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Drame à la Citadelle : défaillance de l’État ou négligence collective ?

Le département du Nord d’Haïti est plongé dans la tristesse après un drame survenu le samedi 11 avril 2026, en pleine après-midi, à la Citadelle Laferrière, située dans la commune de Milot. Selon les autorités, près d’une trentaine de personnes, dont de nombreux jeunes, ont perdu la vie lors d’une activité culturelle organisée sur le site.

Le département du Nord d’Haïti est plongé dans la tristesse après un drame survenu le samedi 11 avril 2026, en pleine après-midi, à la Citadelle Laferrière, située dans la commune de Milot. Selon les autorités, près d’une trentaine de personnes, dont de nombreux jeunes, ont perdu la vie lors d’une activité culturelle organisée sur le site.

Des cadavres transportés par leurs proches, enveloppés dans des draps, après la tragédie survenue à la Citadelle Laferrière. Photo publiée par @Tzolespecimen.
Des cadavres transportés par leurs proches, enveloppés dans des draps, après la tragédie survenue à la Citadelle Laferrière. Photo publiée par @Tzolespecimen.

D’après les informations rapportées par notre correspondant dans le Nord, @Tzolespecimen, ainsi que des notes officielles, l’affluence exceptionnelle aurait provoqué des mouvements de foule incontrôlables. Alors qu’une seule entrée était accessible, des tensions ont éclaté entre des participants cherchant à entrer et d’autres tentant de sortir, déclenchant une bousculade meurtrière. Plusieurs victimes auraient succombé à l’asphyxie après avoir été piétinées.

Les circonstances précisées par les autorités

Le ministre de la Culture et de la Communication, Emmanuel Ménard, a confirmé un bilan d’environ 30 morts. Il explique que la situation s’est aggravée lorsque la pluie a commencé à tomber, provoquant des mouvements simultanés d’entrée et de sortie. Des chutes et des piétinements ont alors entraîné la mort de plusieurs participants.

Historicité du patrimoine 

La Citadelle Laferrière, édifiée en 1805 sur ordre de Jean-Jacques Dessalines et achevée en 1820 sous Henri Christophe, est une forteresse perchée à près de 900 mètres d’altitude, conçue pour protéger le nord du pays contre toute tentative de reconquête après l’indépendance de 1804. Intégrée au Parc national historique Citadelle–Sans-Souci–Ramiers et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982, elle symbolise la souveraineté, la résistance et la liberté du peuple haïtien. Considérée comme une « huitième merveille du monde » par de nombreux Haïtiens, elle demeure l’un des monuments les plus emblématiques de la Caraïbe. Pourtant, le 11 avril 2026, date marquant ses 221 ans, ce haut lieu historique a été le théâtre d’un drame qui a profondément ébranlé la nation.

Enquête ouverte et mesures immédiates

À la suite du drame, les autorités ont ordonné la suspension des visites sur le site jusqu’à nouvel ordre. Une enquête a été lancée conjointement par les ministères concernés afin de faire la lumière sur les circonstances exactes et d’établir les responsabilités.

Selon la protection civile, le bilan pourrait évoluer en raison du nombre de personnes portées disparues. Des riverains rapportent que des corps ont été retrouvés après le drame, tandis que des familles continuaient de rechercher leurs proches sur les lieux.

Réactions officielles et deuil national

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a exprimé, au nom du gouvernement, sa profonde tristesse face à cette tragédie. Réuni en Conseil des ministres extraordinaire le 12 avril, l’exécutif a présenté ses condoléances aux familles des victimes et annoncé des mesures de solidarité.

Par ailleurs, la mairie de Milot a suspendu les activités scolaires les 13 et 14 avril afin de marquer le deuil. Plusieurs pays, dont les États-Unis et la France, ont également adressé leurs sympathies au peuple haïtien.

Qui est responsable de cette tragédie? 

Ce drame met en lumière de graves manquements et interpelle directement l’État, l’ISPAN, la mairie de Milot et le ministère du Tourisme. Comment un site d’une telle importance a-t-il pu accueillir une foule sans encadrement adéquat ni mesures de sécurité suffisantes ? Où étaient les dispositifs de contrôle, les plans d’évacuation et la gestion des flux ? Au-delà des discours, des actions concrètes s’imposent : limitation stricte de l’accès, renforcement des dispositifs de sécurité et de protection civile, organisation rigoureuse des événements et responsabilisation des autorités compétentes. Sans une réforme sérieuse de la gestion de ce patrimoine, le pays reste exposé à la répétition de telles tragédies.

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