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Les Etats-Unis suspendent les ventes d’armes à Taiwan

Ce jeudi 21 mai, l'administration américaine a indiqué que les ventes d'armes à Taïwan étaient suspendues. Le secrétaire par intérim à la marine, Hung Cao, interrogé lors d'une audition parlementaire, a expliqué cette suspension par des besoins en munitions liés à la guerre au Moyen-Orient. 

Ce jeudi 21 mai, l’administration américaine a indiqué que les ventes d’armes à Taïwan étaient suspendues. Le secrétaire par intérim à la marine, Hung Cao, interrogé lors d’une audition parlementaire, a expliqué cette suspension par des besoins en munitions liés à la guerre au Moyen-Orient. 

« Pour l'instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l'opération Epic Fury », a affirmé Hung Cao, secrétaire par intérim à la Marine des États-Unis. (Photo d'archives) Photo : Reuters / Elizabeth Frantz
« Pour l’instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l’opération Epic Fury », a affirmé Hung Cao, secrétaire par intérim à la Marine des États-Unis. (Photo d’archives)
Photo : Reuters / Elizabeth Frantz

“Pour l’instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l’opération Epic Fury, lancée le 28 février contre l’Iran”, a-t-il déclaré. “Nous voulons simplement nous assurer que nous avons tout ce qu’il nous faut, puis les ventes militaires à l’étranger reprendront lorsque l’administration le jugera nécessaire”, a-t-il ajouté tout en assurant que les armes pour l’instant étaient suffisantes. 

Fin 2025, l’administration Trump avait approuvé une vente d’armes à Taipei pour une valeur de 11,1 milliards de dollars. Toutefois, le président américain se réserve de se prononcer sur la suite de ces livraisons d’armes.

La livraison d’armes comme monnaie de négociation

Lors de sa visite à Pékin la semaine passée, le président chinois Xi Jinping avait mis le dossier Taiwan au centre des relations entre Pékin et Washington. Donald Trump avait alors laissé entendre que la poursuite des ventes d’armes pourrait devenir un élément clé des négociations avec la Chine. Ces propos n’ont pas laissé  indifférent Taipei. Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, Chen Ming-chi, avait évoqué une certaine inquiétude des autorités taïwanaises après les propos de Donald Trump. 

“Pour le moment, nous comprenons qu’il n’y a aucun changement, même en ce qui concerne la vente d’armes”, avait-il assuré en les qualifiant de pierres angulaires de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan. 

En vertu du Taiwan Relations Act, adopté par le Congrès américain en 1979, le les États-Unis sont tenus de fournir des armes défensives à Taïwan. Cette loi a été mise en place après la reconnaissance de la République populaire de Chine par les États-Unis. Ce qui démontre le flou volontaire que les américains veulent entretenir sur la question. La Chine quant à elle, continue de considérer Taïwan comme l’une de ses provinces. 

Un missile antinavire Harpoon AGM-84 de fabrication américaine à la base aérienne de Hualien, à Taïwan. (Photo d'archives) Photo : Reuters / ANN WANG
Un missile antinavire Harpoon AGM-84 de fabrication américaine à la base aérienne de Hualien, à Taïwan. (Photo d’archives)
Photo : Reuters / ANN WANG

Une conversation téléphonique qui pourrait créer des tensions

Ce vendredi, le président américain a évoqué la possibilité d’une conversation avec les dirigeants taïwanais, au sujet notamment de ses ventes d’armes. Une conversation qui romprait avec une tradition diplomatique de longue date, et changerait la donne de la politique extérieure américaine.

Suite à ces déclarations, le ministre taiwanai des Affaires étrangères a affirmé que cet appel serait le bienvenu. “Nous l’accueillerons bien sûr très favorablement, a-t-il déclaré. Il a par ailleurs souligné que le gouvernement cherchait à obtenir une confirmation de l’accord des Américains pour cet éventuel entretien. “Nous utiliserons tous les canaux pour comprendre ce que pense vraiment la partie américaine. Si les Américains veulent parler avec notre président, je pense que ce serait une très bonne occasion et aussi une rare occasion”, a-t-il affirmé aux journalistes.

Lors de son premier mandat, Donald Trump avait déjà accepté un coup de fil de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, ce qui avait suscité de vives critiques de Pékin. Il s’agissait alors du premier appel téléphonique entre un dirigeant taïwanais et un président américain en exercice depuis 1979. 

Pékin reste ferme sur sa position

La Chine a par ailleurs tenu à clarifier sa position sur la question. Ce vendredi, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a assuré que la position de Pékin ne changeait pas en ce qui concerne les ventes d’armes à Taïwan. 

“La position d’opposition résolue de Pékin aux ventes d’armes américaines à la région chinoise de Taïwan est constante, claire et ferme”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

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