Le jeudi 7 août 2025, dans une interview donnée à la chaîne américaine Fox News, le premier ministre israélien a partagé un plan de contrôle pour la bande de Gaza. L’objectif d’un est de vaincre le Hamas et de libérer les otages, selon ce qu’il a déclaré. Le plan a été adopté dans la nuit de jeudi à vendredi par le cabinet de sécurité.

Un plan réparti en cinq étapes
Selon le communiqué officiel, le plan élaboré par Benjamin Netanyahou doit se répartir sur cinq points:
1- Le désarmement du Hamas
Le plan de l’armée ne consiste pas à occuper Gaza. Il vise à démilitariser Gaza et désarmer le Hamas. Il est à noter que les raids menés par l’armée israélienne depuis le 7 octobre 2023 ont quasiment détruit le Nord et la ville de Gaza.
2- Le retour des otages, morts ou vivants
Le Hamas détient encore 49 otages de ceux du 7 octobre 2023. 27 sont présumés morts. Le plan de contrôle veut le retour de tous, morts ou vivants. Le Hamas de son côté considère qu’un tel projet amènera au sacrifice des otages vivants.
3- La démilitarisation de la bande de Gaza
Ce point représente l’une des conditions essentielles à un cessez-le-feu selon Israël. Gideon Saar, le ministre des Affaires étrangères israélien avait demandé une démilitarisation de Gaza, la libération des otages et l’expulsion du Hamas pour mettre en place l’accord de cessez-le-feu. Le Hamas considère ce point comme une ligne rouge, les armes ne doivent pas être incluses dans la discussion.
4- Le contrôle sécuritaire israélien dans la bande de Gaza
Israël veut exercer un contrôle de sécurité prépondérant à Gaza. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU estime que 86,3% du territoire Gazaoui est sous contrôle Israélien. Le plan prévoit, selon la radio publique israélienne Kan, la conquête de Gaza. L’évacuation des habitants se fera dans les deux prochains mois, et les troupes israéliennes se déploieront à l’intérieur de la ville afin d’opérer.
5- La mise en place d’une administration civile qui ne sera ni le Hamas, ni l’autorité palestinienne
Le plan qu’a proposé Benjamin Netanyahou implique une gouvernance de Gaza par des forces arabes. Il a expliqué qu’après avoir mis en place un périmètre de sécurité, ils passeront la main à des forces arabes qui ne représenteront pas une menace pour Israël, et qui offrira une vie agréable aux habitants de Gaza. Par contre cette force ne sera ni le Hamas, ni le chef de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avec qui il refuse tout contact, ni même Israël.
Un plan critiqué autant en Israël qu’à l’international
La publication du plan de Netanyahou a suscité l’indignation. Le chef de l’opposition en Israël, Yair Lapid, le considère comme une catastrophe qui va amener à la mort des otages et de nombreux soldats, tout en coûtant une petite fortune. Eyal Zamir, le chef d’état-major et lieutenant général a lui aussi des doutes sur la vie des otages. Selon les estimations de l’AFP, des dizaines de milliers de manifestants ont envahi les rues de Tel-Aviv ce samedi 9 août pour appeler à la fin de la guerre après l’annonce du plan de Netanyahou.
Antonio Guterres, le Secrétaire général de l’ONU met en garde contre une escalade dangereuse. Volker Turk, le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme juge que ce plan ne doit pas être mis en œuvre. Il estime qu’il va à l’encontre de la décision de la CIJ selon laquelle Israël doit mettre fin à l’occupation de Gaza, à la solution à deux Etats, et au droit des Palestiniens à l’autodétermination.
Le premier ministre britannique, Keir Starmer quant à lui, estime que ce plan va engendrer plus de massacres, et qu’il ne permettra en rien la fin du conflit.
Ce lundi, le président français Emmanuel Macron sur BFMTV qualifie ce plan de désastre annoncé d’une gravité sans précédent. C’est une fuite en avant dans la guerre, et selon lui, les premières victimes continueront d’être les otages israéliens et les populations de Gaza. Il a également appelé à un cessez-le-feu permanent.
Ces critiques n’ont pas pour autant diminué l’élan du premier ministre qui parle d’un calendrier assez court. Ce plan va leur permettre de mettre fin et de gagner la guerre selon lui.


