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Le président sénégalais limoge Ousmane Sonko de ses fonctions et nomme un nouveau premier ministre

une nouvelle a secoué la classe politique sénégalaise. Le président Bassirou Diomaye Faye a démis de ses fonctions le Premier ministre Ousmane Sonko. Ce limogeage intervient après des mois de tensions et de désaccords entre les deux hommes. Ce lundi 25 mai,soit près de trois jours après, le président sénégalais a nommé lundi l'économiste Ahmadou ‌Al Aminou Lo au poste de Premier ministre. 

Ce vendredi 22 mai, une nouvelle a secoué la classe politique sénégalaise. Le président Bassirou Diomaye Faye a démis de ses fonctions le Premier ministre Ousmane Sonko. Ce limogeage intervient après des mois de tensions et de désaccords entre les deux hommes. Ce lundi 25 mai,soit près de trois jours après, le président sénégalais a nommé lundi l’économiste Ahmadou ‌Al Aminou Lo au poste de Premier ministre. 

Le président Faye avait nommé Sonko Premier ministre le 2 avril 2024. Photo publiée par TRT FRANCAIS.
Le président Faye avait nommé Sonko Premier ministre le 2 avril 2024. Photo publiée par TRT FRANCAIS.

Dans une déclaration lue à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, ont été démis de leurs fonctions le Premier ministre, les ministres et secrétaires d’État membres du gouvernement. Les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes, a-t-il déclaré dans son communiqué. 

En réaction à sa destitution, Sonko a réagi sur les réseaux, déclarant qu’il dormira le cœur léger ce soir à la cité Keur Gorgui. Dans des vidéos publiées sur les réseaux, on a pu voir l’ex-premier ministre accueilli par une foule de partisans. 

Une rupture totalement consumée 

Durant le mandat de l’ancien président Macky Sall, les deux hommes du PASTEF, amis à l’époque, ont affiché une farouche opposition au gouvernement. Poussé par un discours panafricaniste qui fait écho, et pressenti pour être le prochain président, en 2024, Sonko et Faye ont été emprisonnés. Une condamnation pour diffamation entraîne la perte des droits civiques du charismatique et homme populaire Ousmane Sonko. Ne pouvant pas se présenter à l’élection présidentielle, il désigne alors Diomaye Faye comme son successeur. Le slogan “Diomaye moy Sonko”, se traduisant par “Diomaye c’est Sonko” a été repris par leurs partisans. 

Quelques mois après son élection, les premières divergences se sont affichées entre le Premier ministre et le président. Début mai, Diomaye Faye avait critiqué la personnalisation excessive de Sonko au sein du parti au pouvoir. Dans une interview à la télévision, il avait déclaré: “Tant qu’il reste Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre.” Cette annonce avait déjà mis la puce à l’oreille de nombreux observateurs est aujourd’hui factuelle. La rupture est totalement consommée entre les deux hommes. 

Une destitution à effet domino

Le limogeage de Sonko n’a pas laissé indifférent la classe politique sénégalaise. Ce dimanche 24 mai, moins de 48 heures après l’annonce, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a annoncé sa démission. 

“Après une profonde réflexion, mûrie dans le silence, la responsabilité et le sens de l’État, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions de président de l’Assemblée nationale du Sénégal. Cette décision procède d’un choix personnel guidé avant tout par ma conception des institutions, de la responsabilité publique et de l’intérêt supérieur de la nation”, a-t-il écrit.

Fin avril, le parlement avait adopté une réforme du code électoral, ouvrant la voie à une éventuelle candidature d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. Depuis les législatives de novembre 2024, l’Assemblée nationale est largement dominée par le PASTEF, qui compte 130 députés sur 165. 

Qui sera le grand gagnant de ce bras de fer ?

Le président sénégalais n’a pas pris la parole depuis ce limogeage. Ousmane Sonko non plus. L’ex premier ministre a par contre demandé à reprendre son siège de député, qu’il avait décroché lors des élections législatives de 2024. Ce mardi 26 mai, l’Assemblée nationale tranchera sur la question et désignera également un successeur à la présidence de Malik Ndiaye. 

Pour certains, l’ex-premier ministre aurait volontairement poussé à bout le président à le révoquer, afin de reprendre ensuite la présidence de l’assemblée nationale. Une stratégie qui ferait de lui le deuxième personnage de l’Etat, et augmenterait considérablement son hégémonie. 
Le professeur de sciences politiques à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, Moussa Diaw , voit profiler à l’horizon une crise institutionnelle certaine, avec le risque d’un blocage de l’action gouvernementale par le pouvoir législatif de façon systématique.

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