Dans la nuit du 15 au 16 septembre, la ville de Gaza a été frappé plusieurs fois par l’armée israélienne. Ces attaques font partie du plan d’Israël de mener une offensive terrestre à Gaza afin d’occuper la ville. Selon le communiqué du Tsahal, l’objectif de cette offensive est d’éliminer le Hamas, et de libérer tous les otages. Cette attaque intervint au lendemain d’une visite du secrétaire d’Etat américain en Israël.

Gaza, la plus grande ville de l’enclave palestinienne
Depuis plusieurs semaines, Israël a annoncé son intention de mener une offensive à Gaza, et de l’occuper. Le plan a été critiqué par plusieurs pays et institutions internationaux, mais également par des forums israéliens qui craignent que cela ne mette plus en danger la vie des otages. Toutefois, cela n’a pas freiner Israël dans son entreprise.
Plus de 1 million d’habitants vivent dans la ville de Gaza selon l’ONU, et c’est la plus grande ville de l’enclave palestinienne. Afin de mener cette attaque, Israël a confirmé demander aux gens de quitter la ville. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee avait déclaré sur X que plus d’un quart de million d’habitants de la ville de Gaza l’avaient quitté pour leur sécurité. Ce qui fait que plus de 700 000 personnes y sont encore.
Toute une nuit de bombardements
Au milieu d’une nuit de bombardements, des chars et des forces terrestres israéliens ont pénétré dans la ville de Gaza. L’offensive est baptisée “Opération Chars de Gédéon II”. Selon The Jerusalem Post, deux divisions de l’armée israéliennes ont pénétré la ville, et elles se seraient déjà emparées de grandes parties au milieu de Gaza.

“Gaza brûle. Tsahal frappe d’une main de fer les infrastructures terroristes, et les soldats de Tsahal se battent vaillamment pour créer les conditions nécessaires à la libération des otages et à la défaite du Hamas…Nous ne céderons pas et ne reculerons pas jusqu’à ce que la mission soit achevée”, a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz sur X. Une déclaration qui démontre la détermination du gouvernement israélien à aboutir son plan.
Depuis quelques jours auparavant, Israël avait déjà intensifié ses frappes sur gaza, et selon Benjamin Netanyahou, l’armée contrôle 40% de la ville.
Une offensive menée dans un contexte très significatif
L’attaque d’Israël est intervenue après deux événements qui ajoutent beaucoup à son importance. Quelques jours avant, Israël avait attaqué le Qatar, en visant des hauts responsables du Hamas qui devaient négocier le plan de paix proposé par les Etats-Unis. Par la suite, le dimanche 14 septembre, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a effectué une visite en Israël. Durant cette visite, le secrétaire d’Etat américain a réitéré le soutien indéfectible des États-Unis à Israël pour l’élimination du Hamas. Il a ajouté que le Hamas disposait d’une fenêtre de quelques jours pour négocier.
Ces deux événements ont une corrélation très significative. L’attaque d’Israël avait suscité beaucoup de réactions sur la scène internationale. Même Donald Trump avait dit ne pas être content. Certes, le gouvernement israélien avait déjà attaqué plusieurs pays au nom de la défense de son peuple, mais attaquer sur le territoire d’un allié des Etats-Unis, et l’un des principaux médiateurs du conflit était d’un tout autre niveau.
Par contre, la visite du secrétaire d’Etat américain quelques jours après cette attaque, et la confirmation de l’appui américain envoie un message très fort. Un message qui va au-delà de celui publié par Donald Trump sur truth, et qui laisse entendre qu’Israël peut violer le droit international ou agresser un Etat en toute impunité. Au vu du poids des Etats-Unis dans les relations internationales, et dans leurs rapports avec Israël, un tel message ne ralentit pas la pulsion d’Israël à continuer sur le même élan.
Qu’en est-il de la volonté d’Israël pour la paix?
La volonté d’Israël à vouloir la paix, et libérer les captifs est jusque-là dans une zone très grise. Nombre de faits confirment cette approche. Plusieurs plans de paix proposés par les pays médiateurs ont été rejetés par Israël, notamment celui de mars dernier qui a été interrompu unilatéralement par Israël. A la suite de celui-ci d’ailleurs, Benjamin Netanyahou a imposé un blocus total sur Gaza, qui a affamé la population. Les conditions de famine imposées par Israël sur Gaza rajoutent une couche de flou sur leur volonté à protéger ces otages. En effet, les otages sont aussi victimes de la famine, ceux qui les mettent dans une situation de double peine. D’un côté ils sont séquestrés par le Hamas, de l’autre, ils sont affamés par Israël.
Le comportement d’Israël face aux possibles négociations remet en question leurs rhétoriques. En effet, les négociations ont jusque-là donné plus de résultats que les interventions militaires. Sur les quelque 200 otages libérés, 135 l’ont été par la négociation, et seulement 8 via une opération militaire.
En se fiant à ces données, le calcul est vite fait, les négociations sont plus efficaces. Et pourtant, Israël, tout en affirmant vouloir négocier, pose des actes qui disent tout le contraire. Et celui qui pose le plus grand point d’interrogation reste les frappes israéliennes à Doha le 9 septembre passé.
En s’en prenant à ceux qui étaient censés négocier le plan de paix, le message le plus direct est qu’ils ne veulent pas de paix.


