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Etats-Unis – Syrie : Le président intérimaire syrien en visite à Washington

le président américain, Donald Trump, a reçu Ahmed al-Charaa à la Maison Blanche. C'est la première fois qu'un dirigeant syrien est reçu à la Maison Blanche depuis la seconde guerre mondiale. L’évenement est d’autant plus important qu'il s’agit d’un ancien chef djihadiste, au passif lourd avec les autorités américaines. 

Ce lundi 10 novembre, le président américain, Donald Trump, a reçu Ahmed al-Charaa à la Maison Blanche. C’est la première fois qu’un dirigeant syrien est reçu à la Maison Blanche depuis la seconde guerre mondiale. L’évenement est d’autant plus important qu’il s’agit d’un ancien chef djihadiste, au passif lourd avec les autorités américaines. 

Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, et le président américain, Donald Trump, à la Maison Blanche, à Washington, le 10 novembre 2025. (Photographie mise à disposition par le service de presse de la présidence syrienne.) SANA VIA AFP
Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, et le président américain, Donald Trump, à la Maison Blanche, à Washington, le 10 novembre 2025. (Photographie mise à disposition par le service de presse de la présidence syrienne.) SANA VIA AFP

Toutefois, la réception s’est faite sans le protocole réservé au chef d’État. Il est passé par une entrée latérale, et non par l’entrée principale, et Donald Trump ne l’a pas personnellement accueilli. Signe d’un rapprochement grandissant, mais non encore pleinement assumé diplomatiquement.

Un ancien chef djihadiste à la Maison-Blanche

Cette visite du président intérimaire syrien est une preuve tangible des transformations qu’ont connues le Moyen-Orient en moins de deux ans. Depuis qu’il a renversé le régime de Bachar al-Assad, et pris le pouvoir, le dirigeant syrien Ahmed al-Charaa, n’a pas cessé de multiplier les approches d’ouverture de son pays à l’occident. Son pays, longtemps mis au ban des nations au statut de paria, a souffert de cet isolement diplomatique, et de la guerre civile qui le ravageait. Le dirigeant syrien se veut le réunificateur de toutes les communautés ethno-religieuses qui composent la Syrie.

La visite de Ahmad al-Shara à la maison blanche, quoiqu’elle n’a pas fait l’objet des grands titres, reste un événement marquant. Quelques années de cela, il était détenu en Irak par l’armée américaine comme un prisonnier djihadiste. De 2017 jusqu’au mois de décembre 2024, sa tête était mise à prix par le FBI pour 10 millions de dollars. 

Ce jeudi 6 novembre, le Conseil de Sécurité a retiré le dirigeant syrien de leur liste noire. Un jour après, ce fut au tour des Etats-Unis d’enlever les sanctions à son encontre. Le département d’État a annoncé une pause de 180 jours des sanctions américaines contre le pouvoir syrien. Ces sanctions avaient déjà été suspendues en mai, toutefois elles viennent d’être prolongées. Les levées complètes des sanctions de la loi César contre la Syrie, qui incluent le bannissement de la Syrie du système bancaire international, et des transactions financières en dollars, doivent passer par un vote du Congrès. 

Donald Trump croit au potentiel de Ahmad al-Sharaa

Je l’aime bien, a dit le président américain après la rencontre. “Il a un passé brutal et je pense franchement que sans passé brutal vous n’avez aucune chance”, a-t-il déclaré. Pour le président américain, Ahmad al-Shara est un homme fort et il a le potentiel d’amener beaucoup de changements. 

Si vous regardez la Syrie sur des années, ils avaient des médecins, des avocats, ils avaient tellement d’esprits brillants, et c’est un lieu incroyable avec des personnes formidables. Et nous voulons que la Syrie ait du succès comme le reste du Moyen-Orient, a renchéri le président américain.

La Maison Blanche n’a pas fait de communiqué officiel. Toutefois, la présidence syrienne, quant à elle, a publié quelques photos des deux dirigeants, et évoqué le renforcement de leurs relations et la conduite de plusieurs projets. 

La Syrie contre l’Etat islamique

Le président intermédiaire syrien a signé un accord durant sa visite pour rejoindre la Coalition internationale anti-djihadiste afin de renverser l’organisation État islamique. Ce qui fait de la Syrie le 90è membre de la Coalition contre Daech. Au vu de l’évolution de leurs relations, les États-Unis envisagent d’établir une base militaire près de Damas, afin d’observer les relations de la Syrie et d’Israël. Il faut noter que théoriquement, la Syrie et l’Israël sont en guerre. 

Ce rapprochement de la Syrie vers les États-Unis a amené plusieurs observateurs à s’interroger si la Syrie va rejoindre les accords d’Abraham. Ces accords ont amené plusieurs pays arabes à reconnaître Israël.

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