A la suite du coup d’État survenu en Guinée-Bissau, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Horta N’tam, a été investi président de la transition et du haut commandement militaire. Dans une conférence de presse donnée au siège de l’armée, sans donner beaucoup de détails, le général doit assurer l’intérim pour une durée d’un an.

La cérémonie s’est déroulée dans une salle de conférence, sans hymne national, et les trois corps de l’armée, l’armée de terre, l’armée de l’air et la marine nationale, ont proclamé l’installation du général.
“Je viens d’être investi pour assurer la direction du haut commandement”, a déclaré le général après sa prestation de serment. Dans une prise de parole d’une dizaine de minutes, le général a justifié la prise du pouvoir en évoquant un effort au commun pour éviter la déstabilisation du pays par les narcotrafiquants.
Le général Horta N’tam est un proche du président déchu, Umaro Sissoco Embalo. Il a été promu au grade de major général sous son mandat.
A Bissau la Capitale, la vie tarde à reprendre son rythme
La réouverture des frontières a été annoncée par les militaires. Quant à la capitale, Bissau, elle est encore paralysée. Les rues sont désertes et la circulation des voitures est interdite. Le couvre-feu a certes été levé, mais les habitants ne sont pas encore confiants pour investir les rues. Les commerces, les écoles et les médias sont censés reprendre le cours de leurs activités ce vendredi. Plusieurs personnes ont par ailleurs fait part de leurs difficultés à accéder à internet, et à passer des appels.
De nombreuses personnalités politiques mises aux arrêts
Le président du parti historique PAIGC, Domingos Simoes Pereira, a été mis aux arrêts mercredi. Il est détenu dans un commissariat du centre-ville. Quant au candidat de l’opposition qui concourait à la course pour la présidence, Fernando Diaz de Costa, il a affirmé à RFI ne pas être arrêté. Il serait en sécurité caché quelque part. Cinq autres magistrats ont également été arrêtés pour mettre fin au décompte des bulletins de vote.
Selon la Ligue des droits de l’homme au Guinée Bissau, huit personnalités de l’opposition ont également été arrêtées.
Un coup d’Etat condamné par la communauté internationale
La communauté internationale dans l’ensemble a condamné ce coup d’État. Le ministère portugais des affaires étrangères a exhorté les parties à s’abstenir des actes de violence, et à reprendre le fonctionnement régulier des institutions. Par ailleurs, il affirme être en contact avec son ambassade à Bissau, pour assurer la sécurité des citoyens portugais et de la population en général.
La CEDEAO condamne également ce putsch militaire. Dans une conférence tenue avec ses chefs d’État, l’organisation condamne sans équivoque l’interruption du processus électoral à un stade décisif par un coup d’État. Une telle action est une menace directe pour la stabilité de la région. L’organisation s’est dite prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir la bonne gouvernance.
D’autres pays comme le Ghana ont également eu la même position.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelle à la retenue.
Quant au président déchu, Umaro Sissoco Embalo , il a pu arriver sain et sauf au Sénégal. Selon le ministère des Affaires étrangères sénégalais, le chef d’État a voyagé à bord d’un avion affrété par ce pays. Le Sénégal, puissance régionale frontalière de la Guinée-Bissau, a mené une mission de médiation pour assurer le transfert du président.


