Mardi 14 Avril – Le ministre des Finances du Bénin et candidat de la majorité, Romuald Wadagni, a été élu président. Selon la commission électorale nationale indépendante (CENA), il aurait récolté plus de 94,05% des voix, avec une participation s’élevant à 58,75% de la population.
Il succède ainsi à Patrice Talon, qui quitte le pouvoir après deux mandats, conformément à la constitution.

Une victoire attendue du candidat
Pour Sacca Lafia, le président de la CENA, l’issue du scrutin est mathématiquement irréversible. Selon la presse, l’élection a été globalement calme et bien organisée. La société civile, mobilisée à travers une plateforme de surveillance électorale, signale toutefois quelques incidents de bureaux, avec notamment des sites remplis bien avant l’ouverture.
La victoire de Romuald Wadagni ne surprend pas, tant sa popularité était sans égale par rapport à son adversaire, Paul Hounkpè. Adoubé par le chef de l’État sortant, le candidat était également soutenu par les deux partis de la majorité, alors que Paul Hounkpè, de son côté, avait encore du mal à réunir les parrainages pour y participer. Le principal parti d’opposition, les démocrates, absent du scrutin, a simplifié la tâche pour le candidat nouvellement élu.
Paul Hounkpè a reconnu sa défaite, et adressé ses salutations républicaines au vainqueur. Le résultat officiel sera proclamé par la Cour constitutionnelle.
Qui est le nouveau président béninois?
Romuald Wadagni est issu d’une famille intellectuelle. Il a fait ses études à l’École supérieure de commerce de Grenoble. Ensuite, il suit une formation à Harvard avant de rejoindre le cabinet Deloitte, où il a eu un statut d’associé. En avril 2016, le président Patrice Talon lui confie les rênes du ministère de l’Économie. Il va assainir les finances et diviser par trois le déficit du pays. En 2021, à la réélection de Patrice Talon, il devient ministre d’Etat, et parvient à faire croître l’économie du pays au-delà de 6% en moyenne sur la décennie.
Pour plusieurs observateurs, c’est un candidat qui saura poser les actes qu’il faut pour propulser le pays. Réputé proche des cercles économiques internationaux, et de la France en particulier, certains observateurs jugent toutefois le candidat en mesure de renouer avec le Niger, un pays totalement hostile à la politique françafricaine.
Élu pour un mandat de sept ans, Romuald Wadagni devra désormais répondre au défi politique de taille qui l’attend. Notamment en ce qui concerne le djihadisme qui ne cesse de croître au Nord du pays.


