loader-image
Port-au-Prince, HT
12:22 am, Feb 4, 2026
temperature icon 20°C

Le Nigéria s’excuse auprès du Burkina Faso suite à la violation de son espace aérien

Mercredi 17 décembre - Une importante délégation nigériane, ayant à sa tête le ministre nigérian des affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, s'est rendue au Burkina Faso, afin d’apaiser les tensions diplomatiques suite à l'atterrissage d’un avion militaire sur le sol burkinabè. Reçus à la Capitale, Ouagadougou, ils ont présenté leurs excuses officielles au président burkinabè, Ibrahim Traoré. Le chef de la diplomatie nigériane a également apporté un message de solidarité et de fraternité du président nigérian, Bola Tinubu. À la suite de cette rencontre, les autorités nigérianes ont confirmé la libération des 11 militaires nigériens détenus au Burkina Faso depuis plus de dix jours.

Mercredi 17 décembre – Une importante délégation nigériane, ayant à sa tête le ministre nigérian des affaires étrangères,  Yusuf Maitama Tuggar, s’est rendue au Burkina Faso, afin d’apaiser les tensions diplomatiques suite à l’atterrissage d’un avion militaire sur le sol burkinabè. Reçus à la Capitale, Ouagadougou, ils ont présenté leurs excuses officielles au président burkinabè, Ibrahim Traoré. Le chef de la diplomatie nigériane a également apporté un message de solidarité et de fraternité du président nigérian, Bola Tinubu. 

La délégation nigériane conduite par, reçue par Ibrahim Traoré, le président du Faso.
La délégation nigériane conduite par, reçue par Ibrahim Traoré, le président du Faso.

À la suite de cette rencontre, les autorités nigérianes ont confirmé la libération des 11 militaires nigériens détenus au Burkina Faso depuis plus de dix jours. 

Que s’est-il passé exactement ?

L’incident remonte au lundi 8 décembre. Un appareil de l’armée de l’air nigériane, un avion militaire de type C-130, s’est posé sans autorisation à Bobo Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso. L’engin en question est un Lockheed C-130 Hercule, utilisé pour transporter du matériel militaire ou des troupes. 

C’est un avion quadrimoteur de conception américaine, capable d’atterrir dans des conditions et des espaces délicats, spécialisés dans la recherche, le sauvetage, et la recherche scientifique. C’est un avion très utilisé pour le transport militaire dans le monde entier. L’appareil transportait deux membres d’équipage, et neuf militaires, impliqués dans des opérations militaires menées au Bénin au lendemain du coup d’état raté. 

Deux discours différents sur un même incident

A la suite de cet incident, l’AES a publié un communiqué dans lequel il affirme qu’un avion nigérian a violé les normes internationales, et les règles de l’espace aérien. Ce qui constitue une atteinte à la souveraineté du pays. Le ministre de l’Intérieur du Burkina Faso, Emile Zerbo, souligne que l’avion a volé au-dessus de leur espace sans autorisation.

La situation a déclenché un état d’urgence, et tous les moyens de défense de l’AES ont été mis en alerte maximale. L’appareil a été saisi, et les 11 membres mis aux arrêts. 

Quelques instants après, les autorités nigérianes ont de leur côté publié un communiqué dans lequel ils affirment qu’à cause d’une défaillance mécanique, l’avion a dû atterrir au Burkina Faso. Le communiqué déclare également : “Notre personnel est sain et sauf et a été accueilli avec dignité par les autorités du Burkina Faso. Les préparatifs sont en cours pour mener à bien la mission qui leur a été confiée. La force est reconnaissante du soutien qu’elle a reçu et nous assurons au public qu’elle continuera à respecter les protocoles opérationnels et les mesures de sécurité, tout en veillant au bien-être de son personnel dans l’accomplissement de ses missions de défense nationale.”

Une violation aérienne après le coup d’Etat manqué au Bénin

Cet incident intervint dans un contexte géopolitique particulier. Le Nigéria a toujours exprimé son désaccord sur la prise de pouvoir des militaires des pays de l’AES. D’un autre côté, le Bénin, quelques jours auparavant, venait d’être victime d’une tentative de coup d’État. Un putsch que les nigérians auraient aidé à mater selon leur communiqué publié quelques instant auparavant. C’est dans ce contexte là, que quelques instants plus tard, l’avion militaire à atterri au Burkina Faso.

L’incident a remis l’huile sur le feu, et ravivé les tensions entre les pays de l’AES et ceux de la CEDEAO, notamment le Nigéria. Depuis la prise de pouvoir des militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les relations entre les pays membres de la CEDEAO et ceux de l’AES sont de plus en plus tendues.

L’AES, soucieuse de préserver sa souveraineté, et d’affermir sa nouvelle politique, a ordonné à ses États membres d’abattre tout avion qui enfreint les règles, et pénètre leur espace.

La diplomatie comme voie de solution

Le Nigeria a choisi la voie diplomatique pour résoudre ce différend. Le président nigérian a dépêché le chef de la diplomatie à la tête d’une importante délégation, avec le chef de l’armée de l’air nigériane. Selon le ministère des affaires étrangères du Nigeria, les deux gouvernements ont réglé de manière amicale la question relative aux pilotes, et aux personnels de l’armée de l’air nigériane. Ils ont pu rencontrer les membres de l’équipage détenus, qui sont en bonne forme. 

Au-delà de cette affaire, le Nigeria a réaffirmé son engagement pour un bon voisinage, et un dialogue soutenu avec son voisin Burkina Faso afin de promouvoir la stabilité, le développement et le renforcement de la cohésion, la paix et l’intégration économique régionales. 

Cette visite, marque de respect, de courtoisie, et de diplomatie, a permis d’apaiser les tensions, et éviter la désescalade.

Partager cet article :

Articles similaires