Ce dimanche 21 septembre 2025, depuis Ottawa, le premier ministre Mark Carney a annoncé la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par le Canada. Ce geste diplomatique s’inscrit dans la continuité d’une politique canadienne vieille de plusieurs décennies, fondée sur l’idée d’une solution à deux États permettant aux Palestiniens et aux Israéliens de vivre côte à côte, en paix et en sécurité.

Un objectif rendu incertain par la réalité du terrain
Pendant des années, Ottawa a cru en une résolution négociée du conflit israélo-palestinien. Toutefois, cet espoir a été fragilisé par plusieurs évolutions récentes :
- la menace persistante du Hamas, notamment l’attentat du 7 octobre 2023 et son rejet du droit d’Israël à exister ;
- l’accélération de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, accompagnée d’une montée de la violence des colons ;
- des mesures politiques comme le projet de colonie E1 et le vote de la Knesset en faveur de l’annexion de la Cisjordanie ;
- la crise humanitaire à Gaza, aggravée par les restrictions imposées par Israël sur l’accès à la nourriture et aux biens essentiels.
Condamnation du Hamas et critiques contre Israël
Le Premier ministre Carney a souligné que le Hamas a « terrorisé le peuple israélien et opprimé la population de Gaza », et qu’il doit être totalement désarmé, libérer les otages et être écarté de toute gouvernance future.
Parallèlement, Ottawa a dénoncé les politiques du gouvernement israélien actuel, accusé d’empêcher toute perspective d’État palestinien en multipliant les colonies et en menant une offensive militaire à Gaza qui a causé des dizaines de milliers de morts civils, plus d’un million de déplacés et une famine qualifiée de violation du droit international.
Une décision inscrite dans un effort international
Dans ce contexte, le Canada a choisi de reconnaître officiellement l’État de Palestine. Cette décision, selon Mark Carney, n’est pas une solution miracle mais constitue un pas concret pour préserver la perspective d’une solution à deux États, en accord avec les principes de la Charte des Nations Unies et l’attachement historique du Canada aux droits fondamentaux.
Un engagement aux côtés de l’Autorité palestinienne
Ottawa a précisé que cette reconnaissance concerne un futur État palestinien dirigé par l’Autorité palestinienne, et qu’elle ne représente en aucun cas un soutien au terrorisme. Le gouvernement canadien a rappelé que son appui à la sécurité d’Israël demeure « inébranlable », tout en soulignant que celle-ci dépend d’un règlement global et d’une coexistence durable.
Réformes et perspectives d’avenir
L’Autorité palestinienne s’est engagée à entreprendre des réformes profondes, à organiser des élections générales en 2026 sans participation du Hamas et à garantir la démilitarisation du futur État. Le Canada a annoncé qu’il intensifiera son soutien à ce processus de réforme, et travaillera avec ses partenaires internationaux à la mise en place d’un plan de paix crédible, au renforcement d’une gouvernance démocratique et à l’acheminement d’une aide humanitaire massive à Gaza.


