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Afrique-Kenya : Le Sommet Africa Forward réunit des dirigeants africains et français à Nairobi

Au Kenya, à Nairobi, se tient les 11 et 12 mai le sommet “Africa Forward”. Il réunit des chefs d'État et de gouvernement africains, et le président de la République française, Emmanuel Macron. Intitulé “Africa Forward : des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance”,  ce sommet marque une étape majeure dans les relations entre la France et le continent africain. 

Au Kenya, à Nairobi, se tient les 11 et 12 mai le sommet “Africa Forward”. Il réunit des chefs d’État et de gouvernement africains, et le président de la République française, Emmanuel Macron. Intitulé “Africa Forward : des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance”,  ce sommet marque une étape majeure dans les relations entre la France et le continent africain. 

Le président français Emmanuel Macron participe à la session jeunesse « L’Afrique en avant, la création en mouvement » lors du sommet Africa Forward à l’université de Nairobi, au Kenya, le lundi 11 mai 2026. (Photo AP/Brian Inganga)
Le président français Emmanuel Macron participe à la session jeunesse « L’Afrique en avant, la création en mouvement » lors du sommet Africa Forward à l’université de Nairobi, au Kenya, le lundi 11 mai 2026. (Photo AP/Brian Inganga)

Ce sommet constitue également un tournant de taille, c’est la première fois qu’un forum de ce type se tient dans un pays anglophone. Ce qui illustre la velléité de Paris de s’ouvrir aux pays anglophones en Afrique. Plus d’une trentaine de pays africains sont présents à ce sommet.

Un sommet qui se veut avant tout “business”

La journée du 11 mai est consacrée aux partenariats économiques franco-africains, autour de plusieurs secteurs stratégiques tels que la souveraineté alimentaire, le développement du numérique, l’intelligence artificielle, les partenariats énergétiques, les industries culturelles et le sport. Ce sommet se veut très économique et non politique, selon les organisateurs, qui le présentent comme un forum destiné à rompre avec les pratiques paternalistes et colonialistes du passé. 

Africa Forward s’articule autour de deux séquences majeures : D’abord un aspect business, qui rassemble des investisseurs, entrepreneurs et chefs d’entreprise français et africains le premier jour. Ensuite, une rencontre entre les chefs d’État et de gouvernement le second jour, à laquelle prendra part une trentaine de dirigeants. Plusieurs acteurs de la société civile, artistes, sportifs et membres de la diaspora sont présents à ce sommet. 

La France en état de grâce dans plusieurs États africains

Ce sommet se tient dans un contexte particulièrement tendu entre l’Afrique et la France, dont le recul de l’influence s’est ouvertement manifesté dans plusieurs Etats africains, notamment dans l’Afrique de l’Ouest. Les États du Sahel, le Mali, le Burkina Faso et le Niger depuis 2020, ont mis fin à la présence française, se voulant souverains et panafricanistes. En juillet dernier, le Sénégal a engagé le retrait des bases militaires françaises, les autorités sénégalaises estimant leur présence incompatible avec la souveraineté nationale. 

Même au Kenya, pays hôte du sommet, la France a essuyé un revers économique important avec la fin du contrat d’élargissement d’autoroute à hauteur de 1,5 milliards par le gouvernement de William Ruto. Nairobi a confié le contrat à des entreprises chinoises. 

L’Afrique anglophone, un terrain courtisé par la France

Dans ce contexte international africain plutôt hostile au système France-Afrique, Paris fait de plus en plus les yeux doux à l’Afrique anglophone. Si jusque-là l’Afrique francophone représentait environ 55 % des investissements français sur le continent, Paris a multiplié les échanges commerciaux avec plusieurs pays anglophones ces dernières années. 

Depuis 2022, le Nigeria est devenu le premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne, avec près de 5 milliards d’euros d’échanges. Suivent l’Afrique du Sud, (3,1 milliards), la Côte d’Ivoire (2,6 milliards), l’Angola (2,1 milliards), le Sénégal (1,2 milliards) et le Cameroun (1 milliard). 

Une plaidoirie pour une représentation plus équitable de l’Afrique dans le système international 

Le président français a plaidé pour un changement de logique dans la relation franco-africaine, estimant que l’Afrique avait davantage besoin d’investissements et de partenariats économiques que d’aide publique. Une idée à laquelle le président kényan, William Ruto, a fait écho, soutenant une représentation plus juste de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, en ce qui concerne notamment l’accès au crédit international. 

“Nous voulons une architecture financière internationale fonctionnelle, représentative et équitable qui reconnaisse nos opportunités et qui ne juge pas injustement les économies africaines”, a déclaré le chef d’Etat kényan. 

Selon le président français, si l’Afrique échoue, le continent européen n’a aucune chance, estimant que les destins des deux continents sont liés. Il a tenu à assurer la position de la France et de l’Europe en général, dans la mesure où elle défend l’ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit et le commerce libre et ouvert. 

23 milliards d’euros d’investissement annoncés par l’Elysée

À la fin de cette première journée, Emmanuel Macron a annoncé des investissements à hauteur de 23 milliards d’euros pour l’Afrique. Ces 23 milliards d’euros comprennent 14 milliards d’investissements français, publics et privés, et 9 milliards d’investissements africains. 

Les secteurs concernés par ces investissements sont la transition énergétique (4,3 milliard), le numérique et l’intelligence artificielle (3,76 milliard), l’économie bleue (3,3 milliard), l’agriculture (1 milliard) et la santé (942 millions). Pour Emmanuel Macron, ces investissements pourraient générer plus de 250 000 emplois directs en France et en Afrique. 

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