans un contexte où plusieurs participants seraient âgés de moins de 18 ans.
Une forte réaction de l’opinion publique
La large diffusion de ces vidéos a suscité de nombreuses réactions au sein de la population. Les critiques portent à la fois sur les comportements individuels des participants, sur le niveau d’encadrement de l’activité, ainsi que sur l’attitude des témoins présents. Certains dénoncent une banalisation de gestes inappropriés, tandis que d’autres soulignent un manque de supervision et de mesures préventives.
Cette affaire met en évidence des enjeux plus larges liés à l’éducation au respect du corps, à la responsabilité individuelle et collective, ainsi qu’au rôle des institutions éducatives et sociales. Elle relance également la discussion sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des jeunes filles et des jeunes en général aux limites à ne pas franchir dans les interactions sociales, particulièrement dans des contextes festifs.
Position des autorités compétentes
Le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) a condamné avec la plus grande fermeté les actes d’agression sexuelle et de harcèlement rapportés dans ces vidéos. Il les qualifie d’atteintes graves à la dignité et aux droits fondamentaux des jeunes filles concernées.
Le ministère appelle les autorités judiciaires à identifier et poursuivre les auteurs conformément à la loi, à renforcer la sécurité lors des événements publics et à garantir une prise en charge appropriée des victimes. Il réaffirme également son engagement dans la lutte contre toutes les formes de violences basées sur le genre.
Un enjeu de société plus large
Au-delà de cet incident, cette situation met en lumière les défis liés à la régulation des activités festives, à l’usage des réseaux sociaux et à la prévention des comportements violents ou inappropriés. Elle soulève également la question de la responsabilité collective dans la protection des jeunes filles et du rôle des institutions dans la prévention de telles dérives.
Face à de tels faits, plusieurs interrogations s’imposent : quelles mesures concrètes doivent être prises contre les auteurs de ces gestes, les initiateurs de l’activité et les responsables de l’établissement impliqué ? Quelles responsabilités juridiques et administratives doivent être engagées pour garantir que de tels actes ne se reproduisent plus ? Quelles stratégies de prévention et de contrôle peuvent être mises en place dans les établissements scolaires pour éviter un nouveau drame similaire ? Enfin, dans quelle mesure les parents doivent-ils également être interpellés sur leur rôle dans l’encadrement et l’éducation des jeunes face à ce type de comportement ?


