Après plus d’un mois de trêve, la voie diplomatique dans les négociations entre Téhéran et Washington est dans l’impasse la plus certaine. Ce lundi, Donald Trump a fustigé la réponse de l’Iran au plan des États-Unis pour mettre fin à la guerre de façon durable. Par l’intermédiaire pakistanais, les deux blocs continuent de s’envoyer des propositions non concluantes. Donald Trump a jugé que la dernière réponse iranienne est à mettre à la poubelle.

Donald Trump a répondu aux questions des journalistes dans le bureau Ovale, le 11 mai 2026.
Un cessez-le-feu sous assistance respiratoire
“Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, comme quand le docteur entre et dit, monsieur, votre être cher a exactement 1% de chances de vivre”, a déclaré Donald Trump dans le bureau ovale. Le président américain a même envisagé, lors d’un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, de relancer l’opération “Project Freedom” afin de sécuriser la traversée maritime dans le détroit d’Ormuz. Cette opération avait pourtant été mise sur pause dès le lendemain de son lancement.
L’Iran promet des ripostes en cas d’attaque
À la menace de Donald Trump, l’Iran a immédiatement réagi. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré sur X que l’Iran était prêt à riposter, et à donner une leçon en cas d’agression américaine et israélienne.
“La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l’Iran”, a déclaré de son côté le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. Selon le porte-parole, les revendications de la République islamique portent sur la fin des hostilités (y compris au Liban), la levée du blocus américain des ports iraniens, et le dégel des avoirs financiers iraniens qui sont bloqués depuis des années.
Une proposition iranienne qui enrage Donald Trump
The Wall Street Journal avance que la proposition iranienne inclut également des négociations étalées sur 30 jours sur le nucléaire iranien. Le texte prévoirait une dilution d’une partie de l’uranium hautement enrichi, et le transfert du reste vers un pays tiers. Toutefois, Téhéran refuse tout démantèlement de ses équipements, et réclame un calendrier beaucoup plus long concernant son programme d’enrichissement, évoquant un processus pouvant s’étaler sur 20 ans.
La question de l’arme nucléaire fait partie des points cruciaux entre les négociations de Washington et de Téhéran. Donald Trump estime par ailleurs que la victoire doit être complète. “Nous aurons une victoire complète. Nous avons déjà eu en théorie une victoire complète du point de vue militaire”, a-t-il déclaré.
Une crise humanitaire à prévoir suite au blocus du détroit d’Ormuz
Dans ce contexte, le maintien du blocus du détroit d’Ormuz continue de fragiliser l’équilibre des marchés mondiaux. Le patron du géant pétrolier Saoudi Aramco, Amin H. Nasser, estime que la guerre au Proche-Orient a déclenché le plus grand choc énergétique jamais connu dans le monde. Pour lui, même une réouverture immédiate du détroit nécessiterait des mois pour le rééquilibrage du marché.
Au-delà des hydrocarbures, le détroit d’Ormuz est également un passage essentiel pour le transport d’engrais mondiaux, dont près d’un tiers y transite habituellement. Le responsable d’un groupe de travail de l’ONU, Jorge Moreira da Silva, chargé de libérer le passage de ces matières cruciales, estime qu’une crise humanitaire est à prévoir d’ici quelques semaines.
Pour le centre de réflexion américain Soufan Center, Téhéran se base sur la hausse des prix mondiaux du pétrole et sur les pénuries de ces produits pour que les américains mettent fin au conflit.
Au parallèle de ces actualités, le Hezbollah pro-iranien et Israël continuent de se bombarder régulièrement. Des discussions en vue d’obtenir la paix doivent se tenir les 14 et 15 mai à Washington entre les représentants du Liban et d’Israël.


